PES
OBsERvATION III.
Cancer de l’æsophage. — Gastrostomie. — (uérison.
Le nommé C... François, menuisier, 62 ans, entre à l'hôpital Cochin le 10 juin 1897, salle Gosselin.
Pas d’antécédents héréditaires.
Antécédents personnels. — A 30 ans, il a eu la syphilis et n’a jamais suivi de traitement.
Depuis 13 mois, le malade est obligé de boire lentement, gorgée par gorgée ; sans cette précaution une grande partie du liquide est rejetée au dehors.
Depuis quelque temps les aliments doivent être mastiqués longtemps, et une gorgée de liquide est nécessaire pour faire déglutir le bol alimentaire. Le malade a le dégoût de la viande, et ne peut plus l’avaler,
Il a maigri de 20 kilogrammes depuis un an. Au moyen de la sonde œsophagienne, on constate un rétrécissement siégeant à trente centimètres des arcades dentaires, par conséquent dans le tiers inférieur de l’œsophage : l’olive du plus petit diamètre n'’arrive pas à le franchir.
22 juin. — Gastrostomie en un temps.
Manuel opératoire ordinaire.
L’estomac est fixé’ par 20 fils de soie et quatre crins de Florence.
23. — 24 heures après l’opération,le malade est alimenté par la bouche et par la sonde.
Toutes les trois heures, on injecte la valeur d’une tasse de lait.
Les jours suivants, le malade continue ses tentatives d’'alimentation par la bouche ; en même temps, on injecte par la sonde, du lait, de la pepsine, de la poudre de viande,
10 juillet. — Le malade sort de l’hôpital.
Il a augmenté de un kilogramme environ.
À aucun moment la fistule n'a laissé suinter une goutte de li- quide stomacal. Depuis le dixième jour après l'intervention, la sonde n’est plus introduite qu’au moment des repas: la continence est irréprochable, les téguments ambiants sont indemnes de toute trace d'irritation.
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