RER
Quand on les examine, on note que ce sont plutôt des individus maigres, pâles et qui portent sur leur visage l'empreinte de leur longue fatigue respiratoire des longues heures nocturnes passées dans un fauteuil près d'une fenêtre ouverte. .
Seule, l'inhalation de Datura ou l'injection d'adrénaline leur rend avec le souffle, le sommeil.
Leur thorax ne présente pas souvent une très grande voussure apparente, mais leur indice respiratoire est très affaibli (2 à 3 cm.)et à la radioscopie on voit leurs côtes horizontales, presque immobilisées en position inspiratoire, leurs espaces intercostaux élargis, labaissement de leurs coupoles diaphragmatiques festonnées, la déformation des sinus costo-diaphragmatiques trop ouverts et surtout l'importance de la selérose péribronchique, partant d'un hile largement empâté pour dessiner jusqu’au diaphragme son pinceautage sombre.
Tous ces signes indiquent une forme emphysémateuse que l'on ne rencontre qu'exceplionnellement en dehors des séquelles des gaz de combat ; soit à la suite de broncho-pneumonies graves, soit dans des variétés-très particulières de tuberculose fibreuse.
Il est donc aisé de la rapporter à sa véritable origine et légitime d'affirmer que sans le traumatisme de guerre, les hommes qui Ja présentent ne seraient pas devenus infirmes.
La dyspnée paroxystique des anciens gazés esi moins fréquente, nous l'étudierons donc plus brièvement. Elle se présente sous deux formes :
Dans la première, il s'agit de scléro-emphysémateux qui surtout par les temps brumeux, l'hiver sont, réveillés par des crises dyspnéiques rappelant l'asthme vrai, mais sans qu’on puisse y trouver le critère de cette affection : Féosinophilie sanguine et celle des crachats. Il s'agit d’ailleurs souvent plutôt d'accès de toux dyspnéisante, les quintes de toux sont violentes, si spasmodiques qu'elles entrainent mécaniquement la gène respiratoire.
Celle-ci cesse quand lexpectoration qui provoquait la toux est
-émise. Les anti-spasmodiques, la belladone, la datura calment
beaucoup moins nettement ces symptômes que la crise d'asthme vrai : ils l'aggravent même dans certains cas en gênant l’'expulsion des crachats. |
Dans la seconde, il s'agit vraiment d'asthme avec sa signature
* éosinophilique, ses troubles vaso-moteurs et spasmodiques, si
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au moins sur l'accès dyspnéique en cours.
Comment comprendre la pathogénie de cet asthme des gazés?
Il semble que ce soit assez simple : les gaz ne créent pas le terrain si complexe de l'asthme ; mais chez des sujets présentant la diathèse nutritive et l'aptitude spasmodique qui forment les éléments primordiaux de ce terrain ils apportent « l'épine respiratoire » qui manque jusque-là et qui fait apparaître la forme dyspnéique de la diathèse. Ni ; Ils sont donc bien responsables du déclenchement de l'asthme. Une observation typique de MM. F. Bezancon et S. L. de Jong précise bien ce rôle : dans une famille d’arthritiques, deux sujets deviennent asthmatiques dans les mois quisuivent la fin de la guerre et presque en même temps tous les deux : le frère après - une intoxication par les gaz, la sœur après l'épidémie de grippe . en 1918. Dans les deux cas, l’« épine respiratoire » a été diffé- - rente, mais la résultante asthmatique a été la même. “4 L'intérêt de cet asthme des gazés est dans sa malignité. L'importance des lésions broncho-pulmonaires qui le font apparaitre, expliqüe sa résistance aux traitements proposés contre l’asthme colloïdoclasique : injection de peptone, auto-hémothérapie, désensibilisation spécifique. |
C'est chez ces sujets que MM. F. Bezancon et A. Jacquelin ont observé le plus nettement cet état de mal asthmatique dans lequel
se succèdent des crises subintrantes, nécessitant d'innombrables
injections d’adrénaline, se poursuivant pendant des mois, des
années même, conduisant les malades qui en sont atteints à une
subasphyxie de plus en plus prononcée et à la cachexie.
caractéristiques et l'influence curatrice de l'injection d'adrénaline