Il en existe évidemment d’autres plus au sud
2. Cest entre cette rivière et le village de Kovounatounga que se trouvent en abondance les petites pyramides coiffées signalées antérieurement.
3. Ainsi que le fait présager sa direction son allure, et la position du point où elle quitte le massif. Celte manière de voir est d’ailleurs confirmée par les indications de la carte de la mission Decœur et Baud,
364 GEOLOGIE DESCRIPTIVE
C'est en suivant ce fleuve qu'il est particulièrement avantageux de l'étudier, puisque les roches meubles ont été déblayées, ce qui permet d'apercevoir les formations les plus anciennes : gneiss, schistes métamorphiques et quartzites.
On trouve ces dernières roches depuis Bikini, au sud, jusqu à Say, c'est-à-dire sur environ 90 kilomètres, ce qui donne une idée de l'importance originelle du revêtement des quartzites dans cette région, ef, par conséquent, dans la partie plus méridionale l'Atacora. Il convient de faire remarquer qu'ils n'affleurent d'une façon continue qu'entre Bikini et Kirtachi, sur 55 kilomètres ; au delà, ce ne sont plus que des lambeaux épars, nivelés à la hauteur des basses eaux, mais qui rappellent, par leur disposition topographique, les lambeaux montagneux de Tannéka et d'Aledjo. Parmi les voyageurs ayant parcouru le pays, M. Drot, le premier, a émis l'hypothèse du prolongement de l'Atacora jusqu'à la région du W. IT s'est basé sur l'examen de la direction générale de la chaîne au delà de Compong. Avant lui, Baud indiquait bien dans cette même région la présence de petites collines parallèles, mais sans en tirer de conclusion.
J'apporte en faveur de l'hypothèse de M Drot deux nouveaux arguments qui me paraissent décisifs : d'une part, l'identité de topographie, d'aspect, de la région de l'Atacora et de celle du W ; d'autre part, l'identité de constitution géologique. Enfin, j'ajoute que l’Atacora, ainsi défini, se prolonge encore au delà du Niger, mais ne tarde pas à être masqué par les formations postérieures.
L'affleurement principal des quartzites, qu'on rencontre entre Bikini et Kirtachi se compose de deux parties distinctes. Au sud, dans la région du W, ces roches forment de petits chainons parallèles discontinus, fréquemment brisés normalement à leur direction d'allongement et de tous points identiques à ceux de PAtacora. Un peu après l'embouchure de la Tapoa, leur aspect change totalement : ils sont associés à des grès, vraisemblablement du même àge.
Le premier point où l’on rencontre les quartzites, en venant du sud, est le seuil de Bikini, où quelques roches affleurent seulement aux hautes eaux. Ce seuil est dans le prolongement d'une petite hauteur qui a très vraisemblablement la même composition.
Plus au nord, juste à la hauteur de Bikini, le fleuve est de nouveau barré, mais cette fois par des roches schisteuses jaunes, très redressées, (direction Nm — 60° — E; qui sont des micaschistes décomposés. Leur présence à une grande importance ici, puisque leur association avec les quartzites est encore un trait qui les rapproche de lAtacora. Un peu en amont de cette formation, se trouve sur la rive gauche une petite hauteur (20 m. au-dessus du fleuve), constituée par les éléments suivants :
5° Conglomérat ferrugineux au sommet (0 m. 50).
4° Grès argileux blanc (3 m.) contenant des petits galets de quartz laiteux.
3 Sable alluvionnaire (0 m. 10).
2° Grès argileux jaune (3 m.) au sommet duquel sont encastrés les graviers les plus volumineux du dépôt précédent.
1° Quartzites (?) (12 mètres). Roche entièrement décomposée, d'aspect nettement schisteux et ayant perdu toute consistance. Cette roche est presqu'uniquement formée de quartz, elle est traversée de filons du même minéral (1).
A proximité de Bikini même, les quartzites forment des masses assez puissantes, aux assises horizontales.
