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VARIATIONS DU CORDON LITTORAL DANS LE TEMPS

Le cordon littoral, en beaucoup de points, est unique. C’est pourquoi il est intéressant de constater l'existence, dans la région

de Ouidah (1), de plusieurs cordons littoraux successifs, formés à des époques différentes.

Cela montre bien le recul brusque de la mer sur une zone d’une certaine largeur, pour des causes que nous ignorons, d’ailleurs. Les cordons littoraux de Ouidah et les lagunes qu'ils isolent sont, du sud au nord, les suivants (fig. 22) :

Fig. 22. — Cordonslittoraux successifs entre Ouidah-plage et Ouidah. 4. Terre de barre ; 2. Argile (lagunes) ; 3. Sable (cordons littoraux).

A. — Cordon littoral actuel (environ 500 mètres de large), assez élevé (5 à 6 mètres) formé de sable, sur lequel poussent des cactus et quelques cocotiers.

B. — Lagune (1 kil. environ) (PI. XIV, 2) tapissée de vase molle, entièrement recouverte d’eau pendant l'hivernage, et formant en saison sèche un puissant marais, avec des roseaux et des plantes à bulbes. L'eau recouvre la partie centrale de cette lagune sur 200 mètres environ, avec une profondeur maximum d'un mètre.

GC. — Cordon littoral ancien, moins élevé que le premier, large de 200 mètres environ, et dont le sable, qui a pris une coloration rougeâtre est aujourd'hui compact. La végétation arborescente s'en est emparée.

D. — Dépression marécageuse de 400 mètres de largeur environ, tapissée de vase passant à l'état de dépôt ancien. E. — Nouveau cordon littoral, également ancien, riche en

sables marbrés. L'aspect de ce cordon littoral est moins net que le précédent.

Aussitôt après apparait la terre de barre, dont la présence témoigne de l'ancienneté du dépôt. Il s'y trouve intercalée une couche de sable gris argileux à éléments légèrement plus volumineux qui marque toujours, dans cette région, l'existence d’un basfond autrefois inondé.

1. Au Dahomey, on dit « de Ouidah » et non pas « d'Ouidah » parce que ce mot s'écrivait autrefois Whydah.

F. — On retrouve cette association (terre de barre, sable gris) le long de la voie ferrée, au kil. 40. Puis la terre de barre superficielle disparaît au profit du sable blanc seul, légèrement cimenté par l'argile en un grès très friable. En même temps, le sol présente une dépression notable, rappelant très bien le fond d’une ancienne lagune, aujourd'hui fixée. L'endroit demeure encore marécageux, bien qu'habité, et on y trouve en abondance des coquilles d’huitres identiques à celles de la lagune actuelle. Un puits de 3 mètres de profondeur, au kil. 41, montre toujours la même formation, ce qui vient fortifier l'hypothèse d’une lagune ancienne. |

G. — Au kil. 41,2, le sable argileux blanc disparait, et en même temps que le sol se relève rapidement, la terre de barre affleure de nouveau, cette fois d'une façon définitive (1).

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