Pegmatite, entre 1 et
Gneiss feuilleté.
Gneiss feuilleté, grenatifère.
Gneiss analogue au type normal, mais plissé.
Filon de pegmatite grenatifère, dans 1.
À un kilomètre avant Gouka, un important pointement d'aplite à grenat, désagrégée en boules assez volumineuses, apparaît au milieu du gneiss. À Gouka même, les roches sont rubanées, avec une orientation Nm — 10° — E. Elles forment de petits amas en boules, d'une quinzaine de mètres d'élévation seulement, et sont traversées par des filons de pegmatite à beaux feldspaths, dont les éléments sont constamment tordus (quartz et biotite en particulier).
On retrouve encore les gneiss en se dirigeant sur Acotolobé ; au delà de cette localité, leurs affleurements deviennent rares, étant presque constamment recouverts d'un épais manteau de conglomérat ferrugineux (jusqu'à Agoua).
La constitution pétrographique de la plaine, de part et d'autre de la chaine de Savalou, est légèrement différente de celle de l'arète montagneuse elle-même. Les gneiss feuilletés s'y rencontrent d'une façon à peu, près exclusive. Les types basiques n'y sont pas rares,
Sur la route de Coutago à lAgbado, on trouve plusieurs grandes dalles de gneiss amphibolique (3 kilom. environ de Coutago) et des gneiss feuilletés à biotite. Ces roches ont leurs éléments orientés N. S., ainsi du reste que les schistes micacés qu'on rencontre dans le lit de lAgbado. Au delà de cette rivivre, vers l’ouest, la constitution du sol change complètement.
La constitution pétrographique de la région comprise entre Savalou d'une part, Mocpa, Logozohoué et Lamma d'autre part, est fort voisine de celle de la région Coutago-Acbado. Sur le sentier de Lamina, on rencontre une série de gneiss feuilletés basiques à 1, 5, 6 et 7 kilomètres de Savalou, des gneiss riches en grenats à 5 et 5 kilom. 1/2de Savalou, des gneiss aplitiques à 6 kilom. 1/2 de Savalou, et des filons peu nombreux de quartz filonien. Le premier de tous ces gisements est remarquable par les phénomènes d'érosion qu'il a subis : desquamation, décollement, allure imbriquée des assises successives démantelées à leur partie supérieure.
Ces roches ont toutes une orientation N. S. Comme je l'ai dit, elles ne se rencontrent que jusqu'au voisinage de l'Agbado. Il semble ainsi que cette rivière marque vers l’est la limite des formations de Savalou. Comme d’autre part sa direction, dans cette partie de son parcours tout au moins, est rigoureusement nordsud, c'est-à-dire celle-là même des roches schisteuses qui encombrent constamment son lit, on est appelé à se demander si sa vallée ne s’est pas établie à la faveur des variations dans la composition du sous-sol ét par suite suivant une ligne qui à été fatalement l'objet de plus faciles modifications par les agents exté-
rieurs.
SAVALOU A DJALOUCOU
Sur la route de Savalou à Djaloucou, on rencontre un certain nombre de gisements intéressants. Le gneiss à pyroxène du type de Savalou cesse à la rivière Bodo, où se trouve un affleurement formé par l’association d'un gneiss œillé et d'un gneiss plissé très clair, dont le rubannement englobe des lentilles d'un gneiss à texture granitoïde, sans aucune orientation des éléments ; —
et par l'association de deux gneiss leptyniques : lun à grain fin, l'autre à gros éléments etriche en grenat. Ces roches sont en contact avec une pegmatite très altérée. |
Entre la rivière Apalaké et l’Azocan, il existe un gneiss à amphibole et biotite (1), qui se retrouve du côté de l'Azocan, où il forme un important affleurement. Au delà, on rencontre un gneiss feuilleté, un gneiss passant aux quartzites el une pegmatite laminée ; ces deux dernières roches très altérées.
Le. es SE
Fig. 31. — Gisement de la rivière Zon.
1, 2, 3, Gneiss passant aux quartzites ; 4 quartzite à diopside ; D Calcaire à diopside ; 6 rognons de calcaire à diopside
Au Zompa apparaît, sous forme de bancs orientés N.S., un gneiss à amphibole et scapolite associé à des types dépourvus de ce dernier minéral. Au Zou, des schistes amphiboliquesetmicacés, dont la composition est assez variable, forment un barrage puissant derrière lequel s'étale un bief relativement profond pendant la saison sèche. Les roches du Zou se présentent plutôt sous l’aspect de masses filoniennes. Leur orientation en cet endroit est différente de celle de la rivière. Ils sont généralement recouverts d'un épais enduit de limonite vernissée par le courant.
