‹ Contribution à l'étude de la gentianeChapitre 67 sur 72 · RS OP CE · texte numérisé non relu

RS OP CE

Le pe

à les faire disparaitre : le bromure de potassium en est venu facilement à bout.

L’hématozoaire, représenté par des formes intraglobulaires ou libres, avait disparu du sang de la malade après six jours de traitement. Pendant les heures de céphalée, je n’ai pu ly trouver, bien que je l’aie recherché à plusieurs reprises.

La formule sanguine s’est améliorée assez vite, mais la lymphocytose a persisté pendantencore longtemps.

Appenpa. — Voilà certes une observation intéressante et qui pourrait passer pour un succès total de la gentiane. Si, après avoir quitté Alcria, j’avais perdu de vue ma malade, j'aurais pu affirmer la guérison éomplète. Mais des nouvelles reçues ultérieurement permettent de douter d’un aussi brillant résultat.

Le 16 novembre, on m’écrivait que Mme T... avait été reprise de fièvre à partir du 1°; fièvre débutant entre onze heures et midi et durant jusque vers six heures du soir, pas bien ‘forte cependant puisque la malade ne se couchait pas et restait auprès de son feu. Elle prenait 3 cuillerées de sirop quand la fièvre l’a reprise. Du 1e novembre au 26, il n'y a pas eu de traitement; sur mes recommandations réitérées Mme T... s’est alors mise au traitement quinique. La guérison a été complète.

Etait-ce là une rechute de paludisme? Je n’ai pas vu cette fièvre et je voudrais douter de sa vraie nature. Mais il est bien probable que l’hématozoaire en était la cause. Y a-t-il eu une réinoculation, à la suite de piqûres d’Anopheles infectés, dans les derniers jours d’octobre, alors que le traitement a été moins rigoureux qu'avant? C'est possible. Je donne les faits tels qu’on m'a écrit d'Aleria qu'ils s'étaient passés.

Quoi qu’il en soit du dernier chapitre de cette histoire clinique,on ne peut nier l’action bienfaisante de la gentiane chez notre paludique. Si la guérison n’a pas été définitive, l’apyrexie a du moins été maintenue pendant plusieurs semaines.

HT

OBsERvATION VI

Marie-Françoise M..., 47 ans.

À toujours habité Cateraggio. Emigrait ordinairement en août et en septembre : mais depuis trois ans n’a pas quitté la plaine.

C'est une paludique de vieille date. Elle a contracté les fièvres

- pour la première fois à l’âge de 17 ans, les gardant alors six à sept mois. Depuis, Mm° M... les a eues fréquemment, une douzaine de fois au moins. Elle les a eues encore en 1902, on 1903, années pendant lesquelles elle n'avait pas «émigré ». Ces fièvres passaient à Ja longue, traitées irrégulièrement par un peu de quinine et des purgatifs.

Cette année, les fièvres datent du commencement de juillet. Elles reviennent presque chaque jour, débutant ordinairement entre 4 ei 5 heures de l'après-midi : autrefois, elles commençaient vers onze heures ou midi, leur heure d’invasion a reculé peu à peu. Au dire de la malade, elles ne sont pas bien fortes : le frisson, peu intense, se traduit par une sensation de froid dans les membres inférieurs et à la région lombaire : la fièvre dure toute la nuit et se termine vers 4 heures du matin par une sueur plus ou moins abondante.

La malade est très fatiguée, la perte de ses forces la préoccupe beaucoup. Elle est toujours couchée vers 6 à 7 heures du soir. Il est impossible, à la voir, de lui attribuer un âge. Elle dort mal, elle n’a plus d’appétit. Pendant la journée il y a assez souvent de la céphalée.

Malgré ce vieux paludisme, je ne trouve pasune rate bien grosse : on la sent qui affleure les fausses côtes, elle les déborde à peine. Il n’y a pas de signe de tuberculose. En somme, il est difficile de dire si c’est là de la cachexie palustre ou une simple fièvre quotidienne, peu intense : la transition entre ces deux types cliniques est du reste insensible.

Il y aun mois, Mme M... a pris un peu de quinine. Depuis, rien.

12 octobre. — Ah. 1/2, T — 3805 (fig. 7). La fièvre a commencé vers # heures et demie. Prise de sang : pas de croissants, mais formes intraglobulaires de l’hématozoaire, assez nombreuses.

Lymphocytes 42 69

ononucléaires......, à Grands 20

Neutrophiles 34

Eosinophiles 4

Polynucléaires. … ....

13 octobre. — La fièvre a duré jusqu'à # heures du matin, heure où la période de sueur a commencé. Sommeil mauvais et agité.

1 gr. de gentiopicrine à 11 heures, au repas; À gr. à 3 heures.

A5h. 1/2, T — 3608. Pas de céphalée aujourd’hui. Comme il y a quelques coliques, 1 gr. de bismuth.

14 octobre. — Nuit bonne, sans fièvre ni sueur. Il y alongtemps que la malade n’a si bien reposé.

A 3h. 1/4, T — 37 : elle prend alors 1 gr. de gentiopicrine et 4 gr. de bismuth.