Depuis ce point jusqu'à Bossia les mêmes roches longent le fleuve d'une façon à peu près très ininterrompue. Au coude à environ 8 kilomètres en avant de Bikini, le Niger s'engage dans une véritable cluse aux paroïs verticales. Un peu plus au nord, sur la rive droite notamment, les assises ont subi des plissements énergiques, en même temps que la masse est sillonnée de quartz filonien (2).
À Bossia même, les quartzites, qui forment des accidents peu
1. es formations supérieures de ce gisement appartiennent aux grès récents du Niger qui seront étudiés à la fin de ce chapitre.
2. Je signale tout de suite tout autour de Bossia, un certain nombre de montagnes tabulaires, assez élevées (100 m.) formées par des grès argileux. Les couches successives qu'ils forment sont très nombreuses mais il n'y a pas intérêt à les décrire puisque leur âge n’est pas déterminable. Ces grès sont très postérieurs aux quartzites : je les assimile aux grès récents du Niger. Comme nous le verrons également pour d’autres gisements, ils sont associés à des grès ferrugineux {rès compacts.
élevés, sont très compacts. [ls présentent superficiellement deux systèmes de cassures qui transforment la surface en petits rectangles (Nm — 5° —E—; Em—W}. La première de ces deux directions est celle suivant laquelle s'effectue le plongement des assises, avec un pendage de 16° vers le sud.
Je ne décris pas la cluse de’Bossia que j'ai déjà signalée. Entre elle et le point le plus bas de la dernière branche montante du W, le fleuve, de direction rectiligne, coule entre deux chaînons parallèles orientés Ni — 40° — KE, celui de la rive droite, contre lequel il.est venu buter, le dominant à pic. Les assises, horizontales à la cluse de Bossia, plongent nettement vers le sud, un peu en amont.
Le fleuve a traversé le premier chaînon plus au nord par une nouvelle eluse, assez large il est vrai, mais également très nette. L'ascension de ce chainon, assez périlleuse à cause de là pic, m'a montré toujours les mêmes quartzites, constamment traversés de quartz filonien avec petites géodes de quartz bipyramidé.
Au petit coude compris entre les deux dernières branches du W les quartzites sont de nouveau très plissés. Leur stratification redevient horizontale entre cet endroit et le lieu dit Gambou.
A Fig. 39. — Les chainons de l’Atacora au lieu dit Gambou. Plongement des assises vers le sud.
(Coupe suivant AB de la figure 16 ; échelle des longueurs =——— : É 50.000
échelle des hauteurs
ee
Ce dernier point est remarquable, comme on l'a vu, par la cluse qu'on y rencontre. Les assises, très légèrement onduleuses sur la rive gauche, plongent vers le sud, dans l'île située en face, avec un pendage moyen de 15° (Fig. 39).
Immédiatement au-dessus des bancs de sable du lieu dit Gam-
bou, les assises de quartzite sont affectées de pendages variables etindépendants les uns des autres. Ils présentent cet intérèt de montrer que les roches en ce point ont été originellement formées par des dépôts torrentiels.. Il n'y a aucun doute à cet égard, l'érosion ayant attaqué superficiellement la roche et marqué par des stries très nettes la succession de chaque dépôt (fig. 10). On retrouvera identiquement la stratification entrecroisée des sables du Mono, avec des éléments sensiblement plus volumineux à la base de chaque assise. Vient-on à détacher un bloc de la roche et à examiner une cassure fraiche, il est impossible de reconnaître autre chose qu'un quartzite normal. Comme je l'ai indiqué précédemment, 1l y à bien eu disparition à la surface du quartz néogène.
Il y à dans cette région deux types de quartzites superposés. Le premier, compact, renferme, très rarement il est vrai, des galets quartzeux arrondis enchassés dans la masse, lesquels témoignent également d'une action fluviatile. Le second, superposé au précédent est zoné et a formé, à l'origine, de petits lits de sable. Quelquelois certains de ces lits sont assez riches en magnétite, ce qui augmente encore l'aspect zoné de la roche.
