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CONSTITUTION DU CORDON LITTORAL

Elle est très uniforme. Comme exceptions il n’y a qu'à signaler : d’une part, la trituration mécanique effectuée à la Bouche du Roi, où la magnétite se trouve isolée et s'accumule au pied d'une petite falaise souvent remaniée ; d'autre part, les sables marbrés à Ouidah Ceux-ci sont produits précisément par le mélange de sable blanc et de sable rouge : le second ne différant guère du premier que par l'hydratation de minéraux ferrifères dans la masse. On trouve du reste des traces de passage entre les deux types de sables. Ce dépôt affecte des sections très peu développées et sinueuses quiindiquent un point où les eaux étaient constamment agitées.

Les Lagunes CARACTÈRES GÉNÉRAUX La conséquence de la formation du cordon littoral est l’établis-

sement des lagunes. Au Dahomey ce nom est appliqué indistinc-

4. Dans la fig. 22, la largeur de cette dernière lagune est beaucoup moins étendue que je l'indique ici. Cela tient à ce que la ligne du chemin de fer traverse très obliquement cette lagune tandis que le profil ci-joint la coupe normalement,

tement à deux types différents de dépressions voisines de la mer et dont les eaux présentent alternativement des courants opposés, suivant le surcroît qu’elles reçoivent de l'océan ou des fleuves. Les lagunes du premier type (PI. XIV, 2) forment une ligne ininterrompue parallèle à la côte, communiquant avec la mer par des passes peu profondes et fort éloignées les unes des autres ; leurs eaux sont saumâtres. Les lagunes du second type s'enfoncent profondément dans l'intérieur ; elles sont le plus souvent les déversoirs des rivières côtières dans la lagune littorale. Topographiquement on pourrait les assimiler à des embouchures, mais elles s'en distinguent en ce qu’elles ne sont parcourues d'aucun courant constant : pendant l'hivernage elles sont remplies par les eaux des rivières qui s'écoulent vers la mer ; en saison sèche elles sont envahies parles eaux plus ou moins saumâtres de la lagune littorale, qui remontent, puis demeurent stagnantes.

Ce système lagunaire se complique encore par l'existence de lacs plus ou moins étendus et d'une zone marécageuse importante

Les lacs, qui sont évidemment d'anciennes échancrures de la côte isolées à la suite de la formation du cordon littoral, se déversent aujourd'hui dans les lagunes (lac Ahé) et les font communiquer (lac Nokoué). Quant à la zone marécageuse, elle s'étale parfois sur plusieurs kilomètres (jusqu'à 10) au nord de la lagune littorale.

Le système lagunaire est recouvert d'une épaisseur d’eau variable suivant les saisons, mais toujours faible.

La zone marécageuse proprement dite est à sec plusieurs mois par an. Quant à la lagune littorale entre Ouidah et Cotonou, elle a une profondeur insignifiante (1) ; entre Ouidah et Grand-Popo elle a de 0 m. 20 à 2 mètres ; enfin le lac Ahé, le lac Nokoué ont des fonds variant de 1 m. à 1 m. 80. Seul le chenal de Cotonou est, en certains endroits, beaucoup plus profond : des sondages effectués par le Service des Travaux publics y ont révélé des

1. En plusieurs endroits elle a été comblée pour le passage de la voie ferrée (Pahou-Godomey). Les récits de missionnaires datant d’une cinquantaine d'années (P. Lafitte, P. Borghéro) montrent qu’à cette époque la lagune n’était déjà plus praticable aux embarcations. Si donc on pouvait se rendre autrefois en pirogue de Porto-Novo à Grand-Popo, c'est à uneépoque antérieure.

fonds de 3 m. 40, 5 mètres et 6 mètres, ce dernier cas étant cependant exceptionnel.

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