‹ Contribution à l'étude de la gentianeChapitre 38 sur 72 · COMPOSITION. —— ANALYSE · texte numérisé non relu

COMPOSITION. —— ANALYSE

I. Sucs. — La racine fraîche de gentiane contient de 78 à 80 p. 100 d’eau. C’est du moins la proportion que nous avons trouvée, de juillet à fin octobre, sur des racines qui avaient été arrachées depuis quelques jours et qui, malgré leur envoi rapide,avaient pu déjà subir un début de dessiccation.

En exprimant ces racines, découpées et pilées, avec une simple presse de laboratoire, nous avons pu en retirer les 2/3 du sue, soit environ 60 p. 100 du poids de la gentiane. Ge suc laissait à l’évaporation à 100° de 14,6 à 15,2 p. 100 de matières sèches.

Les sucs obtenus étaient en général légèrement dextrogyres : quelques-uns ont été trouvés faiblement lévogyres.

Pour savoir si les sucs de l’écorce et de la partie ligneuse contenaient les mêmes produits, nous les avons traités séparément par l’éther acétique après les avoir concentrés en extraits. L’écorce, plus riche en ferments, a donné un mélange de glucosides à pouvoir rotatoire plus faible que la partie ligneuse : ainsi de 100 gr. de suc d’écorce on a retiré 2 gr. 50 de glucosides à an — — 110v et de 100 gr. de suc de ligneux on a extrait 2 gr. 08 de glucosides à ap — — 145.

La racine totale de gentiane séchée à 1100 a laissé à la calcination de 2 à 3 p.100 de cendres (3,2 p. 100 pour l’écorce et 2,1 p. 100 pour le ligneux).

II. Extraits. Méthode d'analyse. — La préparation de gentiane dont on se sert surtout est l'extrait, qui n’est en somme qu'un suc concentré. Mais selon la manière dont on les prépare, les extraits peuvent avoir des compositions fort différentes. 11 importe donc de connaître la nature et les proportions des principes qu’ils contiennent. |

Le procédé le plus simple pour analyser un extrait consiste

à l’épuiser par l’éther acétique hydraté, comme on Pa vu au chapitre IT. Pour 10 grammes d'extrait, on emploie 300 à 400 gr. d’éther acétique. L’épuisement se fait à chaud dans un ballon : les glucosides passent ainsi dans l’éther acétique. On

distille l’éther acétique à siccité, on dissout le résidu dans

l'alcool à 60° et on examine au polarimètre. On a ainsi le poids et le pouvoir rotaloire des glucosides.

La partie de l’extrait épuisée par l’éther acétique estmaintenant devenue sucrée. Elle contient les sels et les sucres de la gentiane, avec encore 1/10 des glucosides que l’éther acétique a laissés (voir coefficients de partage) : il convient doncd’augmenter de 1/10 le poids des glucosides précédemment trouvé.

En opérant de la sorte, on a dissous dans l’éther acétique une {rès petite quantité de sucres. Quand les glucosides sont abondants et à pouvoir rotatoire élevé, leur poids, obtenu comme il vient d’être dit, peut être considéré comme satisfaisant, la diminution du pouvoir rotatoire dû aux sucres étant négligeable. Il n’en est plus de même quand on a affaire à des extraits commerciaux, extraits aqueux faits avec les racines sèches du commerce, où les glucosides sont peu abondants et à pouvoir rotatoire faible. Il faut alors faire passer les glucosides à l’état de tannates insolubles dans l’eau saturée de SO! Mg : le tannate sera décomposé comme il est dit plus haut (ch. HT). Les rendements pondéraux seront affaiblis par suite des pertes qu’entraîne ce mode de préparation, mais le pouvoir rolatoire pourra être considéré comme exact. Prati-

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quement donc, dans ces cas, on adoptera comme chiffre pondéral celui donné par l’éther acétique et comme valeur du

pouvoir rotatoire celle donnée après passage au tanin.

III. Extraits alcooliques. — 1° Extraits alcooliques de racines fraiches. Ils nous ont donné de 12,5 à 23 p. 100 de glucosides dont le pouvoir rotatoire variait de, —130° à, —157°. Le plus souvent ils contenaient 17 à 20 p. 100 de re à à) — — 1450.

Après 8 mois de préparation, unde ces extraits avait encore la même richesse: 17,3 p. 100 de glucosides à a, — — 148°6.

20 Extraits alcooliques de racines sèches.

À. — Des racines de gentiane récoltées en novembre 1903 ont élé découpées en rondelles minces, puis enfilées en chapelets pour être desséchées à l’air du laboratoire à la température ordinaire. Cette racine est restée blanche pendant plusieurs mois, puis s’est foncée peu à peu et a pris lodeur particulière de la gentiane du commerce. Au mois d'août 1904 on en fait un extrait alcoolique : 220 gr. de cette racine ont ainsi donné 130 gr. d'extrait clair —109 gr. séché à 100°. Get extrait a été épuisé par 2 kilos d’éther acétique ; celui-ci distillé a laissé 16 gr.6 de glucosides qui,repris par l’eau, ont été réduits à 15 gr. 5 avec a, —— 106. L’extrait alcoolique à 15 p. 100 d’eau contenait donc 13 p. 100 de glucosides bruts.

L’extrait préparé avecles racines fraiches nous avait donné un mélange de glucosides à a, — — 148°.

B. — 1 kilo de racines sèches du commerce nous à donné 380 gr. d'extrait alcoolique repris par l'eau, d’où par l’éther acétique on a retiré 35 gr. de glucosides àx, — — 105°9, soit 9,2 p. 100, chiffre plus faible que pour les racines que nous avions desséchées nous-même avec précaution.

L'examen de ces chilfres montre que les racines examinées contenaient encore une pelite proportion de gentiopicrine à

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