Les actions tectoniques sur ces roches, après leur consolidation, sont manifestes : elles se traduisent par des cassures verticales, intéressant toute la hauteur du chaïnon, et accompagnées de déplacements verticaux faibles, mais déjà parfaitement appréciables de loin. L'aspect du lieu dit Gambou (PI. XVII, 2), est typique à cet égard, et il n'est pas douteux que les cluses aient été formées à la faveur de dislocation identiques.
En plan, les quartzites sont affectés à Gambou par deux systèmes de cassures, dont l’un a précisément la direction du fleuve (Nm — 20° — W},et par suite des cluses : celles-ci sont donc bien d'origine tectonique. D'ailleurs dans toute cette région, les parois des chaïnons de quartzites sont toujours verticales et il est impossible d'attribuer ce fait à l'érosion seule.
Les actions tectoniques ne se traduisent pas seulement par le redressement des bancs de quartzites ; mais, et cela me paraît intéressant à signaler, par le redressement inégal de ces bancs. Dans la coupe naturelle signalée plus haut (Fig. 10),il y a à con-
sidérer, en dehors de l'allure des dépôts torrentiels, celle des bancs successifs auxquels ils ont donné naissance. Or ces bancs sont, d'une manière générale, d'autant plus redressés qu'ils sont plus bas, el les plus inférieurs se terminent si brusquement au milieu des formations qui les surmontent en discordance, qu'il est bien naturel de penser que cet état de choses est le fait d'actions tectoniques. S'il en était ainsi, comme je le crois, sans pouvoir cependant l’établir d’une façon définitive, on aurait la preuve que les plissements dont l’Atacora a été l'objet se sont manifestés au début même des dépôts inférieurs qu'on y rencontre, et qu'ils ontété de moins en moins énergiques par la suite. Cela expliquerait pourquoi les assises supérieures, les seules qui apparaissent bien souvent, ont gardé leur allure horizontale, et ont simplement subi de faibles décrochements verticaux en masse.
La première branche montante du W montre toujours les mêmes quartzites avec un peu de grès et des argiles rouges identiques à celles qui, sur le versant nord occidental de l'Atacora, ont été transformées en jaspe. Ces roches ont subi des dislocations sensibles.
Il existe dans le fleuve, au milieu de ce bief, un pointement rocheux qui détermine des petits rapides. Il est dù, je crois, à des quartzites. Mais les difficultés du passage en ce point ne m'ont pas permis de recueillir d'échantillons.
A l'extrémité méridionale de la 1'° branche descendante du W, il y à plusieurs îles. Dans l’une d'elles, les quartzites atteignent une hauteur notable (20 à 25 mètres). Leurs assises son/ redressées jusqu à la verlicale, leur trace sur le plan horizontal étant orientée Nm — 30° — E. Ainsi les actions dynamiques ont été, ici également, extrêmement puissantes.
Ces assises se prolongent directement dans le fleuve, où elles affleurent encore aux hautes eaux dans la branche orientale.
En face, sur la rive droite, aboutit un autre chaînon de quartzte, venant du sud ; M. Hourst lui a attribué une hauteur de 90 mètres. C'est en somme le même chaïinon qui se poursuit sur la rive gauche.
En continuant à remonter le fleuve, on remarque que la rive droite est basse pendant une dizaine de kilomètres, tandis que
H. HUBERT. — Mission scientifique au Dahomey. PISSMINT
Cliché H. Hubert, FALAISE A YOURI (bords du Niger). ,
Grès argileux et ferrugineux surmontant des gneiss kaolinisés,
gr
anneau
Cliché H, Hubert.
CLUSE AU LIEU DIT GAMBOU. Rencontre de l’Atacora et du Niger,
LE
les quartzites surplombent toujours sur la rive gauche. Leur profil est celui de vallonnements accidentés. On dirait qu'en ce point les chaïinons parallèles ont été tranchés normalement à leur direction. En d'autres termes, on a exactement la reproduction du même phénomène qu'à la cluse de Gambou, mais avec disparition de chainons sur la rive droite.
en =
Fig. 40. — Allure des bancs de quartzites plongeant vers le Sud (rive gauche du Niger, en aval de l'embouchure de la Tapoa).