A 6 heures, T — 3704. La température sublinguale, prise par Me M..à 7 heures du soir, était de 3703. Nuit excellente : néanmoins il ya un peu de sueur au réveil, à 4 heures du matin. Je necrois pas qu’il y ait eu fièvre : je vais cependant augmenter les doses de gentiopicrine.

15 octobre. — À cachet à 7 heures, 2 cachets à midi (une partie du déjeuner est vomie), 1 cachet au dîner.

Le matin à 8 h. 1/2, T — 36%6; le soir à5 h. 1/2 et à 7 h. (1), T — 368. Nuit excellente; ni fièvre, ni sueur.

16 octobre. — & cachets (2gr. de gentiopicrine) sont pris comme le 15.

A.8h. 1/2; T=— 3604; à5h:3/4; T=—=367et A Dh y i—=

Globules roues eee 4.180.000

Glébules blancs: TASER Re 6.500

Hémnglobine Mere ne 11.9 0/0 17 octobre. — 1 cachet à 7 h. du matin; À cachet À midi avec

2 cuillerées de sirop ; 2 cuillerées de sirop au dîner. Grandes fatigues pendant la journée. Néanmoins à 5 h., T — 36°6 etàTh., T — 370. Pas de fièvre pendant la nuit. 18 octobre. — 1 cachet et 2 cuillerées à midi; 2 cuillerées le soir. Ah. 1/2, T— 3701; à 7h. 1/2, T — 3608 (1). Pas de fièvre.

19 octobre. — 2 cuillerées de sirop malin et soir. AS h. 1/4, T —370; à 7h. 1/2 (1), T — 367. Pas de fièvre. 20 octobre. — 2 cuillerées de sirop matin et soir.

(1) Température prise par la malade elle-même.

5 Fu AË CRÉÉE

LCL ECECECLELL Er)

Fig. 7. — Tracé de l’observation VI.

A9h. matin, T — 366: lesoir à5 h., T — 3705 et à 7 h. 1/2: T— 37 (1). Nuit bonne, sans fièvre ni sueur.

Mme M... voit renaître son appétit : elle mange maintenant toute la journée. Elle est heureuse d’avoir des nuits bonnes. Mais à son gré les forces ne reviennent pas vite; il y a encore un peu de transpiration le matin au réveil.

21 octobre. — 2 cuillerées de sirop matin et soir.

À 8h. 1/2, T — 3609. Le soir à 5 h. 1/4, T — 3708. Prise de sang : recherche de l’hématozoaire négative. Mme M... ,se sent bien. A 8h., T — 3606 (1). Nuit bonne, sans fièvre.

29 octobre. — Devant la petite élévation thermique de la veille, je donne, en plus des 2 cuillerées de sirop du matin et du soir, i gr. de gentiopicrine au déjeuner.

A 5 h. du soir, T — 3702. A 7 heures, T — 3608 (1).

23 octobre. —9 cachets à midi, 2cuillerées de sirop matin et soir,

A9 h.,2T7=—9609";:le soir à 5 h, T=—978 ta h, 172 01— 3797 (1).

Voilà une petite poussée thermique, analogue à celle du 21, dont la malade ne s'aperçoit pas, mais qui doit donner l'éveil.

24, 23, 26 octobre. — 2 cuillerées de sirop matin et soir. Pas eu de fièvre, me dit Mme M... quand je rentre à Aleria après une courte absence.

27 octobre. — 2 cuillerées de sirop le matin, 2 le soir.

A bh. dusoir, T — 3805. La fièvre a débuté à 4 heures par un frisson très bien ressenti par la malade. Elle prend 1 cachet de gentiopicrine. À 7 heures, T —38°%5 (1). La sueur s’est montrée à 8 heures et la malade a dormi presque toute la nuit.

Deux lames de sang prélevées à 5 heures révèlent la présence de formes intraglobulaires de l’hématozoaire. C’est une rechute indéniable.

Lymphocytes..... ET ORNE US 44 Grands mononucléaires...... SU ne 8 Polynucléaires ere Te re AS

28 octobre. —2 cuillerées de sirop matin et soir ; 2 eachets ie soir. A9h., T— 36%; à 4 h. 1/2, T — 3608. Douleurs d'estomac. Nuit bonne, sans fièvre.

(1) Témpérature prise par la malade elle-même.

ban. $

29 octobre. — 2 cuillerées de sirop ce matin : la malade ne veut plus prendre de cachets qui, dit-elle, lui donnent la nausée.

À 10 heures, T — 36°6.

Cobulés rouges. 20, 4.220.000

Le soir, à 4 heures 1/2, T — 38°7 (ce qui n'empêche pas, à cette heure-là, Mn° M... de manger de bon appétit). Le frisson a été très bien ressenti à 3 h. 1/2.

Je quitte donc ma malade au moment d’une rechute.

En partant, je lui laisse du sirop de gentiane et de la quinine qu’elle doit prendre en cas de fièvre.

On m'’écrivait le 15 novembre que Mme M... s'était mise à la quinine aussitôt après mon départ.

Le succès de la gentiane, dans ce cas, à donc été partiel. L'hématozoaire a sommeillé pendant 15 jours de traitement, après quoi nous assistons à deux nouveaux accès de fièvre, bien nets. L’apyrexie a duré le reste du temps : l’action tonique du médicament s’est, de plus, fait sentir de façon remarquable. La guérison, certes, n’a pas été obtenue ; mais pendant deux semaines, tout accès a été coupé.

| OBservaTION VII

Jacques R..., 6 ans.

