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De Ce
OUOGOU
— Croquis des monts d'Ouénoubérou. Echelle approx.
332 GÉOLOGIE DESCRIPTIVE jours une allure filonienne, assez souvent avec de petits rejets.
La constitution de cette chaine lui donne une allure spéciale très comparable à celle de la partie des monts Delcassé comprise entre Coda et Carnotville. On remarquera que les tvpes pétrographiques sont presqu'identiques, ce qui explique ce rapprochement. L'Atacora donne également une impression analogue dans les points où il est exclusivement constitué par des quartzites à muscovite. Or, on voit qu'au point de vue de la composition minéralogique seule, les roches de l'Atacora, d'Ouénoubérou et de Carnotville sont identiques ; il n'y à donc rien d'étonnant à ce que les accidents qu’elles forment aient un modelé analogue. La comparaison se poursuit non seulement pour le dessin topographique des hauteurs considérées mais encore pour leur aspect : car elles forment très facilement des murailles à pie, ce qui, pour tout le Dahomey, du moins, est caractéristique.
Un mode d'érosion qui se manifeste souvent au sommet des hauteurs d'Ouénoubérou consiste en la formation de rigoles assez profondes, généralement obliques, gravées dans la roche quartzeuse el isolant des arêtes très vives. Cette chaîne est relativement boisée.
La formation qui caractérise les monts d'Ouénoubérou se poursuit au delà de l'arête montagneuse. Vers l'est on ne trouve que du quartz jusqu'à la Bouly, avec du sable riche en hématite par places. [Ten est de même vers l'est jusqu'au delà de Kamécou. Vers le nord enfin on rencontre une roche très analogue aux environs de Béroubouay, et d'une façon presqu'exclusive du quartz et de la pegmatite jusqu'au voisinage de Zougou (1) C'est pourquoi je rattacherai aux monts d’'Ouénoubérou les petites hauteurs situées au sud de Béroubouay, qui se sont trouvées en dehors de mon itinéraire.
DOMES GNEISSIQUES Les dômes gneissiques sont groupés sur une ligne à peu près
droite entre Ouari et Lougou. Ils rappellent assez bien les hau-
4. On trouve seulement un affleurement de gneiss feuilleté sur le sen'ier d'Ouesséné à Zougou, à environ 4 k. de ce dernier vi‘lage. x
teurs de la ligne Caboua-Ouocpo à la fois par leurdisposition topographique, par leur modelé, par leur altitude (point culminant dôme de Bouro, environ 100 mètres) enfin par leur composition minéralogique. C’est toujoursle même gneiss granitoïde à grands feldspaths orientés (Nm — 140 — E à Nm — 0°— EF).
Dans toute cette partie, les dalles wneissiques affleurent constamment.
Comme accidents possédant une composition minéralogique voisine, il faut signaler, dans cette région, les enclaves schisteuses, très micacées, au milieu du gneiss granitoïde {Yarra, Ouari) ; l'association de bandes parallèles d’un gneiss feuilleté à biotite et d'un granite hololeucocrate à pyrite (Coumassou) ; le passage du oneiss granitoïde au gneiss feuilleté à 3 kilomètres à l'ouest de la rivière Sué — où les grands éléments de la première de ces roches diminuent rapidement de taille et se présentent en alignements de plus en plus nets, tandis que les enclaves schisteuses précédentes offrent toujours l'aspect d'un gneiss feuilleté —- ; enfin le gneiss à muscovite aux environs de Kogabo et la pegmatite à tourmaline, très laminée, un peu avant Kamécou.
Parmi les autres types pétrographiques, il faut citer une amphibolite constituant l'élément principal de quelques ondulations aux ‘environs d'Ouari. Cette roche, très altérée, est sillonnée de veinules quartzeuses, avec, superficiellement, des dépôts siliceux successifs. Quand elle est décomposée, il ne reste que des masses argileuses rougeàtres, isolées par les filonnets siliceux, puis, au terme ultime, on n'a plus qu’une association de grands cellules - vides, par suite de la disparition de l'argile.
J'ai recueilli également dans cette région, notamment entre Kogabo et Kamécou, des masses assez volumineuses formées par de la bauxite pisolitique (latérite), celle-ci provenant d'éléments décomposés de roches dont je n'ai pu retrouver la trace. D'ailleursje n'ai jamais rencontré ces formations en place, mais à proximité de leur gisement. Elles proviennent sans doute du sommet des petites ondulations qui bordent la route, car leur masse exclut tout idée de transport. Ces formations, je l'ai dit, sont exceptionnelles au Dahomey. -
33/4 GÉOLOGIR DESCRIPTIVE
Les gneiss granitoïdes se poursuivent vers l'ouest au delà de Couésourou. M. Drot a bien voulu me donner la certitude qu'on les rencontraitnon seulement jusqu'à Tobré, mais qu'ils se prolongeaient aussi jusqu'à Djougou.et jusqu'à Kouandé (1), et j'ai pu moi-même m'assurer de leur présence dans la région occupée par ces deux localités. Au sud, il est évident qu'ils se raccordent avec ceux de la région de Parakou. Vers l’est ils sont partiellement interrompus par la chaîne d'Ouénoubérou, mais ils se prolongent vers le nord au delà de Lougou.