LE MOYEN MONO
Je comprends dans ce premier paragraphe les territoires francais qui font partie du, bassin du Mono, au-dessus d'Alovicoté. La limite septentrionale de ce bassin se trouve sur la route de Thoun (1) à Agouna, au voisinage d'Avégamé ; bien que cette limite n'ait aucune valeur au point de vue géologique, je l'adopterai pour la commodité de la description.
Cette région comprend deux parties bien distinctes. La vallée du fleuve, où les granites et les gneiss affleurent d'une façon presque constante, et les territoires avoisinants, où les masses détritiques masquent souvent la roche sous-jacente. Le versant français s'élève rapidement au-dessus du fleuve pour former une sorte de plateau (Parahoué) à l'extrémité septentrionale duquel, à Thoun, apparaissent quelques formations gréseuses, analogues à celles du plateau des Adjas.
A) Le Mono, d’Alovicoté au rapide d’Adjarala.
Dans cette partie, le lit du fleuve est encore creusé dans les alluvions qui ont été déblayées ; mais celles-ci ont une épaisseur d'autant moins grande qu'on remonte davantage vers le nord, et vers Oumkémé elles finissent par disparaitre presque complètement. Le courant à mis à nu les affleurements rocheux, et il est aisé d'examiner ceux-ci, puisque pendant la saison sèche, le fleuve est réduit à un mince filet d'eau. Ce sont surtout des gneiss, traversés de filons éruptifs (granite principalement) qui les ont fréquemment injectés.
1. On écrit Thoune, Thoun ou Toun. Les indigènes disent souvent Tohon.
H. HUBERT. — Mission scientifique au Dahomey.
LE MONO À ATHIÉMÉ (basses eaux).
LE BAS COUFKFO (saison sèche).
(Palétuviers),
Cliché
Cliché
H. Hubert.
H. Hubert
est utile de signaler dès maintenant le peu de variations dans l'orientation des affleurements gneissiques d’une même région. [l y à d'ailleurs trois éléments susceptibles d’une orientation propre pour un même massif.
1° Les minéraux mêmes de la roche ou bien les plus grands d’entre eux (feldspaths) sont disposés de telle manière que leurs plus grandes dimensions soient parallèles ; ou bien ils sont groupés en lits de mème direction. Dans les deux cas il se forme des plans de schistosité parallèles, soit sinueux, soit rectilignes. Lorsqu'ils sont rectilignes, leur trace sur le plan d’affleurement offre une orientation qui peut être caractéristique.
2° L'affleurement tout entier, grâce à l'existence des plans de schistosité rectilignes, vient présenter lui aussi, dans son ensemble, une orientation. Celle-ci n'a d'intérêt que lorsqu'elle coïncide avec la précédente.
3° Les hauteurs qui composent un massif peuvent présenter, elles aussi, une orientation typique, soit indépendante de celle des feuillets gneissiques (si leur formation est due à des causes tectoniques), soit identique à celle des feuillets gneissiques si ces accidents ont été individualisés par l'érosion. Ce dernier cas est très fréquent au Dahomey.
Les orientations que je donnerai par la suite seront toujours celles de la trace des plans de schistosité rectilignes de la roche sur le plan d'affleurement supposé horizontal. Ces plans de schistosité sont presque partout redressés verticalement. Dans les quelques cas où ils ne le sont point, j'indiquerai, en degrés, la valeur de leur pendage, la direction de l'horizontale correspondant à 0°.
Les roches gneissiques du Mono ont toujours une direction comprise entre Nm 55° — E et Nm — 30°— E, cette dernière étant de beaucoup la plus fréquente.
D'Alovicoté au rapide d’Adjarala on trouve quatre gisements : successifs. Le premier apparait à environ 2 kil. en amont d'Alovicoté, sans qu'aucune formation, en dehors des alluvions récentes du fleuve, soit à signaler entre ce point et le gisement calcaire de Missinicondiji.
Cet affleurement est tout d'abord marqué par un feuillet de
gneiss très étroit traversant le fleuve à peu près normalement,
avec une direction Nm — 30° — E. Puis, à environ 200 mètres de
là, se présente un bane continu de même orientation que le précédent et barrant le fleuve pendant 400 mètres. Les feuillets qui le constituent s'élèvent davantage au niveau de la rive allemande. Ils ont un pendage normal de 30°, lequel devient vertical par instants. Ils sont constitués soit par des gneiss feuilletés normaux, soit par des gneiss finement rubanés, soit par des schistes micacés. Toutes ces roches, qui ont subi des actions dynamiques extrèmement puissantes, sont évidemment des sédiments métamorphisés (paragneiss).
Les schistes micacés affectent fréquemment des ondulations nombreuses, indiquant qu'ils ont eu une grande plasticité. Enfin un banc rocheux, à 200 mètres du précédent, offre les mêmes caractères. Il est formé d’un gneiss analogue au premier feuillet rencontré.
Le second gisement se développe dans le lit du fleuve, sur 800 à 1.000 mètres de longueur. Le Mono décrit en cet endroit une courbe assez prononcée, cependant que le gneiss conserve une orientation Nm — 50°— E, si bien qu'issu de la rive française on le voit y rentrer en amont, à l'emplacement de l'ancien village d'Aïlémé.
Les gneiss de ce second gisement appartiennent à un type unique. Leur affleurement les montre discontinus, irréguliers et ayant subi des phénomènes de lorsion suivis de fractures normales à leur allongement. Les eaux y ont déterminé, dans le sens de la longueur, de curieuses -cannelures parallèles. Les plans de schistosité de la roche sont le plus souvent redressés verticalement. Certains bancs situés en amont affectent cependantun pendage de 40°. |
Le troisième gisement traverse le fleuve obliquement, il en barre lelit sur 300 mètres environ. Il se trouve à environ 3 k.500 en amont d'Oumkémé. Les roches qui le constituent affectent toutes une direction rectiligne.Leur orientation est Nin — 55° — E: ce sont successivement de la rive gauche à la rive droite :