C’est le second des cinq enfants de Mme R... (Observation Il). Il est né à Cateraggio et y a toujours habité. Ordinairement il émigre avec ses parents, du 28 juillet au 20 octobre. Cette année, la famille R... n’est pas allée à la montagne.

Il a pris la fièvre le 5 septembre. L'accès quotidien, toujours violent, débute tantôt vers midi,tantôt vers deux heures et se prolonge jusque dans la nuit.

Les trois premiers jours de la maladie, sa mère lui a donné un peu de quinine —sans savoir combien —, et, naturellement, fort peu : la fièvre n’a du reste pas été coupée. Au bout deces trois jours, l'enfant, comme sa mère, a pris chaque matin un petit verre d'une macération de quelques grammes de quinquina dans un demi-litre d’eau : le résultat a été nul.

Depuis quelques jours, l'accès a tendance à débuter avant l’heure

habituelle et à se prolonger jusqu'au suivant : c’est presque le type continu. Les stades de froid et de sueur ont toujours été peu marqués.

25 septembre. — 10 h..1/2. On est en pleine fièvre. T : 39°6. Pouls : 120 (fig. 8). Je trouve un enfant abattu, amaigri, faible. Il est roulé dans plusieurs couvertures.

L'accès actuel aurait débuté vers 4 heures du matin. La rate, perceptible à la palpation, débordeles fausses côtes d’untravers dedoigt.

Examen du sang. Corps amiboïdes libres, avec nombreux grains de pigment — corps intraglobulaires pigmentés ou non: pas trouvé de croissants. Il y a destruction globulaire intense : certaines hématies, colorées à l’éesine,ne sont plus représentées que par un mince liseré rose.

À 5 heures dusoir, T — 38°2.Devant moil’enfant avale 1 gramme de gentiopicrine, en deux cachets.

26 septembre. — La nuit a été bonne, l’enfant a bien reposé jusqu’à 6 heures du matin : mais la fièvre a repris à cette heure-là. A 9 heures, T : 38°. Le petit malade prend 0 gr. 50 de gentiopicrine.

Nouvel examen du sang. Cette fois je trouve de nombreux croissants. Le sang est profondément infecté : c’est ainsi que pendant que je compte 10 globules blancs, je rencontre 9 croissants, 4 corps amiboiïdes libres, 3 corps intraglobulaires. On est donc en présence d’une fièvre grave.

Globules rouges......... En 3.150.000 Globules:Dlanes:. RPC LE 4.000 FOlYRUCICAITOSE er Ce er re 40

Lymphocytes..... 50

Monacléaires....

Grands et moyens. 10

Dosage d’hémoglobine manqué. Je ne le renouvelle pas dans la suite, répugnant à prendre inutilement du sang à un enfant si malade.

A l h. 1/2, fièvre violente. T — 8905.

A 5h. dusoir, T — 3906. Le petit Jacaues est resté sur son lit toute la journée. Je voudrais lui faire prendre deux cuillerées de sirop illes vomit : il refuse d’avaler 50 centigr. de gentiopicrine mélangés à du miel.

27 septembre. — La fièvre a duré toute la nuit. À 8 h. 4/2 du matin, T — 3903. J'arrive à faire prendre 1 gr. de gentiopicrine dans du miel.

La fièvre tombe vers onze heures. A 2h. du soir, T — 3702. À 5heures, T — 36°7. Serait-ce l’apyrexie espérée? Encore 1 gr. de gentiopicrine et une cuillerée de sirop.

28 septembre. — Au réveil, le père a fait prendre à l'enfant 1 gr. de gentiopicrine, en deux cachets (qu’il commence à bien avaler), mais la fièvre a repris vers 6 heures du matin, moins intense il est vrai que les autres jours.A 1 h. 4/2, je trouve T — 3804. Je fais prendre encore ! cuillerée de sirop ; comme il y a eu du dérangement intestinal pendant la nuit (5 garde-robes) j'associe 0 gr. 50 de bismuth.

AQh.1/2, T — 388. À 5 h. 1/4, T — 38 4. Après un jour d'apyrexie c’est donc encore un jour de fièvre. L'enfant prend ce soir 2 cuillerées de sirop et À gr. de sous-nitrate de bismuth.

29 septembre. — La fièvre est tombée hier soir. Ce matin à 8 h.1/2, T—37. 2 cuillerées desirop. À 3 h.,T — 87°. Le soir, l'enfanta pris encore ? cuillerées de sirop.(A 5 h.1/2 le petit Jacques dormait: pas pris T, mais je me suis assuré qu'il n'y avait pas de fièvre).

30 septembre. — Au matin, T—36°2.Il y à eu dela diarrhée pendant la nuit. cachet, 2 cuillerées de sirop, 2 grammes de bismuth.

A 3h. 1/2,T — 360. Intestin normal. Le soir, { cuillerée de sirop: pas de fièvre.

fer octobre. — 8 h. 1/2, T — 3603. A pris 2 cuillerées de sirop. L’appétit revient depuis quelques jours.

