OBSERVATION Î
Angèle C..., 16 ans.
Actuellement à Cateraggio. Petite, vigoureuse,toujours bien portante. Elle contracte les fièvres cette année, pour la première fois de sa vie, dans des circonstances qui permettent de délimiter assez facilement leur temps d’incubation.
Mile C... habitait Corte depuis environ 10 ans. Cette dernière ville, située en pleine montagne et arrosée par le Tavignano,esttrès salubre : on n'y trouve pasde paludisme, ainsi que me l’a dit depuis le docteur BaTTesTI. Tout au plus a-t-il pu y avoir quelques cas isolés, chez des employés de chemin de fer, provenant de pays à malaria et qui en revenaient infectés. Les Anopheles n’ont jamais été signalés à Corte. Me C..., du reste, habitait loin de la gare et du Tavignano, dans les quartiers hauts de la ville.
Le 1° septembre elle quitte Corte et arrive à Cateraggio, chez sa mère, dont la maison est située sur le bord du Tavignano, au ras du sol, et qui abrite naturellement de nombreux Anophèles. Comme chez presque tous les habitants, il n’y a pas de moustiquaire. Le 10 septembre, au soir, la jeune fille, en revenant de laver à larivière, est prise de frisson : une forte fièvre succède. C’est l'invasion du paludisme. La période d’incubation, dans ce cas, ne se trouve pas supérieure à neuf jours; les auteurs, de leur côté, s'accordent à attribuer aux fièvres palustres une incubation minima de six jours. (LaveraAN. Traité du Paludisme, p. 140.)