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Dentelles de pierre

Un peu avant Goudel affleurent des schistes bleus et rouges, les uns et les autres en contact. Leur direction est celle des formations de Niamey.

GOUDEL A KARMA

Après Goudel, le sable devient argileux et offre un terrain assez résistant. De temps en temps se rencontrent des petits pointements granitiques.

À Gabogouré affleure un quartzite zoné, très compact, désagrégé en boules. Un peu plus loin réapparaît la falaise formée de la même roche, dont les assises, sensiblement horizontales sont brusquement entaillées à pic.

Ce type pétrographique se prolonge obliquement dans le fleuve,

on le retrouve sur la rive opposée.

Au delà, et jusqu'à Goroubanda, la route passe sur le sable. Elle demeure en général éloignée de la falaise, sur laquelle la seule formation apparente est le conglomérat ferrugineux. Il y à en outre quelques roches dans le fleuve dont je ne connais pas la nature.

A Goroubanda, la falaise a une constitution assez complexe.

À la base, elle comprend des schistes argileux fissiles, aux strates verticales, prenant d'ordinaire l'aspect et la consistance de bois brûlé, lorsque celui-ci est entièrement transformé en cendre blanche. La direction des strates est sensiblement Nm — 70° — E, celle du fleuve étant Nm — 50° — W ; cette formation paraît provenir de micaschistes. Un peu plus haut, on trouve une roche décomposée quisemble provenir de gneiss (Nm — 80°— W) et qui est associé à du grès argileux rose (type que j'ai décrit

autrefois sousle nom de grès de Saboungari) {1} et à du grès gros-

sier. La quantité d'éboulis qui couvrent le talus, et l’altération des roches ne permet pas de préciser leurs relations réciproques. Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que les grès horizontaux sont superposés aux schistes argileux fissiles, qui sont redressés.

On voit en outre des schistes rouges argileux transformés en jaspe identique à celui de Kirtachi et, entre les couches supérieu-

. H. Hubert. Sur quelques roches provenant des rapides du Vo in due His. Nat. 1903.

HUBERT. — Mission scientifique au Dahomey.

Cliché CALCAIRE FOSSILIFÈRE DE LA LAMA.

H. Hubert,

BAUXITE PISOLITIQUE (Gaya).

IT. Hubert,

pie

XVIIT.

res de grès, des concrétions compactes, stalactiformes, de limonite.

C’est un peu en amont de Goroubanda que commence le seuil de Boubon (1) (PL. XII, 1), qui débute vers l'aval par une flèche de sable très effilée. Il est constitué par des affleurements rocheux presque continus à la surface de l’eau, qui traversent normalement le fleuve dans toute sa largeur, tandis qu'une grande île, accompagnée de quelques satellites, s'allonge parallèlement aux rives. Cet ensemble occupele lit du fleuve sur une longueur d'un peu plus d'un kilomètre.

Toutes les roches affleurant dans l'eau, à proximité de la rive gauche, sont désagrégées en boules ellipsoïdales qui n'excédent pas 0 m. 50 de plus grand diamètre, mais sont réunies en amas assez volumineux. Ce sont surtout des gabbros, qu'on retrouve sur la rive même à peu de distance de Goroubanda. En ce point, cette roche se décompose en gardant sa structure originelle. Il se forme alors très vraisemblablement dans ce cas une latérite caractérisée par la présence d'hydrate d'albumine.

Il existe encore ici du grès grossier à ciment ferrugineux, également désagrégé en boules.

Entre Goroubanda et Boubon on rencontre successivement, au pied de la falaise, des diabases et des schistes argileux noirs analogues à ceux de la couche 2 de Niamey. |

La falaise, elle-même très élevée (2), est formée d'une arkose massive riche en kaolin, qui provient à peu près certainement d'une roche éruptive acide à grain fin ; elle est dominée par une couche horizontale de grès argileux du type de Gaya.

A Boubon même, il y a des diabases, désagrégées en boules ; elles affleurent au sortir du village, en amont.

Entre Boubon et Bangaoui, la falaise dessine plusieurs promontoires. Dans cette dernière localité, elle est constituée par

4. Le nom officiel est Boubo, les indigènes disent plus généralement Boubon et surtout Goubon.

2. Sur sa carte, M. Hourst donne à celte falaise une hauteur de 100 m. Je crois que ce chiffre, qui d’ailleurs n'avait rien de rigoureux dans l'esprit de ce voyageur, est un peu trop fort.

une argile schisteuse bleuâtre, profondément entamée par l'érosion, qui à déterminé à sa base une grotte profonde.

A tous les points non cités, la route passe sur le sable, et la falaise, quand elle existe, est recouverte d'éboulis de conglomérat

ferrugineux.

KARMA A SANSAN-HAOUSSA

Karma est dominé immédiatement au nord par une hauteur à profil trapézoïdal formée à sa partie supérieure par une argile remaniée etrecouverte de conglomérat ferrugineux, et, àsa partie moyenne et inférieure, par un gneiss traversé de filons de quartz.

La rivière avant Niamé contient des boules d’un granite très altéré. A proximité, on trouve la roche fraîche, qui est un granite à biotite traversé par un filon de diabase (trois mètres de largeur) dirigé normalement au fleuve. Au contact de ce granite, la diabase prend un aspect particulier, caractérisé par la présence de très grands feldspaths (8 cm. de longueur) noyés dans une pâte microlitique. Le granite n'est nullement modifié.

Cependant 10 m. plus loin, il existe un nouveau filon de diabase à deux temps de cristallisation, tandis que la roche encaissante elle-même passe à un microgranite.

Entre ces deux filons de diabase, orientés Nm — 70° — E, se trouve un filon de quartz qui leur est parallèle. Ce dernier minéral est d’ailleurs abondamment répandu dans toute la région.

Un peu au-delà de Niamé, figure l'association d'un granite normal et d'un microgranite.

Enfin de petites hauteurs, dirigées normalement au fleuve, sont formées par des gneiss ayant la même orientation que lui. Après quoi le sol redevient argileux pendant 1.500 mètres jusqu’au point où se présente un nouvelaccident rocheux formé exclusivement de quartz bleuâtre qui rappelle par certains points celui des monts d'Ouénoubérou.

Jusqu'à Zamokoira il n'y à à signaler aucun affleurement notable. Mais dans cette localité apparaissent des bandes redressées (orientées Nm — 10° — E à Nm — 20° — E) avec les éléments suivants :

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