‹ Contribution à l'Étude de la forme pseudo-emphysémateuse de l'AsthmeChapitre 25 sur 27 · APR · texte numérisé non relu

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Notons que le rôle des infections banales du Rhino-pharynx a pu être retenu.

Quant à lasyphilis et surtout à l’hérédo-syphilis, si son rôle est indéniable dans certains cas, il reste néanmoins très restreint.

Vaccinothérapie et pyrétothérapie.

C’est seulement dans:les cas où l'asthme semble bien, en partie tout au moins, lié à l'infection bronchique, que la vaccinothérapie peut être tentée, car elle est toujours inefficace chez les autres asthmatiques.

Queile est la part de la vaccinothérapie dans la thérapeutique de l'asthme ?

La vaccinothérapie est hasée sur les faits suivants : fréquence avec laquelle, l'asthme peut débuter après une infection, les cas

élevés où l’on constate dans l’expectoration des asthmatiques.

une flore microbienne des plus importantes.

Donc en présence de ce qui précède nous croyons qu'en présence d’antécédents ou de manifestations infectieuses bronchopulmonaires chez l’asthmatique, la constatation d’un riche micro-

bisme avec certaines prédominances d'espèces, autorise l'essai.

d'une vaccinothérapie soit par auto-vaccin, ce qui est préférable, soit par un stok-vaccin aussi approché que possible de la formule bactériologique constatée.

Les effets immédiats en seront souvent favorables : il se produira une sédation importante de la-gêne fonctionnelle. Malheu-

reusement dans le plus grand nombre des cas, cette sédation n'est que passagère et demandera à être complétée et consolidée par un traitement du terrain. :

L'effet favorable des vaccins n’est pas lié à une action spécifique : il peut s’agir d’une pyrétothérapie, remaniant la formule

. leucocytaire dans le sens de la polynucléose, au même titre qu'un

abcès de fixation. Cette question va nous permettre d'aborder le rôle et des rapports qui existent entre la fièvre et l'asthme.

La sédation des crises d'asthme par les poussées fébriles est connue depuis longtemps.

« La fièvre résout les spasmes » déclaraient les anciens auteurs.

Depuis, ce fait a frappé nombre d'auteurs, Moncorgé rapporte,

LA

par exemple, plusieurs observations d'asthmes rebelles guéris ou fortement améliorés soit par une crise furonculeuse, soit après une pleurésie purulente interlobaire.

Ces infections peuvent être considérées comme des abcès de fixation naturels.

De l’ensemble des travaux d’un grand nombre d'auteurs dont J. Célice, F. Bezancon, E. Sergent, M. Daniélopolu, découle la notion d’une influence fréquemment heureuse exercée sur l'asthme par l’hyperthermie qu’elle soit provoquée ou naturelle.

Les travaux de MM. Bezançon et Jacquelin ‘qui ont ‘porté sur cette question si intéressante ont permis d’élucider les modalités et le mécanisme de cette action sédative.

Nous pensons qu'il est indispensable de résumer ici leurs conclusions.

1° Il existe un grand nombre d'infections aiguës capables de déclencher cette sédation. Il semblerait donc que l'efficacité de la fièvre est indépendante de la cause qui le produit.

« L'observation nous a montré que ce sont les états fébriles s’'accompagnant d’une forte polynuceléose et surtout les suppurations; qui ont vis-à-vis de l'asthme le rôle sédatif le plus net et le plus durable ».

20 Un second caractère est le fait que la sédation de l'asthme est proportionnelle d’une part à l'intensité et d'autre part à la durée de celle-ci.

3 Ces auteurs ont d'autre part remarqué « une résistance de plus en plus marquée à l'influence apaisante de la fièvre »

1 Dans cet ordre d'idées, il existe aussi un temps de latence, temps de préparation qni va en augmentant progressivement.