Glabules rouges..:......"7..... 2.990.000 Globulés blancs. 7.07... .,.… 4.800 Mononucléaires (lymphocytes)... 60 Polynucléaires.................. 40

La formule sanguine n’a pas changé. Il y a toujours de nombreux croissants; mais je ne trouve plus de corps amiboïdes libres ni de corps intraglobulaires. La gentiane, malgré l’apyrexie obtenue, n’a donc pas encore fait disparaître l’hématozoaire.

A 2h., T — 3508. A 5 h., T — 3508 (températures sublinguales). 2 cuillerées de sirop le soir.

2 octobre. — Il y a eu de la diarrhée pendant la nuit. Deux cuillerées de sirop que le père a données ce matin ont été vomies. À 8 h. 12, T — 35°8. 2 grammes de bismuth dans la journée ; je suspens la gentiane aujourd'hui.

Ah. 1/2, T — 86. Le soir, à5h. 4/2, il n’y a pas de fièvre.

3 octobre. — À cuillerée de sirop le matin, une autre le soir. De

0,05 de santonine : les parents m'ont raconté que le petit Jacques «a des vers »; pas d'expulsion de parasites, ce que j'aurais dû prévoir, n'ayant jamais trouvé d’éosinophiles dans le sang.

Journée d’apyrexie : à 8 h. 1/2, T — 35°8; à5 h. 1/2, T — 36°3.

4 octobre.— 1 cuillerée desirop le matin, 1 cuillerée desirop le soir.

Encore apyrexie complète. À 9 h. du matin, T — 36°3. À 5 h. du soir, T — 37°, Le petit malade, pour la première fois depuis un mois, a quitté la maison et a été jouer dehors. Mais il est toujours pâle, maigre, sans forces ; l’état général, qui pourtant semble s’améliorer, ne me satisfait pas.

5 octobre. — Ge matin il a pris 1 cuillerée de sirop. A9 h., T — 3708. Cette température, pour l'enfant, étant un peu plus élevée que la normale, je fais avaler devant moi 0 gr. 50 de gentiopicrine.

A 3 b., l'enfant dort paisiblement : il a joué dehors toute la matinée et s’est jeté sur son lit à 2 h. Il n’a pas eu de fièvre.

Ah. 1/2, la peau est fraîche, mais je constate, non sans étonnement, que la température centrale est bien plus élevée que la température périphérique : T — 38°5. À la cuilleréede sirop que leejidé Jacques prend ce soir, j'ajoute © gr.50 de gentiopicrine.

6 octobre. — Nuit bonne. À 8 h.du matin, T — 36°4. Une cuillerée de sirop.

Mais à 2h. 1/2, T — 396. L'enfant a joué dehors toute la matinée. Îl a été pris de frisson à 1 h. et s’est couché. Un examen de sang ne me montre plus un seul croissant, mais un grand nombre de corps intraglobulaires et de grands corps amiboïdes, libres, pigmentés. La gentiane, chez mon petit malade, n’est pas venue à bout de l’hématozoaire ! Et à 5 h. du soir l’enfant a 4001. Malgré cette état fébrile, il dîne et prend encore une cuillerée de sirop.

7 octobre. — La fièvre a duré une partie de la nuit. Ce matin elle est tombée: T = 3607.Mais le soir à 3 h., T — 38°2 (pouls 132); à5 h. encore 382. Je fais encore prendre 1 cuillerée de sirop et un cachet. C’est la dernière tentative de traitement à la gentiane. Depuis le 25 septembre l’hématozoaire n’a pas quitté le sang du petit Jacques et voulant le guérir avant tout, je cesse une expérience dont il ferait lesfrais : son mauvais état général, sa déglobulisation intense me font un devoir de recourir à la quinine. Ma dernière satisfaction a été d'amener un accès de 40° à ne pas dépasser 38°2.

8 oclobre.—La mère a encore fait prendreune cuillerée de sirop au réveil À 9 h. 1/2, T — 865. Je fais avaler 50 centigr. de chlorhy-

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drate de quinine : cette dose n'empêche pas la fièvre de recommencer à midi.

A 5 h., l'enfant a encore la fièvre (T — 38°%5); il devait la garder jusqu'à minuit. Il prend encore 0 gr. 25 de quinine. La quinine, le premier jour, n’a donc pas coupé l'accès.

9 octobre. — A8 h.1/2, T — 36°; 0 gr. 50 de chlorhydrate de quinine. Journée bonne. A 5 h. du soir, T — 3624; encore 0 gr. 25 de quinine.

10 octobre. — A9 h., T — 3608; O0 gr.50 de quinine.

Le soir à 5 h., T — 37°6. Il y a eu un petit frisson vers 4 h. Encore 0 gr. 25 de quinine.

11 octobre: — A9 h. matin, Ÿ — 3692. L'enfant prend 0 gr. 25 chlorhydrate de quinine. Le soir il dort sans fièvre; la journée a été excellente.

Un examen de sang, fait le matin, ne me montre plus un seul croissant : il n’y a plus que quelques très rares corps intraglobulaires, petits. :

12 octobre. — 0 gr.25 de quinine le matin. Apyrexie complète : à9/h., T= 306;365h.1/2, F5: 5364"

13 octobre. — Pas de médicaments. Pas de fièvre. À 9 h., T — 36°2:-à 5 h..4/2, F = 536: x

14 octobre. -- Pas de médicaments. Pas de fièvre. À 3 h. 17/4, T — 3605.