Un tel dispositif permet de voir là aussi l'allure des assises de quartzite, qui ont subi des plissements très appréciables, toujours avec prédominence des plongements vers le sud (fig. 40).
DE L'EMBOUCHURE DE LA TAPOA A. KIRTACHI
Ce qui donne lieu de penser qu’en profondeur les quartzites se prolongent bien sur la rive droite, c’est qu'on les rencontre constamment dans le fleuve.
Un peu au nord de l'embouchure de la Tapoa, dans un ilôt de sable, perce un petit pointement de quartzites dont les assises sont redressées verticalement et ontune direction Nm —30°— W.
Un peu en amont, les hauteurs s'éloignent tout d'abord de la rive gauche, puis elles reparaissent bientôt des deux côtés à la fois, mais leur constitution est différente. Ce sont des grès argileux blancs à grain grossier, dont la consistance est variable, presque toujours associés à une argile rouge. Ces deux roches se présentent en couches horizontales très régulières, alternant les unes avec les autres. Le grès peut normalement passer à un conglomérat, et l'argile très pressée à un schiste.
Mais une telle constitution, très simple, est la plus rare. Brusquement toutes ces roches peuvent prendre une cohésion notable : les grès, par la transformation de leur ciment argileux en un ciment siliceux, cristallisé et orienté, passent aux quartzites; —
les schistes rouges donnent du jaspe. En même temps, les quart- Hubert 24
zites apparaissent nombreux au milieu des autres éléments et la masse tout entière est sillonnée de filonnets de quartz. On rencontre alors dans les nombreuses cassures de la roche originelle de nombreuses géodes riches en cristaux bipyramidés de ce dernier minéral.
Les grès apparaissent à l'extrémité septentrionale de la première branche descendante du W etils se prolongentjusqu'à Kirtachi. Ils sont d'abord non métamorphisés, leurs couches étant sensiblement horizontales jusqu'au sommet. Ils surplombent verticalement le cours du fleuve, et l’obligent à décrire de nouveaux méandres jusqu'à la hauteur de Kirtachi.
On remarque en effet que les deux orientations que le fleuve est susceptible de prendre sont toujours identiques à ce qu'elles étaient en aval. Or, dans toute la partie du Niger que j'ai suivie, c’est seulement dans le bief Kirtachi-Bikini que le fleuve fait des coudes brusques ; ceux-ci correspondent tous et toujours aux deux mêmes orientations : l’une qui est celle des chaïnons de quartzite, l'autre qui est la direction moyenne du fleuve. Il faut donc considérer que si le Niger accuse dans la région des grès au sud de Kirtachi les mêmes accidents que dans celle des quartzites, c'est parce quil à rencontré des obstacles analogues. Je crois devoir insister sur ce point, parce qu'en dehors de la zone des quartzites, on rencontre également des grès — toujours non métamorphisés par contre — dans lesquels /e fleuve s'est creusé une vallée encaïssée de direction rectiligne. En ce qui concerne les grès de Kirtachi, l’action érosive du fleuve n'est que secondaire dans l'établissement de sa vallée ; il à avant tout w/ilisé des accidents tectoniques (fractures, cassures, etc.) et les a élargis. Mais il n'a jamais creusé de sillon à l'origine.
Au grand coude qui se trouve au nord de la première branche descendante du W (1), les grès, non métamorphisés, sont traversés par une cluse remarquable (naturellement moins étroite que celles du W).
Plus au nord, sur la rive gauche du moins, les grès sont tou-
1. On a beaucoup de peine à indiquer clairement les points géographiques de cette région, puisqu'il n’y a pas de village.
jours métamorphisés et associés aux quartzites ; quant à la rive droite elle est beaucoup moins accidentée, mais on est qualifié pour lui donner la même constitution : 1° en raison de la présence de quartzites dans le lit du fleuve, qui le traversent et par conséquent existent de l’autre côté, au moins en profondeur ; 2° par la proximité des grès métamorphisés de la rive droite, reconnus à la hauteur de Kirtachi.
Fig. 41. — Pendage des assises de quartzile vers le sud, à Kirtachi.
