ALLUVIONS LITTORALES
Ce sont les apports de la mer (sable) et des fleuves au delà de leur embouchure (vase).
Les sables marins déterminent l'établissement du cordon littoral, dont la largeur est rapidement augmentée par l'adjonction des apports des fleuves ; les vases surtout tapissent le fond des lagunes et la zone marécageuse avoisinante. Cette dernière, recouverte normalement d'une très faible quantité d'eau, avec quelques dépressions accentuées, peut s'étendre très loin dans l'intérieur. En dehors du delta de l'Ouémé, qu'elle occupe en entier, elle est surtout développée au sud du lac Ahé (où elle atteint 10 kilomètres de large) à partir de Guézin.
La vase est composée d'argile (avec une proportion de sable généralement très faible) et de matières organiques. On a vu celles-ci se transformer en charbon près de Grand-Popo. Un gisement de même nature, mais de moindre importance, se trouve à Adjaha, au bord de la lagune, et il est probable qu’il en existe beaucoup d'autres. À Guézin, la présence des matières orga-
niques dans les eaux du lac produit un dégagement d'hydrogène sulfuré. Ce fait est à rapprocher de l'existence du gisement de soufre d'Adjaha.
La végétation est abondante sur les lagunes où elle rend parfois impossible à saisir la limite de la terre ferme. Elle est surtout représentée par des roseaux et des palétuviers. Les dépôts successifs qui se forment le long des tiges de ces dernières plantes sont un précieux moyen de connaître les variations de niveau des lagunes s’enfoncant dans l'intérieur. On sait ainsi que les variations de niveau dans la lagune d’Adjaha sont d'environ un mètre entre deux saisons.
La largeur des lagunes est évidemment très variable. Celle de Porto-Novo atteint 7.500 mètres au point où débouche la branche septentrionale de l'Ouémé, mais ce cas est exceptionnel : la largeur moyenne est de quelques centaines de mètres pour les lagunes parallèles à la côte. Quant aux lagunes de l'intérieur elles se rétrécissent très rapidement dès qu'on s'éloigne du littoral.
On a déjà vu plus haut la formation d'un grès grossier, dans la lagune, entre Ouidah et Grand-Popo, à Nigohoué et au voisinage d'Agogo. Bien que son ciment soit argileux, ce grès est assez résistant. Il forme une couche d'environ 8 centimètres d'épaisseur, au-dessous de laquelle on retrouve le sable du fond de la lagune. À marée basse, il affleure à la surface de l’eau. De nombreux mollusques se développent à sa surface.
Parmi les alluvions littorales, je crois devoir comprendre celles qui forment les bords de la partie méridionale du lac Ahé, tapissés le plus souvent de-vases très fines provenant du Couflo et déposées faute d’un courant suffisant pour les entrainer à la mer. De Zounta à Guézin, on trouve presque constamment des marécages, séparés par des étendues sableuses plus ou moins consi-
dérables, notamment au voisinage de Hueyogboué.
Le lac Ahé se déverse dans la lagune de Grand-Popo par un chenal, l'Aho, qui, à Nazoumé, mesure de 100 à 150 mètres de large. En ce point seulement et plus au nord, la rive orientale de ce chenal s'élève assez rapidement : elle est marquée par la présence de la terre de barre et du sable qui en provient par les-
sivage. Quant à la rive occidentale. elle appartient à la zone maré-
cageuse du système lagunaire.