INTRODUCTION
L'étude des formes d'asthme grave revêtant l’allure d’état de mal en tant qu'entité morbide définie est de date relativement récente.
Les premiers observateurs ont abordé ce sujet surtout au point de vue pratique et tous insistent sur un des élémerits essentiel de cette variété d'asthme : la difficulté du traitement et le véritable désarroi du praticien deŸant de tels malades.
MoNCoRGÉ le premier consacre une courte étude clinique à cette forme. Puis un petit nombre d’observateurs se sont attachés à décrire les particularités symptomatologiques de ce syndrome.
Enfvu, plusieurs auteurs rapportent quelques cas d'asthme mortel, telles les trois observations de MARCHAND (1916-1918) citées par À. LEMIERRE, Léon KiNDBERG et LEVESQUE.
Mais ces faits restent néanmoins exceptionnels.
Entre la forme bénigne de l'asthme banal et la forme mortelle . exceptionnelle, il existe une classe spéciale, relativement assez fréquente, où l'asthme sans être un danger vital immédiat constitue une infirmité cruelle et rebelle à toute thérapeutique.
C’est F. BEZANGON et ses élèves qui individualisèrent la variété d'asthme grave, rapidement progressif.
Ils essayèrent de mettre en évidence une pathogénie souvent si complexe et qui explique les raisons des difficultés thérapeutiques si souvent notées.
Citons en particulier les travaux de BEZANÇON et A. JACQUELIN
AU
(Asthme et Fièvre), À. JAGQUELIN (Asthme fixé dans le Rapport au Congrès.du: Mont-Dore); À, JAcQuEuIN, Jory et AzD'auy (Asthme et Tuberculose). À. JAcQuELIN (Formes cliniques de l'Asthme, etc….).
M. KRAUSE en analysant plus de 400 observations d’asthmatiques trouve un grand nombre de malades en état de mal asthmatique et consacre sa thèse à identifier cet état.
Pour notre part, nous avons observé que l'asthme évolue progressivement vers un état de mal permanent ehez des sujets bien particuliers : malades assez âgés en général, présentant un terrain morphologique dystrophique, une perturbation humorale et sympathico-endocrinienne avec coexistence d’une lésion organique et absence ou diminution des parentés morbides. Les antécédents familiaux ou héréditaires de tels malades relèvent de la diathèse arthritique avec parfois des stigmates d'hérédo-syphilis.
Monsieur le Docteur JACQUELIN qui a bien voulu orienter nos investigations dans cette étude et nous guider dans l'élaboration de ce travail, & insisté déjà dans quelques-unes de ses publications sur l'importance de ces faits, tant au point de vue doctrinal, que pratique.
Nous reprendrons donc d'abord, le description des différents états d'asthmes graves à dyspnée continue en insistant surtout sur la forme clinique pseudo-emphysémateuse de ce syndrome.
L'état de mal asthmatique ne peut être facilement défini pour des raisons multiples, car il existe tous les intermédiaires entre la forme banale et la forme mortelle. Certains .cas sont même difficilement classables car nous manquons de critère.
MONCORGÉ éliminant la forme passagère ou état de mal aigu, définit la seconde comme un état de mal prolongé. Elle se manifeste par des accès peut-être moins intenses que dans la première, mais sa gravité provient de la répétition des accès, empèéchant tout sommeil pendant des mois, des années, et ne paraissant pas influencer par des phénomènes exogènes.
Parmi cette dernière forme, plusieurs variétés cliniques ont été individualisées (KRAUSE). Parmi elles,nous ne nous occupe-" rons plus spécialement que celles qui présentent une dyspnée permanente el en particulier de la forme pseudo-emphysémateuse.
Nous chercherons ensuite les déductions pathogéniques et thérapeutiques qui en découlent.