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a — — 19805. Les extraits alcooliques pouvaient en contenir de 2 à 3 p. 100.
IV. Extraits aqueux. — Nous avons examiné quelques extraits pris dans le commerce. Ce sont des extraits aqueux préparés d’après les indications du Codex en faisant macérer à deux reprises la racine sèche de gentiane dans 5, puis 3 parties d’eau froide, et en évaporant au B. M. Or, pour dessécher la gentiane, « les récolteurs la mettent en tas quand elle n’est pas encore desséchée entièrement, c’est-à-dire au bout de 8 à 10 jours; ils attendent que ce tas soit échauffé, puis le retournent afin d’emmener à l’extérieur les racines qui étaientau milieu du tas. On n’achèvela dessiccation que quand la gentiane a pris la teinte rouge recherchée par les acheteurs » (PLancnon et Cou, les Drogues simples d’origine. végétale, I, 647). Les conditions les meilleures pour que les phénomènes diastasiques se produisent sont ainsi réalisées au cours de cette opération. D’autre part, pendant la maceration dans l’eau, l’action des ferments continue à s’exercer. Autant de causes qui doivent amener la SL FEU des glucosides et de leur pouvoir rotatoire.
. Cest ainsi qu’un extrait nous a donné 13,8 p. 100 de glucosides solubles dans l’éther acétique, avec &, = — 747 (après passage au tanin); un autre, 14,7 p. 100 avec à, — — 64°4; un autre a de même donné des glucosides à à, = — 687 ; un quatrième, 7,9 p. 100 de glucosides avec &, — — 43° ; un cinquième, des glucosides à 4, — — 15°8.
Il résulte de ces faits que l’extrait de gentiane tel qu’onle prépare actuellement devrait disparaître de la pharmacopée française. C’est l’opinion qu'a déjà soutenue M. Bourquecor, qui de son côté n'avait pas trouvé de gentiopicrine dans les extraits commerciaux, Le but du pharmacien étant d’obtenir les principes actifs de la plante aussi peu altérés que possible, c’est à la gentiane fraiche qu’il conviendrait logiquement de
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s'adresser pour en faire un extrait alcoolique. On aurait ainsi : une préparation riche en gentiopicrine, dans laquelle on 5
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pourrait toujours doserles glucosides parla méthode que nous venons d'indiquer.
V. Composition d’un extrait alcoolique de gentiane fraîche. — En combinant tous les résultats que nous avons obtenus dans les chapitres précédents, on peut établir la composition
L . . sv . à ” d’un bon extrait alcoolique de racines fraîches de gentiane, SE considéré comme séché à 100. 7 Corps insolubles glucose, lévulose. . ..,,... | à S+ dans sucres gentianose, gentiobiose, sac- 77 “9 l’éther acétique CDADDEO x LL one LA \ Ée gentiopicrine . EE ss 9:20 2 He rripné SE SÉDDNMARE RO 20 AS SERRE pese ie vie =-6 00 LE SSL acide, .......
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Pour un extrait mou contenant environ 15 p. 100 d’eau, | tous ces nombres doivent être diminués de 15 p. 100. RP La composition d’un extrait de gentiane se trouve donc
connue à 1 p. 100 près.
DEUXIÈME PARTIE A CONTRIBUTION A L'ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE o. DE LA GENTIANE : ER Bien peu précis sont les travaux de physiologie pure qui < ont été faits à propos de la gentiane. Elle n’a été étudiée
DC = que (MAGENDIE, Formulaire pour la préparation et l'emploi de plusieurs nou-
#4 J Action sur la sécrétion gastrique. Influence sur la nutrition.
a. pour un médicament capable de stimuler, au plus haut degré,
qu’accessoirement avec les autres amers. De nouvelles recherches ne seraient pas superflues.
J’exposerai sommairement ce qu’on sait de son rôle comme « tonique ». Puis je dirai les brèves constatations qu’il m’a été donné de recueillir avec la gentiopicrine (1).
— La gentiane a toujours passé, aux yeux des cliniciens, les fonctions digestives; aussi à ce titre l’ont-ils employée dans les cas d’anorexie, d'hypopepsie, d’atonie gastrique. Les résultats heureux qu’on en a obtenus en font encore, à
(1) La gentisine, insoluble, est un corps inactif au point de vue physiologi-
veaux médicaments, 1825, p. 145).