La fièvre semble agir particulièrement sur les différents élé-

ments qui réalisent la crise d'asthme avec dyspnée continue ; élément spasmodique, élément de congestion bronchiolique et

élément secréloire.

Enfin la durée de cette sédation est variable de quelques jours à plusieurs semaines.

En étudiant les mécanismes de l’action suspensive des hyperthermies spontanées dans l'asthme, MM. Bezançon et A. Jacquelin ont établi qu'il parait vraisemblable d'admettre que cette effi-

cacilé se trouve liée « aux modifications leucocylaires relevant

du processus suppuratif », processus ne présentant pas obligatoirement de la fièvre.

La formule leucocytaire des asthmatiques comporte en effet presque toujours une réduction de la polynucléose contrastant avec une augmentation des mononucléaires et surtout des éosinophiles.

Or, la plupart des médications qui sont particulièrement favorables aux asthmatiques sont productrices de leucocytose et de polynucléose telles par exemple, des injections d'adrénaline, de pèptone ou de vaccins, ou bien des rayons ultra-violets à fortes doses. |

Il apparait donc logique de demander aussi bien dans les états de mal asthmatique avec crises subintrantes qu'au cours des états

. dyspnéiques permanents d’origine asthmatique, la sédation de l'asthme en provoquant un remaniement profond de la formule leucocytaire dans le sens de la polynucléose.

Pour y parvenir on peut s'adresser successivement aux rayons ultra-violets à doses massives, à différents vaccins, à l’abcès de fixation. ‘

19 Les rayons ultra-violets doivent être administrés à doses fortes pour déclencher une réaction fébrile à 380-3805 qui se maintiendra 48 heures. |

20 Parmi les vaccins, on peut utiliser un auto-vaccin, soit un stocklysat-vaccin de type bronchique. On doit injecter une dose minima de 2 milliards de germes par voie sous-cutanée.

Cette injection peut être répétée selon l'intensité de la poussée fébrile déclanchée. ,

Quand on veut une température plus élevée, on peut s'adresser au T. A.B., surtout chez les asthmatiques qui ne présentent ancune infection bronchique.

Comme autre vaccin, on peut aussi employer le vaccin antichancrelleux par voie intra-veineuse : cette injection déclenche une pousée aiguë, mais très brève qu’on peut répéter plusieurs jours de suite si cela est nécessaire. :

Enfin l’abcès de fixation, provoqué par l'injection sous cutanée de. 1 ou 2 cc. d'huile de térébenthine, constitue un des agents les plus puissants que nous possédions pour remanier la formule leucocytaire, car il joint à la poussée fébrile, le processus suppurafif, sur l'utilité duquel nous avons insisté plus haut.

La douleur occasionnée par cet abcès et par son ouverture — inconvénients réels — ne sauraient néanmoins être mis en parallèle avec la gravité de ces formes d'asthme.

Traitement des formes d'origine tuberculeuses et syphilitiques.

Nous avons déjà mentionné que nombre de ces formes d'asthme

grave avait pour étiologie, l'existence d’une tuberculose, tuber-

culose fibreuse, parfois même latente et ignorée. Une fois l’étiologie tuberculeuse bien établie, il est nécessaire d'envisager un traitement spécifique de ces formes dont la résis-

tance aux médications antiasmathiques habituelles est un carac-

tère commun.

Néanmoins, elles ne sont pas toutes inefficaces et même certaines d'entre elles méritent qu'on les retienne, tout au moins pour essayer d'obtenir une sédation momentanée des accès dyspnéiques qui permettra à la médication spécifique de modifier le terrain morbide. :

D'un autre côté, la connaissance de l'étiologie tuberculeuse d'un

asthme, contre indique rigoureusement l'emploi de certaines

médications, qui seraient soit mal tolérées, soit une cause d'aggravalion, et risqueraient de lui faire prendre une forme évolutive.