Ces grès sont, d'une manière générale, associés à des grès roses de même constitution et dont la différence du coloration n’est due qu'à la présence de l'hydrate de fer. D'une manière générale, ils sont d'autant plus métamorphisés qu'on avance davantage vers Kirtachi et la proportion de quartzite et de jaspe rouge y est plus considérable.
L'érosion est extrêmement active sur les grès non métamorphisés. Elle se traduit superficiellement par la présence de nombreuses rigoles creusées par les eaux de précipitation, et dirigées dans le sens de la pente.
A Küirtachi, sur la rive gauche du fleuve, les quartzites reparaissent, ils forment de petites hauteurs, toujours orientées comme celles du W et del'Atacora ; elles se prolongent dans le fleuve sous la forme de barrages de blocs démantelés (PI. VIT, 1). Les assises de ces hauteurs, là où l'érosion permet de les observer, sont encore une fois arrachées vers le nord et plongent régulièrement vers le sud (fig. 41) (pendage 27°).
Ainsi, dans tous les cas où il est possible de reconnaitre avec certitude le pendage des assises normalement à la direction des chaïnons de quartzites, on constate qu'il est toujours marqué vers le sud. J'ai l'intention de tirer parti de ces observations dans l'étude de la tectonique.
Les quartzites de Kirtachi sont quelquefois zonés. Grâce au redressement de leurs couches, on peut établir la direction de leurs zones, qui est celle-là même des chainons (Nm — 45°— E à Nm —- 52% KE). Ils renferment quelquefois des enclaves quartzeuses (quartz, silex, jaspe, calcédoine) mais cela exceptionnellement.
Ces roches sont sillonnées superficiellement par de petites cannelures parallèles susceptibles de prendre les orientations les plus différentes en un même point. Il s'est produit là, je crois, une action superficielle due aux eaux de surface et analogue à celle signalée pour le lieu dit Gambou. -
Fig. 42 — Aspect des grès à Kirtachi, d'après une photographie très réduite.
J'ai exploré en détail la rive en face de Kirtachi, où les indigènes exploitent depuis longtemps un jaspe rouge que j'ai signalé autrefois (1) et qui est désigné dans le pays sous le nom de « lentana ». Or la constitution du sol en ce point est précisément celle du grès décrit précédemment, associé aux schistes rouges. Mais le métamorphisme de ces deux roches est porté ici à un très haut point; les indigènes se bornent à exploiter une couche profonde où le jaspe a acquis accidentellement des qualités qui le font rechercher dans le pays pour la parure.
La roche dominante de Kirtachi est le meilleur type du grès métamorphisé. Il est à peu près impossible de le distinguer au microscope d'un quartzite, car d’une façon presque constante, le ciment siliceux est cristallisé et orienté sur les grains de quartz anciens. Mais à l'œil nu, on reconnait encore la texture d’une roche détritique et c'est la raison pour laquelle je l'assimile à un grés. La composition minéralogique de cette roche est
1. Je reviendrai par la suite sur le détail de cette exploitation, dont je me borne, pour le moment, à signaler la présence.
2. H. Hubert. Sur quelques roches provenant des rapides du Niger, p.440,
très hétérogène. Elle contient, inclus dans sa masse, des éléments de schiste rouge non encore transformés et des galets de quartz dontcertainsatteignent 8 centimètres de longueur (Fig. 42). Ces derniers sont tantôt isolés et fort rares, tantôt au contraire ils forment un véritable conglomérat à ciment siliceux Cette forma tion est parcourue de nombreux filons de quartz où les cristaux bipyramidés hyalins peuvent atteindre 7 centimètres de lonœueur. |
KIRTACIIE A SAY
Au nord de Kirtachi, on ne trouve plus que quelques lambeaux de quartzites. Ces roches sont recouvertes, sur les rives mêmes, par des dépôts horizontaux divers que le fleuve a entamés et qui sont identiques à ceux que je signalerai au dehors de la zone des quartzites. En même temps, dans le fleuve, les roches éruptives et les schistes cristallines alternent avec les quartzites ce qui est encore une raison de rapprocher cette région de l'Atacora. Les principaux gisements (quartzites, schistes cristallins ou roches éruptives) que j'ai rencontrés sont, de l'aval vers l'amont :
1° Dans le fleuve, à environ 6 kilomètres au nord de Sobézigoungou, gneiss altéré.