On a voulu, dans quelques ouvrages français, faire dire à KücHENMEIsTER que la gentisine aurait sur les fièvres intermittentes une action comparable, | sinon supérieure, à celle du sulfate de quinine. En réalité, KüCHENMEISTER, en 1851, ayant à grand’peine préparé de la gentisine impure, encore amère, en fit prendre quelques grammes à des porcs : les sacrifiant ensuite, il crut voir une diminution de volume de la rate, propriété qu'il attribuait aussi au sulfate de quinine. Il émit alors l'hypothèse que la gentisine pouvait avoir de l’action dans les fièvres intermittentes, disant qu’il serait intéressant de l'essayer dans ces cas. (Archiven fur physiologische Heïlkunde, tome X, p. 106). De là à des affirmations, il y a loin. L'auteur devait du reste revenir sur ses conclusions pres en 4871 (d’après FoNssAGRivES, loco cilato), et reconnaitre qu'il s'était rompé
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l'heure actuelle, un tonique, un eupeptique des plus usités.
Mais quand on a voulu, par des recherches de laboratoire, expliquer cette action, — et ceci pour la gentiane comme pour les autres amers qu’on a englobés dans une étude générale — on est arrivé à des résultats assez imprévus. Les différents expérimentateurs ont, les uns après les autres, formulé des conclusions opposées: les uns lui ont attribué une influence heureuse sur Les processus digestifs, les autres une action nulle, d’autres enfin une action néfaste. L'accord ne s’est pas fait et la question des amers est devenue une des plus embrouillées, des plus épineuses, de la thérapeutique expérimentale.
Manouar, dans son Traité de Thérapeutique, a fait de tous ces travaux un remarquable exposé : on ne saurait prendre un meilleur guide pour l’étude du problème.
Et tout d’abord l'emploi des amers amène-t-il une modification dans les quantités de suc gastrique sécrété ? Pour TRAUBE et pour KOEHLER, il ya augmentation dans la sécrétion. Pour TscueLzorr (in Bull., thérap. 1886), de faibles doses d’amers amènent d’abord une très légère hypersécrétion, mais qui est suivie rapidement d’une diminution considérable de la sécrétion: des doses un peu fortes amènent d'emblée une diminution très grande. Pour REICHMANN (Zeitsch. f. Klin. Med., 1889, tome XIV, p. 177) l'introduction, à jeun, dans l'estomac, du liquide amer amène une sécrétion bien plus faible que la quantité correspondante d'eau distillée; mais quand le liquide a été évacué, soit par la sonde, soit par passage dans l'intestin, on voit une demi-heure après se produire une sécrétion abondante du suc gastrique. Introduits dans l’estomac pendant la digestion, les amers ne modifient pas la sécrétion gastrique. A l'inverse de cette dernière conclusion, MaRcONE£, puis Bokai croient qu’il y a au contraire augmentation du suc sécrété.
Le suc gastrique ainsi sécrété a-t-il la même composition que le suc ordinaire ? Il est moins actif pour Tscxerzorr : il est au contraire plus riche en HCI pour ScHuRMANN-STEKOVEN. REICHMANN montre qu'il est d’abord très peu acide: son acidité augmente rapidement dès que l’amer a quitté l'estomac.
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Les fermentations secondaires sont-elles entravées? Oui, pour Bucuueim et ENGEz qui expliquent ainsi les bons effets qu'on retire de la gentiane comme stomachique; non pour TSCHELZOFF qui croit à une augmentation des fermentations d'autant plus grande que la dose d’amer est plus considérable.
Quand on prend les amers mélangés aux aliments, la durée de la digestion stomacale est diminuée pour Marcone: elle est augmentée pour REICHMANN.
L'action sur la sécrétion biliaire est variable : les amers amènent tantôt une hypersécrétion, tantôt n’exercent aucune influence (TscHeLzorr). La sécrétion du suc pancréatique n’est pas influencée.
Les selles seraient régularisées, par hypersécrétion intestinale, selon RABUTEAU : mais ni BUCHHEIM, ni ENGEL n’ont vérifié le fait.
Pour TscHELzoFr la résultante de tous ces faits serait une accélération de la désassimilation : TurAB1AN (thèse de Paris, 1871), d’autre part, n’a pas trouvé de variation dans les chiffres d’urée excrétée.