Parmi de telles thérapeutiques, on estime que les excitants du sympathique (adrénaline, éphédrine, extraits post-hypophysaires, surrénine), offrent de très forts inconvénients, car ces médications, pour prix de leur action calmante, purement symptômatique et momentanée, exagèrent la sympathicotonie des malades, précipitent leur amaigrissement et accroissent leur nervosité.

De même à la suite des travaux de G. Sée certains praticiens

ont prescrit trop largement l'iode et liodure de potassium.

1° Bien souvent il faut se passer du secours d’un précieux

eupnéique: l'iodure de caféine, qui joint l'action de l’iodure à l'effet sympathicotonique de la caféine, car son influence tant congestionnante qu'hyperthyroïdienne risquerait d'entraîner une évolution possible des lésions qui sont à la base de la AReUEe thérapeutique.

À l'opposé de ces médications, il existe uue association médica= menteuse, dont l'efficacité thérapeutique, symptomatologique, provoque une excellente sédation de la dyspnée. Elle est remarquable par son manque de toxicité, son efficacité : c'est l’associalion :

Valériane — Aspirine — Théobromine.

Seuls les quelques asthmatiques intolérants à l'aspirine ne peuvent en profiler,

29 On peut recourir, dans les cas où il existe un degré très marqué de sympathicotonie, aux sympathicolytiques comme le tartrate d'ergotamine ou la théophylline. Dans les autres cas où cette sympathicotonie est fonction d'une hyperthyroïdie, confirmée par le métabolisme de base, on peut, soit ajouter, soit alterner avec les médications précédentes une action sédative de la thyroïde basée sur l'emploi d'hématoéthyroïdine ou de dibromotyrosine.

Le traitement anti-syphilitique modiflant une médiastinite scléro-gommeuse a pu améliorer pendant plusieurs semaines les troubles dyspnéiques. C’est peut-être à une aetion locale semblable qu’il faut attribuer l'efficacité du traitement spécifique utilisé par certains auteurs ou à une action plus générale portant sur le terrain; pour Krause, le traitement antisyphilitique a donné des rémissions de l’ordre de 1 à 2 ans.

La cure anti-diathésique.

Ces différents modes de traitement seront complétés par une cure antidiathésique. Celle-ci qui sera dirigée différemment suivant chaque cas particulier, améliorera souvent l'état de mal.

Les notions précédentes d’étiologie et de pathogénie expliquent son action sédative. |

Malheureusement la gêne respiratoire des sujets en état de mal asthmatique et souffrant d’une gêre respiratoire continue, rend pratiquement impossible, du moins au début de leur cure, une reprise de leur activité physique ou des exercices sportifs visant à améliorer leur état nutritif profond.

L'opothérapie est très utile, car elle améliore le fonctionne-

J. Boyer 4

CA

ment du foie; elle a en même temps une action antidiathésique certaine. 6

Il faut réaliser d'autre part des éliminations vicariantes, soit au niveau de leurs voies digestives, soit au niveau de leur peau.

a) Les purgatifs salins ne sont pas à conseiller car ils exagèrent souvent la dyspnrée.

b) L'effet vomitif de l’ipéca ou du tartre stibié, recherché par les anciens auteurs, est trop violent chez de tels malades.

c) Le calomel à hautes doses ou à doses répétées est {rès indiqué, il agira aussi comme médicament hépatique, anti-syphylitique et par son action leucothérapique (Feuillet).

d) Enfin la dérivation cutanée est plus importante encore, elle peut être réalisée avec un grand profit soit par l'application

__ massive en certains points des téguments des rayons ultra-vio-

lets, réalisant une véritable brülure, soit par la pose d'un vésicatoire à demeure où même par un cautère longtemps entretenu.

Les résultats de ces moyens thérapeutiques sont variables, mais combinés aux autres modes de traitement, ils sont parvenus à faire disparaitre parfois complètement les paroxysmes dyspnéïques, à diminuer la gêne respiratoire permanente, continue, pendant un temps relativement long.

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