2 Sur la rive droite, au-dessus du gisement précité, hauteur formée des éléments suivants :
3. Grès ferrugineux, formés de dépôts inégaux et irréguliers ; 1l passe au conglomérat.
2. Grès jaune grossier, à ciment argileux englobant des petits graviers de quartz, polis par les eaux. Cette couche n'est pas homogène, mais traversée par les lits assez minces de grès ferrugineux.
1. Gneiss peu abondant et très altéré, mais facilement reconnaissable. Au voisinage, quartz filonien et, sur les pentes, conglomérat ferru gineux.
3° Aux extrémités de la petite île, à environ 2 kil. au nord, boules de granite (association de granite porphyroïde et de granite à grain fin).
4° Au lieu dit Piré-Zabaro, boules d'un granite à grain fin, à
biotite,
5 Entre ce point et Aïnékiré, masses de quartzites assez puissantes, dont les assises plongent d'environ 25° vers le sud.
6° À Aïnékiré. 1)granulite assez décomposée : la décomposition superficielle des feldspaths à amené la mise en relief du quartz. 9) Quarzites.
7% Fort-Archinard (ruines), dans l'ile de Talibia-Boumba, quartzites en plaques redressées, plongeant toujours vers le sud. Ces roches sont polies et affouillées par les eaux (marmites de géants ayant 0 m. 50 de profondeur) ; elles sont recouvertes d'un enduit épais d'hydrate de fer. Ces quartzites se rencontrent dans le fleuve pendant environ 5 kilomètres.
8° A Say enfin, on trouve également les quartzites dans des conditions analogues, soit au milieu du fleuve en face du poste, soit en plusieurs points dans l'ile même dont ils forment la bordure occidentale. Leurs affleurements dépassent rarement un décimètre au-dessus des matériaux d'alluvions qui recouvrent presque toute l'île. Ils peuvent se décomposer, comme les quartzites de Firou, en un grès rougeàtre, mais ce cas est fort rare.
Aïnsi la région de Say se rattache bien à la précédente puisque, le long du fleuve, il n'y en a guère qu'une dizaine de kil. (sur plus de 90) pendant lesquels les quartzites sont interrompus. Encore une partie de cet intervalle est-elle comblée par des schistes cristallins avec lesquels les quartzites sont en relation constante, quant à l’autre partie, elle est entièrement dépourvue d'affleurements. Il est probable que, vers le sud-ouest, la surface occupée par les quartzites à été partout du mêmeordre, mais que, par suite d'actions. tectoniques puissantes, une portion du dépôt originel a été démantelée, remaniée, si bien que nous ne voyons plus aujourd'hui que la partie centrale disloquée : l'Atacora, dont l'équivalent sur le Niger est la région du W.
Je me suis efforcé de bien montrer l'identité des formations de l’Atacora proprement dit et de celles qu'on retrouve, dans leur prolongement, sur les bords du Niger, notamment dans la région du W. Ceci étant, on voit qu'en résumé les caractères typiques de la zone des quartzites sont l'unité de constitution et l'unité
d'allure. Il est intéressant de noter la dépendance étroite des roches de cette région avec les schistes cristallins et les roches éruptives, dépendance que viennent souligner encore les actions métamorphiques el tectoniques observées.
Par contraste, l'indépendance de ces formations avec les dépôts sédimentaires voisins est frappante, ainsi que nous le verrons par la suite. Enfin, l'étendue certaine de cette zone en fait, au point de vue géologique, une formation de premier ordre.
Malgré leur faible altitude, les hauteurs de l'Atacora déterminent, pendant la saison des pluies, la condensation de la vapeur d’eau en quantité plus grande qu'au-dessus les plaines environnantes. Elles sont done mieux arrosées, ce qui favorise le développement d'une végétation relativement plus puissante.