VI. — M. P... (Paul), à Ghisonnaccia, 43 ans
Bien qu'habitant Ghisonnaccia depuis son enfance, il ne contracte les fièvres pour la première fois qu’au milieu de septembre 1904. L'accès revient tous les jours, régulièrement, à 2 heures de l’aprèsmidi, obligeant le malade à prendre le lit.
Au bout de 20 jours — 4 octobre — P... prend chaque matin une macération de gentiane, obtenue en faisant infuser3 ou 4 morceaux de racine dans un grand verre d’eau. Le traitement est prolongé pendant huit jours consécutifs. La fièvre a cessé au second jour de la médication. Guérison maintenue (24 octobre).
À Ghisonnaccia, j’ai rencontré deux malades chez qui la gentiane ne donnait pas de résultat : une jeune fille de 26 ans, paludéenne de deux ans, qui a essayé cette année de guérir ses fièvres en prenant chaque matin, pendant une dizaine de jours, un verre à madère d’une préparation obtenue en faisant macérer trois à quatre racines dans un demi-litre de vinblanc; un enfant de 5 ans, paludique depuis octobre 1903, cachectisé, à fièvre sans type bien déterminé, soigné très irrégulièrement à la quinine et à qui chaque jour on donnait alors un petit verre de vin de gentiane préparé comme le précédent. Il est à peine besoin de faire remarquer la faiblesse de ces doses médicamenteuses.
Pendant mon court séjour à Ghisonnaccia (24-25 octobre), on m'a parlé de quelques individus chez qui la gentiane avait donné de bons résultats dans Le traitement deleur paludisme: ils étaient encore dispersés dans les hameaux de la montagne, «en émigration », je n’ai donc pu avoir sur eux de renseignements précis.
Signalons enfin que quelques habitants chiquent continuellement la gentiane, à titre prophylactique et eupeptique (M. A... et GC... à Aleria); ils s’en trouvent bien, et depuis qu’ils ont pris cette habitude ils n’ont pas contracté les fièvres.