15 octobre. — D'après la méthode préconisée par LAVERAN, je reprends le traitement à la quinine : 0 gr. 50 de chlorhydrate. 3602 le matin, 3605 le soir. L’apyrexie va se maintenir jusqu’à la fin de mon séjour à Aleria.

16 octobre. — 0 gr. 50 de chlorhydrate de quinine. À 8 h. 1/2, T— 302545 h: 4/2 4180602

17 octobre. — 0 gr. 25 de quinine. À 9 h., T— 86°.A 5 h., T —

18 octobre. — Pas de quinine. À 9 h. 4/2, T — 3604. Pas defièvre le soir.

19 octobre. — T — 36° matin et soir.

20 octobre. — À 9 h. 1/2,T — 36°2; à 5 h., T — 3606.

21 octobre. — A9 h.,T — 3604; à 5 h., T —- 86e,

L'état général s’améliore à vue d'œil. Les forces reviennent, l’appétit renaît, la gaîté a fait place à l’abattement. Le petit Jacques joue toute la journée au soleil. Sous l'influence de la quinine j’assiste à

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une véritable transformation d’un être chétif en un enfant qui prend goût à la vie et qui paraît maintenant hors de danger.

22 octobre. — Nouveautraitement à la quinine : 0 gr. 50 de chlorhydrate. À 8 h.1/2, T — 3601, à 5 h. 1/2, T — 37°3.

23 octobre. — 0 gr. 50 de chlorhydrate de quinine.

24,25, 26 octobre. — Bonne santé.

27 octobre. — 9 h. matin, T — 36°7; 5 h. soir, T — 86°4.

28 octobre. — 9 h. matin, T — 36°7.

CODES: OURS LE een 4.080.000 Gionnies blancs. 5... 5.000 HÉROMIDRINE CE ES ETS Er, 9 p. 100

Ainsi, grâce à la quinine, la globulisation a été rapide et intense. Le taux de l’hémoglobine est encore bien faible : mais j’ai bon espoir que cette anémie disparaîtra vite.

Le petit Jacques suivra encore le traitement suivant : {er et 2 novembre, O0 gr. 50 de quinine, 3 novembre, 0 gr. 25; 8 novembre, Ogr. 50 de quinine; 9 et 10 novembre, 0 gr. 25.

Des nouvelles envoyées les 16 et 28 novembre et le 8 janvier m'ont confirmé la guérison complète, sans rechute.

Cette histoire clinique, intéressante à plus d’un point de vue, peut se résumer en trois phases. Dans la première, il y a trois jours de lutte avec la gentiopicrine : pendant ces trois jours, un accès sur trois a été coupé. Puis nous assistons à six jours d’apyrexie qui nous donnent un moment l'espoir d’une guérison. Enfin rechute grave devant laquelle on abandonne la gentiane pour employer la quinine : ce dernier alcaloïde, bien que ne coupant pas le premier accès, amène l'apyrexie absolue et l’amélioration rapide de notre petit malade.

Il y a donc eu un insuccès de la gentiane dans le traitement de cette fièvre quotidienne. A-t-il été absolu? Non, puisqu’un certain nombre d'accès ont été supprimés. Plusieurs causes peuvent expliquer l’échec final. Nous avions affaire à un enfant chétif dont la résistance organique était bien faible el qui était une proie facile pour le paludisme. La déglobulisalion intense, la diminution extrême du chiffre de l’hémo-

globine, la perte des forces el de Pappétit étaient pour nous des causes d’insuccès contre lesquelles il était peut-être téméraire de lutter avec un médicament dont, au premier jour de notre arrivée à Aleria, nous ignorions totalement la valeur thérapeutique. Nous ne regreltons pas néanmoins celte tentative de traitement qui montre bien que, chez un sujet fortement alteint, il faut employer uniquement la quinine, longtemps et méthodiquement.

D'autre part, le traitement à la gentiane n’a probablement pas élé assez intensif, ni assez prolongé. Assistant rapidement à la chute de la fièvre, j'ai cru pouvoir diminuer assez vite les doses de gentiopicrine et d'extrait de gentiane, Ce fut un tort, d'autant moins pardonnable qu’au troisième jour d’apyrexie je constatais encore des croissants dans le sang de l’enfant et que c’était là un signe de danger toujours préseut. Nous avions comme excuse la difficulté d'administration de ce médicament si amer, chez un petit malade qui le prenait avec répugnance, le vomissant parfois, et d'autre part lirritation intestinale que nous ne savions pas encore éviter en donnant, comme nous l’avons fait plus tard, la gentiane uniquement au moment des repas.

Enfin, au point de vue bactériologique, il faut noter que dans ce cas le sang était profondément infecté. L’hématozoaire, on l'a vu par les chiffres cités, y pullulait : et, à côté des formes amiboïdes, on trouvait en grande quantité les croissants, qui, de l’avis général, sont les formes parasitairesles plus difficiles à détruire. Remarquons cependant que si ces derniers se rencontraient encore au 3° jour d’apyrexie, on ne les retrouvait plus au moment dela rechute ; ils avaient fait place aux formes amiboïdes, intra ou extra-globulaires ; la gentiopicrine — on la vu à d’autres observations — est donc parfaitement capable de les faire disparaître.

