RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Dans ce travail, nous nous sommes proposé d’étudier la fluorescence de quelques solutions colorantes du point de vue de la grandeur introduite par Jean PERRIN sous le nom de pouvoir fluorescent et de préciser les facteurs capables de la modifier.
I) A la suite de quelques considérations théoriques élémentaires relatives aux conditions expérimentales susceptibles d'intervenir dans la mesure du pouvoir fluorescent et en particulier dans l'emploi du fluorophotomètre de Francis PERRIN, nous avons pu interpréter quelques résultats obtenus antérieurement par les auteurs qui se sont occupés des mesures de pouvoir fluorescent et discuter les anomalies qu’ils avaient signalées.
Ces remarques nous ont permis de préciser la relation qui existe entre la loi de l’optimum et l'intensité de fluorescence d’une cuve dans différentes conditions d'observation et d'indiquer plusieurs méthodes de détermination du
coefficient k intervenant dans la loi de Francis PERRIN :
on __ De > a,
qui traduit la décroissance du pouvoir fluorescent d’une solution en fonction de la concentration c en matière fluorescente ($$ 11-24).
Nous avons obtenu ce coefficient en observant d’une part la lumière réémise dans la direction du rayonnement excitateur, au moyen du fluoromètre de Francis PERRIN, d’autre part la lumière réémise latéralement à l’aide d’un photomètre que nous avons spécialement modifié pour ces mesures ($$ 25-29).
Les déterminations auxquelles nous avons procédé nous ont permis de confirmer d’une manière précise la loi de Francis PERRIN et d’étudier comment les coefficients ®, et 4 dépendent des divers facteurs d’ordre physico-chimique pouvant caractériser la solution. Ces études ont été faites pour les solutions d’uranine, de jaune d’acridine et de diverses variétés de rhodamine.
2) Pour les solutions d’uranine, le coefficient d’affaiblissement X diminue lorsque croît la concentration en ions H* ; log,çk apparaît comme une fonction linéaire croissante du coefficient ps pour des valeurs de ce coefficient comprises entre 6 et 12 et ce résultat s’interprète simplement par les lois ordinaires de la dissociation électrolytique ($$ 30-33).
3) Le pouvoir fluorescent extrapolé D, ne dépend pas d’une manière sensible de la nature du solvant ; au contraire le coefficient d’affaiblissement k en dépend d’une manière complexe. Pour des solvants de viscosités voisines,
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l'inverse de k varie d’une man ère très sensiblement linéaire en fonction du pou- …
voir inducteur spécifique ($$ 34-50).
En augmentant la viscosité par l'introduction, dans les solutions fluorescentes, de substances cristalloïdes, nous avons constaté, en tenant compte de
la variation du pouvoir inducteur spécifique, que le coefficient k diminue lorsque … la viscosité du milieu augmente et ce résultat s’accorde avec l'hypothèse rat-
tachant la décroissance du pouvoir fluorescent en fonction de la concentration : à la vitesse de diffusion des molécules ($$ 51-56). e
4) Sous l'influence d’une élévation de température, le pouvoir fluorescent …
extrapolé D, des rhodamines va en diminuant ; celui des autres matières fluo-
rescentes étudiées n’éprouve pas de variation sensible. Quelle que soit la ma- …
tière colorante, le coefficient k augmente avec la température pour les solvants de faible pouvoir inducteur spécifique (alcools, acétone, pyridine, ete.) et diminue pour l’eau. Dans ces conditioms, on peut admettre que la diminution du pouvoir fluorescent est liée à la formation de molécules associées ; étude de influence de la température sur la valeur du coefficient apparaît comme
susceptible de fournir des indications sur l’importance de lPassociation molé- = culaire ($$ 57-61). #3
5) Certains électrolytes ajoutés à la solution fluorescente ne modifient pas le pouvoir fluorescent extrapolé ®, ; ils n’agissent sur le coefficient k que sous
És
des doses massives entraînant une modification du spectre d'absorption de la ©
matière fluorescente et leur influence semble devoir s'expliquer par un accroissement du degré d’association des molécules fluorescentes ($$ 62-64).
6) Au contraire, un certain nombre de substances, électrolytiques ou non, diminuent, même sous des doses faibles, le pouvoir fluorescent extrapolé Ÿ,. Ce sont les seules que l’on doive considérer comme des inhibiteurs incolores.
En étudiant l’action d’un grand nombre de ces inhibiteurs sur la fluorescence des solutions d’uranine, nous avons constaté que le pouvoir fluorescent extrapolé des solutions diminue suivant une loi exponentielle en fonction de la
concentration de lPinhibiteur, le coefficient k conservant une valeur invariable. é é
Le pouvoir fluorescent die solution contenant la matière fluorescente sous
la concentration c et Pinhibiteur sous la concentration s s’ exprime par la for- …
mule :
Bi LEA (ke + Rs)
Le coefficient À permet de caractériser l’activité d’un inhibiteur ($$ 65-72).
Cette activité varie beaucoup avec la nature du solvant. Pour une substance fluorescente donnée associée à divers solvants, le coefficient À représentant l’activité d’un inhibiteur dans un solvant donné varie toujours dans le même sens que le coefficient d’affaiblissement Æ relatif à ce solvant ($$ 73-74).
Généra'isant les résultats de Francis PERRIN et M. PRIVAULT, nous avons reconnu que les inhibiteurs incolores les plus actifs, présentant les valeurs les p'us élevées du coefficient À sont tous des antioxygènes Le Mais de nom-
breux composés souvent signalés comme antioxygènes n "exercent aucune ac-
tivité sur la fluorescence et sont caractérisés par des valeurs pratiquement . nulles du coefficient A.
| De même que le caractère antioxygène d’une substance dépend de la réaction __ dans laquelle elle intervient; son caractère d’inhibiteur pour la fluorescence peut . varier avec la matière fluorescente sur laquelle on le fait agir.
. Ainsi certains corps qui sont inactifs à l'égard de l’uranine se comportent comme des inhibiteurs pour d’autres matières fluorescentes. Souvent le caractère inhibiteur s’accentue pour les solutions de matières fluorescentes présentant une réaction acide. C’est ainsi que la plupart des électrolytes se comportent comme des :nhibiteurs pour les solutions de rhodamine B'et de jaune d’acridine. Ce résultat s’accorde avec l’hypothèse suivant laquelle l’inhibition de la fluo- rescence résulterait de chocs de seconde espèce entre les molécules excitées et les électrons peu liés du composé antioxygène. L'énergie nécessaire pour arracher un électron à une telle molécule étant d’autant plus faible que Pacidité __ de la solution est plus grande, on comprend que certains ions, tels CI-, puissent agir en milieu acide mais non en miljeu alca' in ($$ 75-78).
PME