‹ Contribution à l'Étude de la Gangrène Pulmonaire à SpirochètesChapitre 7 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le processus de nécrose de la gangrène pulmonaire était attribué jusqu’à ces dernières années à l’action de germes anaérobies, germes surtout connus depuis 1893 par les travaux de Veillon et Zuber, Rist, Hallé et Cottet et par la thèse de Guillemot (1899) qui attribuèrent un rôle prépondérant au Bacillus Ramosus, au Bacillus fragolis, au Microcomus fœtidis, etc. microbes qui sont commensaux habituels des cavités naturelles.

Mais tous ces auteurs négligèrent complètement le rôle bactériologique de certains microorganismes, en particulier des Spirochètes, décrits par les anciens auteurs Leyden et Jaffé.

Ce rôle ne fut mis en évidence que depuis 1913 avec Ghon et 1914 avec Maurice Perrin (de Nancy); mais on étudie alors, par suite de l'insuffisance des méthodes que les gros spirilles facilement colorables tels que le Spirochète de Vincent. « A la formule : la gangrène pulmonaire est due aux anaérobies du type Veillon, on est donc tenté, depuis une douzaine d’année d’en substituer une autre : la gangrène pulmopaire dans un certain nombre de cas est due à la symbiose fuso-spirillaire de Vincent ».

Tous les travaux faits à ce sujet ne parlent, en effet, que de la symbiose fuso-spirillaire, et l’on admet que

le spirochête, trouvé dans l’expectoration de la gangrène pulmonaire, est identique à celui trouvé par Vincent.

Ce sujet fut repris au Congrès de Médecine de Nancy de 1925 et il y a quelques mois à l’Académie de Médecine où le Pr. Bezançon, De Jong et Etchegoin montrèrent que, en réalité, le problème était beaucoup plus complexe qu’on ne le pensait.

Pour ces auteurs : « Le rôle du fusiforme est loin d’être constant et le spirochête de la gangrène pulmonaire n’a peut-être rien de commun avec le spirochète de Vincent ».

Nous présentons ici, grâce à l’obligeance de notre cousin, le Pr. Picard et à celle de notre ami le D" Guillon, trois observations de gangrène pulmonaire où lon a pu constater l’absence de bacilles anaérobies et le rôle certain des spirilles, trouvés en grand nombre à l’examen bactériologique des crachats.

Nous verrons d’autre part que cette forme de gangrène pulmonaire à spirilles peut, cliniquement, entrer dans cette « forme localisée à poussées successives » rarement observée avant les travaux récents, et particulièrement étudiée ces dernières années par Girard (Thèse de Paris 1923), Lemierre et Léon Kindberg et au Congrès de médecine de Nancy (1995).

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