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OgservarTion VIII

P... (Joseph-Mathieu), 17 ans.

Habite Cateraggio.

A les fièvres depuis trois ans. Quand il les a contractées, elles ont d’abord été quotidiennes pendant quelques mois, puis elles ont pris le type quarte (je ne puis préciser les dates, P... nc se les rappelle pas. Actuellement les accès sont de type indéterminé : ils reviennent de temps en temps, tantôt quotidiens, tantôt à intervalles plus ou moins rapprochés ;ils se produisent en n'importe quelle saison, été comme hiver; cependant, celte année, du 15 avril au 45 mai, il n’y a pas eu de fièvre et P... s’est cru, à cé momentlà, guéri. Is reviennent ordinairement l'après-midi, mais peuvent aussi débuter au commencement de la nuit. Leur intensité est très variable : quand la fièvre est trop forte et que P... est à Cateraggio, il se couche ; mais la plupart du temps il continue à courir la campagne, flänant, pêchant et chassant, ou à travaillerla terre, sans s'inquiéter de son état. Souvent il ne se rend compte de la fièvre, me dit-il, que par le frisson plus ou moins intense qui précède le stade de chaleur.

Le traitement a été nul : de temps en temps, rarement, quand il a eu quelques accès par trop violents, P..., écoutant les conscils paternels, prend un peu de quinine, sans mesure, jamais plus d’un ou deux jours de suite : elle est trop amère ct il ne l'aime pas. C'est pourtant un garçon intelligent, qui devrait comprendre la nécessité de se soigner : mais.il est habitué à sa fièvre, et, bel insouciant, il n'y attache pas grande importance,espérant bien la voir partir toute seule. Le teint est bistré, les muqueuses sont pâles : l’anémic ne paraît cependant pas très intense. L'appétit est excellent. Petit et d'apparence délicate, il est encore assez vigoureux ; il semble plus jeune queson âge.

P... me donne sur les derniers temps de sa maladie les renseignements suivants que son père me confirme. Du 1'* au 18 septembre, période fébrile, l’accès revenant presque chaque jour : il n’y à eu pendant ce temps que deux ou trois jours d'apyrexie. Du 18 au 29 septembre, il n'y a paseu de fièvre. Les 29 et 30 septembre, le Ler octobre, l'accès est revenu chaque après-midi, régulier et vio-

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lent, obligeant le petit malade à se coucher : il débute entre deux et trois heures par un grand frisson; la période de sueur commence vers six heures du soir. Un peu de quinine, il y a un mois, le 1°" septembre; depuis, rien.

2 octobre. — Je vais P... pour la première fois à 3 h. du soir. Il se promène dans Cateraggio, mais vient d’avoir un frisson et s’apprête à rentrer chez lui. Ses mainset son visage sont glacés. Je cause avec lui quelques instants; il me dit que la fièvre vient : la peau est devenue brusquement sèche et brûlante. T — 3995 (fig. 9). Le fiévreux va se coucher. Prise de sang à 3 h.:

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C'est bien là un sang de paludique. Je n'arrive cependant pas, ce jour-là, à trouver d'hématozoaire dans mes préparations.

À 5 h. 1/2, P... est couché, enfoui sous les couvertures. La sueur ruisselle sur son visage, T — 39°7. La rate est énorme : elle descend, dans la fosse iliaque gauche, jusqu’à l’épine iliaque antérosupérieure ; elle arrive à trois travers de doigt de la ligne blanche ; elle est très dure, n’est pas douloureuse.

À prendre 1 gramme de gentiopicrine en 2 cachets, ce soir, à 8 b. et9 h.

3 octobre. — A 9 h. matin, T — 3617. 2 cachets à 9 h. 1/2 et 10 h. 1/2.

À 4h. soir, T— 3702. A5 h. 1/2, T — 36.9. Prend 2 cachets à 6h.et7h.

4 octobre. — 2 cachets à 40 h.

A2h.1/4, T — 3702, 2 cachets ce soir en dinant.

5 oclobre. — À 8 h. 1/2 du matin, T — 36°4. Doit prendre 2 cachets à 9 h. et 10 h. (le second a été vomi).

ASh.,T — 372. P... est mal en train. Il avale un cachet devant moi. À 5 h. 1/2, je le retrouve couché avec une fièvre violente : T — 3908. Les deux jours d’apyrexie précédents, succédant à 4 jours de fièvre, n'ont été qu’une accalmie et m’avaientdonné trop tôt l’espoir d’un succès. Prise de sang à 5 h. 1/2. Pour toute une lame, je ne trouve que quelques petits corps intraglobulaires, pig-

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mentés, et un grand corps amiboïde libre, pigmenté. Pas de croissants.

6 octobre. — A8 h. 1/2, T — 370.1 gr. de gentiopicrine en deux cachets.

A8h.,T — 3608, A 5 h. 1/2, T — 370. Le malade ne prend, ce soir, qu’un cachet au lieu de deux que je lui laisse.

7 octobre. — A9 h., T — 3604; O gr. 50 de gentiopicrine. Il ne prend pas son second cachet à midi.

