FORMATION DE SOUFRE
M. le Gouverneur Liotard a bien voulu me faire connaitre l'existence d'un gisement de soufre qui lui avait été signalé dans le Cercle du Mono. Ce gisement se trouve à environ 1.500 mètres du village d'Adjaha, à proximité d'un marigot qui traverse le sentier de Povedji. Il est recouvert par les eaux à la saison des pluies. Une excavation, creusée en ce point, atteint le niveau hydrostatique à 1 m. 60 de profondeur. On y trouve successivement les formations suivantes :
3) Mélange de sable et d'argile (0 m 30) déposé par les eaux superficielles.
2) Argile grise traversé de petits filonnets de soufre concrétionné. Ces petits filonnets, très aplatis, s'anastomosent fréquemment (0 m. 25) (1).
1) Argile de plus en plus compacte, bleue, sorte de glaise.
Lorsqu'on creuse, on perçoit une odeur d’anhydride sulfureux très caractérisée, même avant d'avoir atteint la seconde couche. Cette seconde couche possède une température bien supérieure à celle de la surface, parfaitement appréciable au contact de la main ; sans doute due à des causes superficielles.
La seule hypothèse plausible relativement à la formation de ce soufre est la réduction, par des fermentations, des matières organiques des sulfates d'origine marine qui ont été incorporés à l'argile et qui ont pu se réunir en minces couches par un phénomène de concentration moléculaire. Cette décomposition chimique est fréquente dans un grand nombre de terrains sédimentaires.
1. Les indigènes m'ont affirmé avoir trouvé en ce lieu des morceaux de soufre volumineux (grosseur du poing).