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PARTIE CENTRALE DE L'ATACORA

La traversée de l'Atacora, que j'ai effectuée plusieurs fois, donne surtout des indications sur la constitution et l'allure du - massif. D'une manière générale, les quartzites forment les bourrelets, les chaînons, tandis qu'au fond des vallées apparaissent les gneiss et surtout les micaschistes. J'ai recueilli encore, excep-

1. Je dois signaler en outre dans celte région des schistes amphiboliques, avec lesquels les indigènes ont fait autrefois des bracelets ; mais je n'ai pu en déterminer les gisements précis.

tionnellement, des grès entre le village actuel de Nansougou et la ligne télégraphique. Toutes les autres roches sont celles que j'ai signalées précédemment. Je ne crois pas utile d'indiquer Le gisement de chacune d'entre elles.

M. G. Cachelou, Résident à Kouandé, a bien voulu mettre à ma disposition des roches qui avaient été recueillies dans la mentagne entre Kouandé et Taïacou. Je n'ai aucune indication de gisement. Parmi celles qui sont différentes de celles que j'ai signalées, se trouvent des gneiss amphiboliques, des gneiss à épidote, des amphibolites (certaines à pyrite), des taleschistes. On voit ainsi combien est variée la constitution pétrographique de l'Atacora.

Les minéraux, très répandus au milieu du massif, comme ils le sont au pied des versants sont : le quartz hyalin bipyramidé), la magnétite, l'hématite, le rutile {toujours isolés de leur gangue), la tourmaline ferrifère (fibreuse ou en grands cristaux) etle jaspe.

A la traversée du massif, les chainons apparaissent plus nombreux sur le versant sud-oriental, plus importants sur le versant nord-occidental, mais leur nombre varie d'un point à l'autre.

Sur la route de Lambounti à Bantchango, les rides se succèdent sans interruption jusqu'à environ 4 kilomètres au sud de l'ancien village de Nansougou. Leur direction moyenne est Nm —80°"—EÆ. Certains de ces chaïnons laissent apparaitre, à la partie supérieure, des gneiss très laminés qui forment de minces bancs intrusifs au milieu de la masse des quartzites etsont redressés avec un pendage qui n'est jamais inférieur à 10°. Leur sommet a été arraché. Dans le chainon au nord de Lambounti, de beaucoup le plus élevé, les assises de quartzite sont absolument verticales. Je les ai déjà signalées au sujet des actions érosives des eaux superlicielles.

Je n'ai point noté tous les accidents tectoniques, fort nombreux, qui intéressent les chainons normalement à leur direction. La eluse de Doro, que j'ai signalée antérieurement, avec ses quartzites supérieurs surplombant au-dessus des autres (PI. IE, 1), en est un bon type. C'est à la faveur de cassures analogues, mais beaucoup plus agrandies, qu'il est possible de pénétrer dans l’Atacora en venant du Gourma. Les principaux de ces accidents se rencontrent à Compong, Konkobiri, Tadingou, Kouargou,

Pébourgou (1). A Tadingou notamment, on pénètre dans un large couloir qui s'avance profondément à l'intérieur du massif.

L'Atacora est une région bien arrosée, du moins dans toute la partie que j'ai visitée. Les sources y sont nombreuses, tant à l'intérieur du massif que sur les bords. Le cours de toutes les rivières de Fintérieur est naturellement très accidenté.

En ce qui concerne leur direction, elles empruntent toujours des vallées longitudinales, dont elles s'échappent+à ka faveur de cassures transversales, presque toujours d'ordre tectonique (cluse de Dore). Cette analogie avec les rivières du Jura s’exagère encore lorsqu'on envisage les variations de leur pente.

Deux cas sont à considérer. Dans le cœur même du massif, les dénivellations sont faibles : l'accident le plus important que j'aie observé est une succession de petits rapides déterminés par une ligne de micaschistes orientés Nm —50°— E traversant le litd une rivière importante à proximité de l'ancien village de Nansougou, près de la ligne télégraphique (2).

Par contre, sur les bords du massif, toutes les rivières, qui se trouvent à une altitude notable, ne peuvent gagner la plaine que par une série de rapides, de cascades, de chutes. Les rapides de la rivière de Konkobiri et la cascade un peu au nord de cette localité sont connus de tous les voyageurs qui vont au Gourma.

L'artère principale du massif est la Pendjari, qui est déjà importante au voisinage de Mossitingou, où M. l'Administrateur Brot me l’a signalée. Cette rivière, après avoir suivi pendant au moins 70 kilomètres une vallée longitudinale, abandonne le massif près de Bantchango. Mais elle ne peut le faire que par une ou plusieurs chutes importantes (3).

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