A 3h.1/2, T— 3701. Un cachet en dînant. A 5 h., T — 3608.

8 octobre. — Le matin le malade ne prend qu'un cachet, au lieu de deux ordonnés. Il prétend qu’ils lui donnent des nausées.

Quand je le revois, à 5 h. du soir, T — 38°. Il se promène, mais commence à avoir quelques petits frissons dans les bras, les jambes, le long de la colonne vertébrale. Il avale un cachet devant moi etdiîne aussitôt, de bon appétit comme à l’ordinaire, mais ne prend pas sa température en se couchant, malgré ma recommandation. Le lendemain matin il m’affirme qu’il n’a pas eu de fièvre, il a bien dormi. Je considère pourtant que la soirée du 8 octobre est marquée par un accès de fièvre : il est passé inaperçu du malade, mais le frisson à 5 h. du soir et la température de 38° me font considérer que l’accès, peut-être léger, a été réel.

9 octobre. — À 9 h., T — 36°4, 1 cachet en déjeunant.

A 5 h. du soir, T — 3607, 1 cachet en dinant.

10 octobre. — À pris un cachet ce maiin (au lieu de deux laissés), un le soir. À 5 h., T — 3607.

11 octobre. —.A 9 h. 1/2, T — 3607. Craignant de me trouver en présence d’une fièvre quarte (accès des 5 et 8 octobre), je fais prendre deux cachets à onze heures en déjeunant, et jerecommande d'en prendre encore deux vers 3 h. et 4 h. : ceux-ci ne sont pas avalés.

À 5 h. du soir, T — 3709. Quelques petits frissons. Prise de sang : corps intraglobulaires pigmentés, petits ou grands, pas très nombreux. Un cachet est avalé devant moi. P... dine de bon appétit à 5 h. 1/2, et quand il se couche à8 h. prend lui-même sa température sublinguale : T — 38°9. Et pourtant le lendemain il me dit qu'il ne s’est pas aperçu de sa fièvre !

1 2.octobre: "4 2h22" T— 3607 À 5h. 1/2, T — 3607. Prend 2 cachets le soir.

13 octobre. — À 9 h. du matin, T — 364. Un cachet à 7 heures, un autre à midi, un troisième vers 4 heures.

A 5h. 1/2, T — 88. P... se promène et quand je lui demande s'il n’a pas ressenti quelque frisson me dit s’apercevoir seulement de la fraîcheur du soir. La peau est normale. Mais à 7 heures, T — 38°7 : cette fois le petit malade a bien senti sa fièvre qui a duré une

partie de la nuit.

. 1# octobre. — Puisque la gentiopicrine à elle seule est incapable de guérir ce paludisme invétéré, le glucoside amorphe qui l'accompagne dans l’extrait alcoolique aura-t-il plus d'efficacité ? J'essaie de faire prendre à P... deux cachets à 8 heures et midi, en lui recommandant d'y joindre chaque fois 2 cuillerées de sirop : mais il trouve la préparation trop amère, et me la rend sans vouloir en user.

À 10 heures, T — 37°2. Mais le soir à G heures, T — 39 : notre petit malade, au reste, ne s’est pas aperçu de sa fièvre, il ne devait la ressentir que dans le courant de la nuit.

La bataille est donc perdue avec la gentiane. Je ne l'ai prolongée si longtemps que parce que le sujet fait sa fièvre sans presque s’en apercevoir, sans en souffrir; le fait se rencontre parfois chez les vieux paludéens. Je recours désormais à la quinine.

15 octobre. — 1 gr. de chlorhydrate de quinine, le matin. Le soir à 5h., T — 3609.

16 octobre. — 1 gr. de chlorliydrate de quinine. Le soirà5h., T— 3704.P... à eu la fièvre pendant la nuit, me dit son père le lendemain matin : il l'a trouvé brülant dans son lit. Quant au jeune homme, il dormait et ne se rappelle rien. 5

17 octobre. — 1 gr. de chlorhydrate de quinine. À 5h. soir, T OS

18 octobre, — 0 gr. 50 de quinine.

19 octobre. — Pas de médicaments. Le soir à 5 h. 1/2, T — 370.

20 octobre. — Pas de traitement.

21 octobre. — Le soir, T — 372. P... me dit qu'il a eu la fièvre pendant la nuit du 20 au 24. Je n'ai pu le rencontrer le soir

- du 20 octobre.

22-27 octobre. — P... part à la montagne, le 29, faire la provi-

| sion habituelle de châtaignes. [l ne redescend que le 27. Naturelle-

ment il ne se soigne pas pendant ce temps. Il n’a pas eu de fièvre, m'assure-t-il, pendant son « émigration »,

27 octobre au soir, T — 37°.

28-29 octobre. — 1 gr. de chlorhydrate de quinine chaque jour. Le 29 au matin, T— 3698. Demain matin, le malade prendra encore 0 gr. 50 de quinine.

Je lui laisse en partant des cachets de chlorhydrate de quinine, de 50 centigrammes chacun : la quinine ainsi présentée ne lui répugne pas. Chaque semaine, pendant un mois, il prendra, le lundi et le mardi, 1 gr. de quinine, 50 centigrammes le mardi. Peut-être ainsi, par un traitement méthodique et prolongé — s’il est suivi — P.... guérira-t-il un paludisme qui n’avait jamais été soigné.

