ÉTUDE CLINIQUE
Il est nécessaire, avant d'aborder l'étude des formes d'asthme à dyspnée continue, d'éliminer les formes intenses, mais passagères, de la crise d'asthme banale.
En isolant ces formes, parfois très impressionnantes, mais sans aucune gravité particulière, nous voyons qu’elles peuvent simu-. ler l'aspect d’un état de mal asthmatique qui durerait parfois plusieurs semaines consécutives. En réalité, il s’agit seulement d'une crise asthmatique anormalement prolongée, qu’on recon-. naîtra à son début franc, paroxystique ou tout au moins rapide, constituée par une série d'accès légers et intermittents. Cet état est généralement déclanché par une cause assez facile à découvrir et classique, influence saisonnière ou pollinique, un changement d'habitation, un déplacement à la campagne. Assez rapidement, en quelques jours, un état dyspnéique continu s'installe : sur ce fond, vont se détacher, de moins en moins nettement d’ailleurs, les crises paroxystiques. Les seules interruptions de cet état dyspnéique seront obtenues grâce à des injections d’adrénaline ou mieux encore d'évatmine.
Malheureusement ces arrêts entièrement artificiels, sont de courte durée et la dyspnée reprend bien souvent avec une intensité et une violence nouvelles. Parfois, mais rarement, il survient quelques accalmies spontanées, incomplètes ou irrégulières : la dyspnée diminue d'intensité, mais il persiste néanmoins une gêne respiratoire qui s'accentue au moindre effort.
Dans ce tableau clinique, la dyspnée est celle de l'asthme ordinaire, mais beaucoup plus intense ; elle existe fréquemment aux deux temps de la respiration au lieu d'être seulement expiratoire. D'autre part le thorax est très souvent distendu en inspi-
‘ration forcée, à la suite d’une légère polypnée.
Cette dyspnée s'accompagne des autres caractères de l'asthme.
L’expectoration conserve les caractères du crachat gris perlé