CONCLUSIONS
Rappelons brièvement les principaux faits nouveaux mis en lumière dans ce travail :
1. — La gentiopicrine, que Kromayer a découverte en 1862 dans la racine fraîche de gentiane, ne peut se préparer que difficilement d’après les procédés connus. Mettant à profit sa solubilité dans lPéther acétique hydraté, nous en donnons un mode de préparation nouveau et pratique. |
La formule de la gentiopierine n’est pas C2? H#0%, comme l'avait cru Krowayer : celle qui résulte de nos recnerches est C!6 HO. Selon les solvants employés, la gentiopicriné. cristallise anhydre ou hydratée et fond à 91° ou 1220. |
Son dédoublement sous l'influence de lémulsine fournit du glucose el de la gentiogénine, blanche, cristallisée, selon l'équation
CI H% O9 + H20 — C6 H2 O6 + C0 H10 Qt
Le produit appelé gentiogénine par Kromayer est un produit amorphe qui est à la gentiogénine vraie ce que la salirétine est à la saligénine.
A côté de la gentiopicrine existe un glucoside amorphe, la gentiamarine, qui résulte probablement de l’action des ferments de la gentiane sur la gentiopicrine. Ces ferments sont de deux sortes : l’un hydratant, l’autre oxydant. Nous avons essayé d’élucider, x vitro, le mécanisme de leur action. Le procédé qui nous a permis d’isoler la gentiamarine constitue une méthode nouvelle de recherche, qui pourra conduire à la découverte de nouveaux glucosides.
Nous décrivons un troisième glucoside, accompagnant les
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deux précédents : la gentiine, Dent le premier glucoside connu donnant du xylose dans ses produits de dédoublement.
Des graisses de gentiane nous avons isolé une cholestérine qui paraît nouvelle : ce serait la gentiostérine.
Nous avons fait l'analyse immédiate d’un extrait alcoolique de gentiane fraiche. Le procédé que nous employons nous a permis d’en établir la composition à 1 p. 100 près.
IT. —La gentiopicrine jouit de propriétés purgatives marquées.
Elle tue rapidement les infusoires, ce qui permet d’expliquer son action sur l’hématozoaire du paludisme.
IT. — Nous avons rappelé que la gentiane était un fébrifuge fort usité avant la généralisation du quinquina et la découverte de la quinine.
Comme cette plante indigène est encore un remède popu-
laire en Corse contre les fièvres intermittentes, nous sommes allé expérimenter la gentiopicrine dansles cas de paludisme, Grâce aux glucosides de la gentiane, nous sommes arrivé à couper les accès de fièvre : ces glucosides peuvent à eux seuls amener la guérison de la maladie. Bien qu’ils soient moins actifs que la quinine, ils pourront sans doute rendre quelque service quand cet alcaloïde n’aura pas donné tout ce qu’on attendait de lui.
Nous avons montré combien il serait désirable de remplacer les préparations actuelles de gentiane par d’autres obtenues à partir de la racine fraiche : on aurait ainsi des produits contenant les glucosides inaltérés et où on pourrait les doser facilement par la méthode que nous avons donnée.
Vu : Le Doyen, 3 Vu: Le Président de la thèse, Derove. DeBove.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, L. Lrarp.
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