‹ Contribution à l'étude de la Forme paranoïde de la Démence précoceChapitre 15 sur 36 · SEE · texte numérisé non relu

SEE

« Je suis remplacée par tôutes: elles doivent toutes devenir les filles de Jean; elles sont toutes moi par là, je ne suis pas digne de M. Hugonin, il est ici, vous savez bien qu'un sot vous conduit là. »

Elle entend des voix, des magies qui disent qu'il n'y a pas de « sorcier ni de catholicisme qui veut sa perte ».

« Va devenir très fortunée par son ordre », elle a sa situation « aux portes », «elle est comme M. Loubet, Président de la République: À ; |

Elle parle seule souvent, est très indifférente et rit sans

motif d'un rire niais et explosif.

Pas de signe du frontal, ni de goître. x

Lincohérence devient de plus en plus prononcée, les idées de grandeur absurdes sont nombreuses, elle est la Duchesse de Bcurgogne, Mademoiselle de Luzy, c’est M. Huüugonin ei Pa faite duchesse, lui est « sceau à ministre ». $

« Je suis la fleur martyrisée, persécutée depuis dix ans. M. de Luzy mon père je l'appelle bourreau de la France ».

Ces incohérences sont débitées sur un ton monotone, terne, la mimique ne répond nullement à l'idée exprimée par le langage. :

Elle mange difficilement, n’a plus actuellement aucun souci de sa tenue présente, des attitudes rt des gestes stéréotypés, rit très souvent, se montre apathique et aboulique et ne s’'exprime plus que dans un jargon incompréhensible.

- Cette courte observation nous a paru intéressante parce qu'elle permet de juger l'influence de l’affaiblissement démentiel sur les idées du délire, influence qui se traduit par la “ésagrégation du thème délirant et l’incohérence des propos.

Nous regrettons de n'avoir pu trouver d'autres signes plus prodromiques de la démence dans l’évolution de ce délire, dont la période initiale nous est restée inconnue. à

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