A environ 1.200 m. du Zou se trouve le lit du Zon. Ce ruisseau
1. L'érosion à délerminé dans certaines assises horizontales de cette roche des cavités régulières, parallèles entre elles, perpendiculaires à la direction des plans de schistosité, longues d’une dizaine de centimètres et larges et profondes d’un à 3. Je n'ai pas trouvé d'explication à ce mode d’érosion qui donne l’impression d’un travail artificiel.
passe sur le seul gisement de cipolin que j'aie rencontré dans la colonie (Fig. 31). Sa PEU minéralogique est particulièrement intéressante, ainsi qu'on le verra dans la partie pétrographique. On remarquera que le calcaire du Zon, après s'être métamorphisé, a été individualisé par les eaux superficielles en une série de rognons peu volumineux, c’est-à-dire qu'il a subi une désagrégation identique à celle des calcaires sédimentaires de la Lama. Mais il a dû subir tous les autres modes de désagrégation de ces calcaires, et par suite contribuer comme eux à la formation de nodules, par recristallisation. C’est pourquoi j'attribue la formation de ces nodules, dans les terrains où les roches sédimentaires font entièrement défaut, à l'existence antérieure de poches de cipolin.
Ce gisement de cipolin est limité au sud par un banc de quartzite à diopside, contenant également de la calcite. La présence de ces roches et leur association avec les schistes cristallins est remarquable puisque jusqu'à présent aucun gisement semblable n'avait été signalé en Afrique occidentale, et on pensait même qu'il n’en existait pas. Comme on vient de le voir, mon opinion est qu'au contraireil s'en trouve — ou s'en est trouvé — un certain nombre, aujourd'hui plus ou moins dénudés ou détruits par les agents superliciels. Il n’est pas superflu d'indiquer également l'intérêt économique éventuel des calcaires puisque dans cette région, ils ont toujours été considérés comme introuvables.
Il convient d'insister également sur la proximité des gneiss à scapolite et des cipolins, ce qui est une nouvelle vérification de l'association si fréquente, signalée par M. A. Lacroix (1), de ces deux types pétrographiques.
Au delà de ce gisement, toujours dans la direction de Djaloucou, le #neiss passant aux quartzites affleure d'unefaçon presqu'exclusive, sauf à proximité de la rivière Kiaoua-Kiaoua, où perce un pointement peu étendu de granite granulitique. À environ 1 kilomètre du village de Djaloucouapparait, mais sans transition nette, le granite typique de ce massif, aux éléments légèrement orientés.
4. A. Lacroix. Contribution à l’étude des qgneiss à pyroxène et des roches à wernérite, Paris, 1889.
La région de Savalou, ainsi que je l'ai définie, est très nettement différente des régions voisines. Le gneiss granitoide signalé antérieurement y fait à peu près défaut. Par contre, on y trouve en abondance des gneiss feuilletés et plissés contenant fréquemment du pyroxène ou de lamphibole, des gneiss passant aux quartzites, des quartzites et des schistes micacés, des schistes amphiboliques, des cipolins, ces roches étant imjectées ou traversées de pointements éruptifs. La présence de ces types pétrographiques, dont certains au moins sont sans aucun doute d'oriwine sédimentaire, est une raison décisive pour distinguer cette région de celles environnantes. Il est indispensable de noter également qu'au point de vue géologique sa constitution est très variée et qu'elle renferme en outre des roches qui, par leur composition minéralogique, offrent un intérêt de premier ordre.
Il est important de faire remarquer que seuls avec les plateaux d'Abomey et de Zagnanado, les monts de Savalou forment dans le Bas-Dahomey à la fois un accident du relief et un nœud hydrographique appréciable : c’est là que naissent en effet un certain nombre d’affluents de l'Agbado et tous ceux de la rive gauche de l’Azocan.
S'ilen estainsi, c'est parce que cet accident, comme ceux d'Abomey et de Zagnanado, présente une certaine continuité, et une perméabilité appréciable, due cette fois au mode de désagrégation des roches qui le constituent.
H. HUBERT. — Mission scientifique au Dahomey. PIX
Cliché IH. Hubert, DÉPOTS DE GALETS DE FLEUVE (Sentier de Locossa à Plogodomé).
Cliché I. Hubert.
BoRDS DU MONO PRÈS D'ATHIÉMÉ Couches argileuses horizontales reposant en discordance sur des couches argileuses redr