AFFINITÉS DE LA LAMA ET DES RÉGIONS VOISINES
Cette zone, comme on voit, empiète sur les limites que j'ai assignées d'abord à la Lama. Nous possédons maintenant de nom-
breux arguments pour prolonger celle-ci jusqu'au delà du Mono : la partie comprise entre le lac Toho, la rivière Sazué et le Mono en amont de Médenta en devenant comme une annexe. Ce sera comme une partie qui aura plus rapidement évolué, qui se sera
légèrement modihée,mais voilàtout. Dans les pages qui précèdent,
jai accumulé les preuves d'une telle démonstration. Je les énumère 1CI.
1° Les formations géologiques qui semblent occuper la totalité de la surface de la Lama traversent le cours actuel du Mono.
2° La région marécageuse reprend au delà de la rive droite du Mono, occupant une importante surface dans le Togo.
3° La vallée du Mono s’est étendue jusqu'au Toho et au delà de la rivière Sazué, comme le prouvent les terrasses de galets. Nécessairementelle ne se différenciait guère de la région devenue la Lama. :
4° Aucune hauteur notable ne se rencontre aujourd'hui encore entre le Mono et la rivière Sazué. Bien mieux, quoique l'altitude de la seconde soit supérieure à celle du premier, ils n'en communiquent pas moins entre eux par les dépressions perpendiculaires à leur direction.
5° Enfin la Lama et la région comprise entre le plateau des Adjas etle Mono ont un relief analogue, savoir : une région basse partiellement submergée aux pluies, au milieu de laquelle se dressent quelques plateaux isolés (Pendji, Agbodji, Locossa, Houin).
Sans doute, il serait imprudent de vouloir identifier cette zone avec la Lama, avec laquelle ellene communique pas largement, et dont la différencie son évolution actuelle. Mais il conviendra de ne pas oublier, lorsqu'on sera amené à faire une étude de détail, que les deux régions ont, du moins pour la plus grande partie, une origine identique et qu'elles ont conservé de nombreux points communs. L'individualisation du cours du bas Mono, à une époque récente, bien après que la mer tertiaire s'était retirée, est sans doute la cause la plus importante de la différenciation de ces deux contrées limitrophes, puisque la région marécageuse se retrouve de part et d'autre de ses rives.
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Ainsi les terrains sédimentaires de la région côtière du Dahomey se seraient individualisées depuis l’époque éocène jusqu'à nos jours. La seule formation d'âge géologique appréciable est la région calcaire qui traverse toute la colonie à la hauteur du 7° parallèle. Postérieurement à cette formation on trouve des dépôts continentaux dont les plus anciens sont les grès du plateau des Adjas quisurmontent immédiatement les calcaires. Puis viennent les grès du plateau de Dogba et les formations recouvertes de ce dépôt détritique auquel on a donné le nom de terre de barre. Enfin, contre l’ancien rivage constitué par ce dépôt, la mer est venue appliquer un cordon littoral tout récent, lequel a déterminé l'établissement de lagunes. En même temps, les principaux fleuves laissaient de puissantes alluvions de part et d'autre de leur cours et comblaient peu à peu les anfractuosités de la côte ancienne : le plus puissant d’entre eux, l'Ouémé, y créant même un important delta.