À la date du 16 novembre, il n’y avait pas eu de rechute.

L'histoire de ce garçon de 17 ans est un échec complet de la gentiane. Deux accès ont peut-être été coupés par elle les 3 et 4 octobre, après 4 jours de fièvre quotidienne; les accès ultérieurs ont peut-être été moins violents. Mais les rechutes ont été si nombreuses qu’il faut reconnaître son impuissance dans le cas actuel.

Les doses employées ont-elles été trop faibles ? C’est possible : mais lindocilité du sujet ne m’a pas permis de pousser le traitement aussi vigoureusement que je l'aurais voulu. Remarquons aussi que nous avions affaire à un paludisme vieux de 3 ans, à marche irrégulière, qui n’avait jamais été traité. C’est à la quinine seule qu’il faut avoir recours dans des cas analogues.

En résumé, si l’on met à part l’observation VIII, on voit que les glucosides de la gentiane ont toujours coupé les accès de fièvre intermittente. Ceci est un fait indéniable ; et même l’insuccès relaté dans l’observation VII pourrait ne pas passer pour un échec absolu.

La guérison du paludisme complète, définitive, a-t-elle été obtenue? Oui, assurément, dans les observations I, II, IT et IV. Dans l'observation V, nous avons assisté pendant un mois à une apyrexie qui nous a fait croire à une guérison :

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on à vu comment, après notre départ, des phénomènes fébriles se sont de nouveau montrés. Dans l'observation VI, il y “a eu rechute au bout de 15 jours: le traitement à la gentiane continué plus longtemps aurait peut-être amené un résultat plus satisfaisant. Enfin, dans l’observation VII nous avons volontairement interrompu une médication qui avait pourtant donné des résultats encourageants : le danger nous faisait un devoir de recourir à la quinine.

Les glucosides de la gentiane arrivent donc toujours à couper des accès de fièvre paludéenne : ils peuvent à eux seuls amener la guérison du paludisme. Qu'ils soient moins actifs que la quinine, nous sommes le premier à le reconnaître: et nous ne voudrions pas comparer comme puissance et rapidité d’action la gentiopicrine à cet alcaloïde. Il n’en est pas moins vrai que la gentiane est un fébrifuge qu’il ne faut ni oublier, ni dédaigner, et qui, dans des cas où la quinine n’a pas donné tout le succès attendu, peut être appelée à rendre des services.

La constatation de l’hématozoaire a été faite dans six de nos observations. Trois fois nous avons eu affaire aux corps en croissants, réputés les plus difficiles à guérir : ils avaient disparu du sang de nos malades au bout de trois jours dans un cas (II), au bout de sept dans l’autre (1): ils n'étaient plus présents dans le sang du petit Jacques (VIT) au moment de la rechute. La lutte semble avoir été plus difficile contre les formes amiboïdes ou intraglobulaires.

La lymphocytose a persisté longtemps, alors que l’hématozoaire avait disparu du sang périphérique. Il faut voir läun phénomène analogue à celui qui se passe quand on donne de la quinine aux paludéens : il n’y a pas de variation brusque dans l’équilibre leucocytaire, alors que la fièvre a disparu depuis quelque temps déjà. Nous nous sommes assuré que chez

l'homme sain lusage de la gentiopicrine n'amène pas de

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changements dans les proportions relatives des diverses variétés de leucocytes.

La dose de gentiopicrine capable de couper un accès est assez variable et ne peut être fixée de façon rigoureuse : nous avons réussi avec 1 gr. dans certains cas et nousavons échoué avec 2 gr. et 2 gr. 50 dans d’autres. La dose de 1 gr. 50 à 2 gr. paraît cependant propre à couper la majorité des accès. On la prendra plusieurs heures avant l’arrivée probable de la fièvre, afin d’entraver les phases de segmentation de l’hématozoaire.

Pourrait-on,comme pour la quinine, prendre ce glucoside à intervalles plus ou moins éloignés ? C’est très probable : mais nous n’avons pas osé tenter l'expérience et nous avons donné des doses quotidiennes de gentiane à nos malades : nous tenions avant tout à la guérison etnous ne nous sentions pas assez sûr de notre médication pour risquer des rechutes.

Nous avons l'impression que le glucoside amorphe est moins actif que le glucoside cristallisé, Ce n’est là qu’une opinion, car il aurait fallu traiter un cas uniquement avec de la gentiamarine. L’extrait titré que nous avons employé en sirop contenait des poids égaux de glucosides amorphe et cristallisé. L'action de la gentiopicrine a été avantageusement prolongée par l’emploi de ce sirop. ;

On a vu les petits écueils de la médication et le moyen de les éviter : par l’association de la gentiopicrine aux aliments on supprime toute irritation intestinale; en suspendant de temps en temps l'usage de extrait, on n’aura pas à craindre les douleurs d'estomac qui se montrent à la longue. Nous conseillerions même,à cette fin, d'employer un extrait alcoolique repris par l’eauetainsidébarrassé des graisses et des glucosides insolubles ; celui dont nous nous sommes servi contenait encore les substances précitées, ce qui pouvait être une cause d’irritation pour la muqueuse stomacale.

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