‹ Contribution à l'étude de la Forme paranoïde de la Démence précoceChapitre 32 sur 36 · LATE · texte numérisé non relu

LATE

F... en arrive à douter de la mort de son frère et il demande

à l'expert : « Est-ce qu'on ne m'aurait pas trompé ? » parce

que, à Marseille, on lui a dit que son frère n'était pas mort; puis, quand on a reçu Chez lui l'acte de décès, il a demandé à de voir et son père ne le lui & pas montré.

Sur cette nouvelle donnée, il brode une fabulation un peu confuse et embarrassée : son frère est enterré à Paris, sous l'Arc de Triomphe; mais, en réalité, ce n’est pas lui, on a fait une substitution; son frère doit vivre et peut-être ne peut-il pas revenir. et comme l'expert lui demande :

« Pourquoi ne pas admettre simplement que votre frère a été tué au front, comme tant d’autres ? »

F... répond :

« S'il avait été tué comme un autre, on aurait pas tant fait de bruit. à

Mais un nouveau doute surgit en son esprit, concernant la réalité de la mort de son père. A la prison, il a entendu la voix de son père, qui l’appelait. Certes, il n'a pas vu son père, mais « On reconnaît bien la voix de son père ».… Et, logiquement, il admet que, si son père n’a pas été tué, c'est que les balles de son revolver étaient maquillées. Quelques jours avant le drame, son père était venu dans sa chambre et avait changé les balles.

Cette histoire de balles maquillées apparaît dans plusieurs chapitres de son roman :

a) Une première fois, dans le cas suivant, son père lui avait dit, en juillet 1919, que P... avait bien tué son frère P.. et avait aussi l'intention de le tuer lui. Aussi devait-il tuer Ps et, dans ce but, son père lui avait donné son propre revoiver…. mais ce revolver était muni de fausses cartouches, intentionnellement. Si je m'en étais servi, ajoute l'inculpé, je n'aurais pas tué P..., mais P... m'aurait tué et aurait fait valoir son etat de légitime défense.

b) Une seconde fois, dans le récit suivant, toujours en juillet 1919, notre inculpé aurait déjà tiré sur son père deux coups de revolver qui ne le blessèrent pas parce qu'il n'y avait pas assez de poudre dans les cartouches; il serait venu se constituer prisonnier et on l'aurait placé à la maison d'arrêt pendant quelques jours; mais on l'aurait relâché parce que son père

n'avait pas été blessé; et, en rentrant chez lui, son père aurait

voulu qu'il parte en Suisse.

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