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LES MASSIES CRISTALLINS DE LA RÉGION CENTRALE

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

On peut dire que les régions dont il sera question désormais, dans ce chapitre et dans les suivants, font partie du puissant massif cristallin ancien occupant la presque totalité des territoires compris dans l’ensemble de la Boucle du Niger. Il ne faut cependant pas croire que les roches éruptives où métamorphiques s’y rencontrent d'une facon exclusive. On trouve au contraire, sur de très vastes espaces même, des formations sédimentaires ; mais celles-ci ne représentent que des îlots recouvrant le sous-bassement cristallin, qui reparaît tout autour.

La région centrale de la colonie, qui fera l’objet de ce chapitre est caractérisée, au point de vue du modelé, par une vaste plateforme dont l'altitude varie entre 200 et 400 mètres, et sur laquelle se dressent de petites chaines, d'orientation N-$. au sud, N.N. E-S.S.W au nord. Au point de vue pétrographique, elle est presqu'exclusivement formée de granites et de gneiss, dont les affleurements se retrouvent très souvent à quelques centaines de mètres seulement l’un de l’autre : c’est dire avec quelle précision peuvent être indiquées sur la carte, dès maintenant, les variations de la constitution du sol.

Cette région est extrèmement vaste. Elle commence à la bordure septentrionale de la Lama, et se poursuit jusqu'à l'Atacora et jusqu'aux plateaux gréseux des bords du Niger, qui commencent au nord de Banikoara et à Zougou.

A l'ouest, elle se prolonge très loin dans le Togo. A l'est, sous la même latitude, on la trouve dans la Nigeria anglaise, où elle dépasse certainement la vallée du Niger.

Dans la série des granites et des gneiss, les roches de la région centrale présentent des variations assez notables. Comme il n'est du reste point possible d'embrasser d’un seul coup une zone géologique aussi vaste, je l'ai divisée en une série de petites régions que j'étudierai séparément : chacune. d'elles étant généralement caractérisée par une particularité, parfois très faible, il est vrai, dans la constitution pétrographique.

Dans toutes les régions où les roches cristallines acides dominent, la plupart d'entre elles ont subi des actions mécaniques puissantes. On verra plus loin les hypothèses que je fais quant à leur’ genèse. Mais comme je considère qu'il est actuellement impossible, dans beaucoup de eas, de distinguer avec certitude les roches éruptives pressées (orthogneiss) (1) des gneiss qui sont dus soit à un métamorphisme de contact, soit à un métamorphisme dynamique (paragneiss), et qu’on ne peut pas non plus exprimer les variations infinies d’allure de toutes ces roches, j'ai adopté, pour la partie descriptive, les termes suivants :

Granite. — Roche nettement éruptive, caractérisée par l’association de feldspath acide, de quartz et de mica, amphibole ou pyroxène. Ces éléments sont répartis d’une facon homogène dans toute la roche et les minéraux ferro-magnésiens ont généralement cristallisé avant les éléments blancs.

Gneiss. — Roche non nettement éruptive dont tous les éléments apparaissent orientés, du moins dans les grands échantillons. On peut y rencontrer la biotite partiellement individualisée avant les feldspaths, mais en outre on l'y trouve très abondamment développée postérieurement aux éléments blanes, soit en lits, en zones, ou encore en plages remplissant comme les vides

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