Ce sont, on le voit, des contradictions incessantes. C’est qu’en réalité le problème est des plus complexes et nombreux sont les facteurs dont il faudrait démêler le rôle. Les phénomènes observés sont-ils de tous points comparables chez l’homme sain, chez le malade, chez le chien, et peut-on conclure en toute rigueur de l’un à l’autre? La sensation persistante d’amertume qui accompagne l’ingestion, per os, des substances expérimentées ne peut-elle pas, à elle seule, influer sur la sécrétion gastrique? Celle-ci sera-t-elle la même si l’on porte directement les amers au contact de la muqueuse stomacale que s’ils ont déjà influencé les papilles gustatives de la cavité buccale? question que depuis les mémorables travaux de PawLow on esten droit de se poser. Il faut, comme Pont fait ReicHwanx, puis Lère (thèse de Lyon, 1902-1903), dissocier la part qui revient à l’eau des solutions amères, aux amers eux-mêmes; il faut tenir le plus grand compte du moment d'introduction de ces substances, selon qu’on les avale plus ou moins longtemps avant le repas ou mélangées aux aliments. Le suc gastrique devra être considéré non
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seulement au point de vue de sa quantité, mais encore au point de vue de son acidité, de sa teneur en ses divers ferments. Les variations dans la sécrétion des autres sucs du tube gastro-intestinal gagneraient peut-être à être examinées moins sommairement qu’elles ne l’ont été Jusqu'à ce jour. Parallèlement,des analyses complètes des urines s’imposent, et cela non seulement pendant une expérience d’un jour, mais pendant un laps de temps assez long. Il n’est pas jusqu’à l’examen cylologique du sang qu'il faille oublier, puisque « Binz (Grundzuge der Arzneimittellehre, 1900) soutient que l'action apéritive est subordonnée à l’action leucocytogène du principe amer. La gentiane, le colombo, la quassine agissent à la façon d’une riche alimentation carnée : ils déterminent l’accroissement du nombre des globules blancs » (LÈRE, loco citato, p. 45). Enfin il est un élément dont l'appréciation est délicate et qu’il est impossible de traduire par des chiffres : c'est la sensation d’appétit que réveille l’usage des amers. Et nous en sommes encore à nous demander ce qui cause cette sensation toute spéciale.
Remarquons que, dans toutes les expériences, on a employé indifféremment telle ou telle substance : gentiane, absinthe, colombo, quassia...; on ne s’esl pas attaché à apprécier exactement les quantités du principe amer employé : jamais, — sauf quelquefois avec la quassine — on n’a opéré avec un corps bien défini, cristallisé, rigoureusement dosable. Ce sont là des recherches — Jongues et laborieuses, sans doute — qui gagneraient certainement, au point de vue de la précision, à êlre reprises avec le glucoside pur de la gentiane.
Âction sur la sécrétion salivaire. — On s’accorde généralement pour reconnaître à la genliane et aux autres amers une action sialagogue. Sous leur influence, la soif est diminuée, probablement par humectation constante de la muqueuse buccale.
TANRET 6
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Action sur la pression sanguine. — Pour Trauge et Koëu- Ler, les amers en injection intraveineuse amèneraient une légère hausse de la pression artérielle : on a mème voulu expliquer par là l’'hypersécrétion, plus ou moins prouvée, de
l'estomac. Mais pour Tscuezzorr, ce n’est qu’à faible dose que
les amers amènent celte hausse de pression, du reste très passagère; à dose plus forte, ils ’abaissent.
GENTIOPICRINE
Action sur les organismes inférieurs. — La gentiopicrine n’est pas un bien puissant antiseptique. Le coli-bacille n’a présenté un retard sensible de développement que dans des bouillons additionnés de 10 p. 100 de glucoside. Dans des bouillons à 10 p. 400, la culture du bacille d'Eberth a été presque nulle. La gentiopicrine n’entrave pas la fermentation du glucose par la levure de bière, qui, d'autre part, ne lui fait subir aucune altération. Les moisissures banales se développent parfaitement sur ses solutions.
Par contre, son action est très nette sur les Infusoires. Si l’on prend une goutte d’eau croupie contenant la légion remuante des Vorticelles, Paramécies et autres infusoires ciliés, et qu’on l’additionne d’un peu de gentiopicrine, on voit en quelques minutes s’immobiliser et mourir tous ces petits êtres. Il y a là un phénomène analogue à celui qui se passe avec le sulfate de quinine. N'oublions pas qu’on a expliqué l’action de cet alcaloïde sur l’hématozoaire du paludisme par son action destructive des protozoaires : la gentiopicrine semble agir de même. D
Innocuité. — La gentiopicrine n’est pas toxique pour les animaux supérieurs. J'ai pu en injecter À gr. par jour, pendant cinq jours, à un rat de 120 gr.; des doses quotidiennes
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