‹ Contribution à l'Étude de la forme pseudo-emphysémateuse de l'AsthmeChapitre 17 sur 27 · ACTION LOCALE DE LA SCLÉROSE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

ACTION LOCALE DE LA SCLÉROSE PULMONAIRE

Les importantes et classiques recherches de Widal et de ses élèves concernant la pathogénie de l’asthme ont été dirigées à peu près exclusivement vers l'étude du mécanisme intime de la. crise asthmatique.

Ces auteurs ont principalement mis-en évidence les modifications sanguines se produisant au cours de la crise en montrant les rapports que celle-ci pouvait présenter avec les phénomènes d'anaphylaxie.

F. Bezançon et de Jong ont envisagé la question sous un autre angle : leur étude a particulièrement porté sur le terrain organique sur lequel se produisent les crises.

Ils ont tout d’abord précisé les circonstances étiologiques strictement respiratoires en se demandant s'il y a des conditions anatomo-pathologiques capables de provoquer la localisation respiratoire du trouble général que l'examen du sang du sujet met en évidence avec des modifications si curieuses, caractéristiques de la crise hémoclasique de Widal, Abrami et Brissaud.

Puis leur analyse a porté avec beaucoup de précision sur l'étude des asthmatiques à une période plus avancée, asthmatiques souffrant d'une dyspnée permanente avec crises paroxystiques.

C’est à cette période de leur histoire qu'apparaît considérable l'importance de la sclérose pulmonaire avec ses véritables complications : l'emphysème et la bronchite chronique.

Le sujet atteint de sclérose pulmonaire, surtout s'il s’agit d'une sclérose liée à une tuberculose fibreuse, évoluant à bas bruit, pendant plusieurs années consécutives va présenter à cause de

sa sclérose des poussées infectieuses de bronchite et un certain degré d'emphysème quientrainera, forcément l'apparition d'une dyspnée permanente.

Chez ces malades, les grandes crises asthmatiques diminuent peu à peu d'intensité, en même temps apparait une autre cause de dyspnée : ce sont les poussées broncho-alvéolaires congestives des scléreux pulmonaires.

Ce fait a permis à MM. F. Bezançon et de Jong, de décrire ce qu'ils ont appelé « l'asthme intriqué » et qui correspond à une longue période où ces asthmatiques ne sont plus de véritables asthmatiques et ne sont pas encore des cardio-rénaux.

Pour ces auteurs, ces sujets sont soumis durant cette période à deux causes provocatrices de dyspnée paroxystique : d'une part ce sont des émotifs constitutionnels, comme tous les vrais

asthmatiques et c'est pourquoi chez eux, la persistance de leur

‘asthme ancien se traduit par des crises paroxystiques de dyspnée,

.déclenchées par des causes variées, telles que certaines intoxi-

cations nerveuses.

La seconde grande cause est, du fait qu'il existe chez eux un certain degré de bronchite chronique, qu'ils font des poussées congestives alvéolaires sous l'influence du froid ou du brouillard. Leur dyspnée et leur toux sont encore aggravées par des hypersécrétions de leurs glandes bronchiques et, si on examine alors leurs crachats, on constate généralement que, s'il existe assez peu d’éosinophiles, ils présentent par contre, tous les caractères

des crachats de bronchite banale avec plus ou moins d’alvéolite.

C'est pourquoi, ces auteurs ont montré qu'il fallait renverser les termes de la proposition classique : « que l'asthme aboutit à la sclérose pulmonaire avec emphysème et bronchite chronique ». )

Au contraire pour eux, c'est la sclérose pulmonaire plus ou moins étendue, cicatricielle ou active, qui est la cause fondamentale de leur état.

Au point de vue étiologique, la sclérose pulmonaire tubereu= leuse leur apparaît comme particulièrement fréquente.

« Cette sclérose qui s'accompagne pour toujours de bronchite: chronique et d’un certain degré d'emphysème, présente dans sa symptomatologie, chez certains individus à vives réactions nerveuses, à sensibilité spéciale pour certaines irritations toxiques.

“exogènes ou Mendosenes: des crises paroxystiques respiratoires.

appelées crises d'asthme ». à

E. Par rapport à la crise d'asthme qui est une manifestation:

bruyante et dramatique, la sclérose pulmonaire est au début

une lésion discrète à peine révélée par la clinique ou la radio- logie, mais c’est le symptôme qui prend une place prépondérante

1 et c'est à lui que l’on subordonne toute l'évolution de l'état des ces malades. È

Page 1