ALLUVIONS FLUVIATILES
Ce sont celles que les fleuves ont laissées de part et d'autre de leurs rives après chaque crue. Il est évident que ces dépôts n'existent pas seulement dans la région qui nous occupe, mais il n'y à que là où ils soient étendus et puissants (1). C'est notamment le cas pour le delta de FOuémé, pour le Mono au sud d'Alovicoté, et pour le bas Coullo.
A) Delta de l’'Ouémé.
Le delta de l'Ouémé occupe tout le fond d'un ancien golfe marin dont le lac Nokoué représente aujourd'hui le dernier vestige. Il commence vers Dogba. A partir d'Adjohon, la falaise qui bordait la rive gauche s'en écarte rapidement, tandis que, vers l'ouest, la plaine s'étend au delà du Sô. Le delta proprement dit est inondé aux hautes eaux, sauf en quelques points très localisés, comme Kyésounou, par exemple. D'une manière générale, l’épaisseur des alluvions diminue à mesure qu'on progresse enaval ; elles dominent très peu le niveau des basses eaux et forment le bourrelet caractéristique des dépôts argileux de fleuve. Les points les plus élevés au-dessus des basses eaux sont : la rive droite à Kyésounou (1 mètre) et à Affabodji (plus d'un mètre) ; la rive gauche à 1 kil. en aval d’'Affabodji (quelques mètres). Au point où se divise l'artère principale, immédiatement avant de se jeter dans la lagune de Porto-Novo, la berge la plus élevée ne domine les basses eaux que de 0 m. 50 à peine.
Les variations de niveau du fleuve, indiquées à la hauteur d'Affabodiji par les pilotis et les érosions des rives surélevées, dépassent certainement un mètre.
4. I ne s’agit ici que des fleuves côtiers. Le Niger et le bassin de la Volta seront éludiés dans un autre chapitre.
B) Cours du bas Mono.
La nature des alluvions du bas Mono est plus variée, Jusqu'à Adinacondji, ce sont des argiles, identiques à celles que le fleuve à amenées dans les lagunes; puis, en amont, ce sont des argiles et des sables, souvent superposés, ces derniers étant, d'une manière générale, d'autant plus abondants qu'on s'’avance davantage vers le nord.
EMBOUCHURE A ATIHÉMÉ
Le lit du fleuve est établi dans ces alluvions, qui forment des rivesescarpées depuis l'embouchure jusqu'à Adinacondiji ; puis, en amont, la rive concave seule est toujours abrupte : des fèches de sable venant se coller contre la rive convexe. La hauteur de ces berges au-dessus des basses eaux augmente régulièrement à partir de l'embouchure (0 m. 60) jusqu'à Adinacondji (4 m.), après quoi elle est variable, mais atteint très fréquemment le dernier de ces deux chiffres, sans le dépasser notablement toutefois.
Fig. 24. — Alluvions formant les berges du Mono en aval d’Alhiémé.
Les variations de niveau du fleuve sont très importantes. Elles sont de 0 m. 50 à 1 mètre vers l'embouchure, et fréquemment de 3 mètres à la hauteur d’Athiémé.
Galo est le seul point, entre la lagune et Adinacondji, où la berge ne-soit pas exclusivement argileuse. On y trouve, sous une épaisseur de terre végétale d'environ 0 m. 50, une succession, sur 2 mètres, de couches successives d’argile compacte rougeûtre et de sables argileux qui plongent régulièrement vers le sud. Des formations analogues, mais beaucoup mieux développées, se trouvent à Athiémé.
Le gisement le plus typique de cette dernière localité est celui qui se déploie, pendant 300 mètres, immédiatement en aval du Poste. On y trouve les couches suivantes (Fig. 24) :