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HAUTEURS DE CONGLOMÉRAT FERRUGINEUX

Les hauteurs formées exclusivement de conglomérat ferruoineux sont assez nombreuses dans cette région (Baobra, Kogabo, ete). Elles sont en général peu élevées, celle de Baobra atteint cependant 50 mètres environ. Il n'est pas possible de connaitre la constitution de la roche qui existait antérieurement, mais étant donnée la nature des formations de cette région, les hypothèses possibles sont peu nombreuses. Il est évident que ce n'était pas une roche identique à celle d'Ouénoubérou, en raison de sa pauvreté en éléments ferrugineux. Il est done probable que c'était un gneiss riche en éléments ferro-magnésiens, car les accidents de gneiss granitoide demeurent à nu dans ce pays (2).

Par contre, dans les parties planes de la région de Simendé, le conglomérat ferrugineux est abondant, quelle que soit la roche sous-jacente, sauf cependant dans la chaine d'Ouénoubérou et aux environs.

J'ai déjà exposé, à propos des eaux courantes en général, les caractères de l'hydrographie dans cette région. Or il ne faut pas se dissimuler que les moyens d'investigation sont très rudimentaires dans toute la colonie, et qu'on ne connait le plus souvent, en ce qui concerne les rivières, que leur trace à l'intersection des sentiers et leur direction générale, lorsqu'un accident de terrain

4. Pour la partie Tobré-Kouandé, ce fait m’a été confirmé par M.G. Cachelou. 2. J'ai trouvé dans la région de Kogabo, mais non en place,du gneiss à amphibole. Il est probable que son gisement est très voisin.

LA RÉGION CENTRALE Sn

permet de dominer leur cours. Souvent même il est fait des erreurs en ce qui concerne le sens danslequel ils s’écoulent, puisque leur lit est à sec pendant une grande partie de l'année,

J'ai pu éviter cette cause d'erreurs, ayant parcouru le pays pendant la saison des pluies (1). J'ai ainsi acquis la certitude que la ligne de partage des eaux du Niger et de l'Ouémé ne cadrait jamais avec les accidents orographiques notables du pays.

Le cas se présente notamment au nord de Dérassi, où les rivières situées de part et d'autre du premier village peuhl, sur la route de Gueysourou, appartiennent à un versant différent, bien que le relief entre elles soit nul. Il en est ainsi au sud de Dérassi, où, sur un plateau granitique marécageux, deux rivières situées à 3 kil. l’une de l’autre ont une direction opposée.

De même, entre Dunkassa et Bessaroupérou, les affluents les plus voisins du Tansinet et de la Bouly naissent le plus souvent dans les espaces marécageux et se rendent daus l'une ou l'autre de ces grandes rivières par des chemins tout différents. A environ À kilomètres du Tansinet, sur sa rive droite, se trouve un marécage d'environ deux cents mètres d'étendue. À chaque extrémité nait un cours d’eau, le premier — le plus à l'ouest — se dirige vers le nord, le second vers le sud. Enfin, la ligne de partage des eaux des deux versants.se trouve entre Koumassou et Kogabo, alors qu'on n y rencontre que quelques dénivellations d’une dizaine de mètres de hauteur.

En résumé, en dehors des accidents topographiques signalés et dont l'importance est faible, ilfaut considérer ces pays comme étant, dans leur ensemble, absolument plats (2). Néanmoins, comme partout ailleurs, il y à des dénivellations de quelques mètres et des ondulations à grand rayon. C’est à la faveur de ces seuls aceidents que le ruissellement, intense pendant l'hivernage, donne naissance à des petits cours d'eau sans importance, se frayant

1. C’est ce qui explique que les directions que je donne aux rivières sont souvent différentes de celles indiquées par d’autres auteurs. .. 2. Je me suis assuré qu’il n°y a pas de dômes et surtout pas de lignes de hauteurs appréciables dans un rayon de 40 kilomètres en dehors de la route parcourue, par l'ascension des dômes de Niarou, de ceux de la route Sinendé- Kogabo, des monts d'Ouénoubérou et de la hauteur de Baobra.

difficilement un chemin dans cette région sans versant défini et prenant ainsi, à peu de distance les uns des autres, des directions

souvent opposées.

La région Nikki-Sinendé, d’ailleurs très étendue, offre de notables variations dans la constitution géologique. On y trouve les derniers grands affleurements de gneiss granitoïde à grands éléments, tandis que les roches basiques et les amphibolites commencent déjà à être assez largement représentées. En même temps apparaissent déjà les formations gréseuses (Kidaroupérou) qui ne tardent pas à dominer d'une facon presqu’exelusive au nord.

La topographie générale de cette région est assez complexe, ce qui est la conséquence normale de sa constitution géologique hétérogène.

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