Schistes fissiles, passant aux phyllades
Au delà de Zamokoira, le sol est formé d'une argile alluvionnaire au milieu de laquelle se dresse un petit rocher (10 m.) appelé Gorko (l'homme) et constitué par les éléments suivants : cornes, phyllades (Nm — 10°— E) et accidentellement pegmatite.
La rivière qui passe au nord de Zamokoira a son lit encombré de gneiss, au milieu duquel j'ai rencontré, non en placeilest vrai, mais à proximité de son gisement, une argile noire zonée métamorphisée. |
Plus loin apparaissent des petites bosses allongées, disposées suivant des lignes droites et envoyant des prolongements dans le fleuve. Elles sont couronnées de roches schisteuses, identiques aux précédentes et formant une sorte de crête. Leurs couches, généralement tordues, présentent une orientation moyenne Nm — 25 — E. :
En peu au nord de /Zamokoira, le fleuve se rapproche de la direction N. S., si bien qu'il est pendant quelque temps parallèle à la ligne de petites hauteurs décrite ci-dessus. Un peu plus au nord, il se trouve divisé en un certain nombre de bras, d'abord par desiles, ensuite par des amas de roches, très nombreux, prolongements des hauteurs de la rive gauche.
Après Kouria, on trouve des roches schisteuses, traversées de filons de quartz, qui sont évidemment des gneiss kaolinisés.
Entre Kouria et Sorbo-Houssa, le bras du fleuve est à sec une partie de l’année ; il a l'aspect d'une plage de rochers à marée basse.
La seule roche qu'on y rencontre est un granite très altéré, désagrégé en boules, traversant le fleuve obliquement. Cet affleurement se poursuit dans le Niger d'une façon presque continue, du moins jusqu'au delà de Sansan-Houssa. On rencontre également quelques pointements granitiques sur la route.
A Sansan-Houssa, point le plus septentrional atteint, le sable commence à devenir très abondant. En se dirigeant sur la rive gauche normalement au fleuve, on ne tarderait pas à pénétrer dans la région désertique.
A l'est, on aperçoit des hauteurs tabulaires, qui sont vraisemblablement des grès.
Le Niger, à Sansan-Houssa, est divisé en quatre bras dont l’un seulementestnavigable en saison sèche pour les embarcations d’un faible tirant d’eau. Dans le plus oriental de ces bras, on trouve un granite à grain fin et un schiste feldspathique orienté parallèlement au cours du fleuve. Dans les deux bras moyens, les boules de granite sont très abondantes. L'île qui les sépare est marquée par un affleurement de gneiss granitoïde, formé par des blocs isolés, orientés Nm — 40° — W', affectant de profil l'allure de pierreslevées, légèrement obliques, et qui, de face, ontl'aspect de lentilles elliptiques.
Entre le 3° bras et la rive droite, on rencontre successivement du granite normal et des bancs de gneiss à biotite.
Je reprendrai maintenant la description des formations de la rive droite, entre Fandobo, localité située en face de Sansan- Houssa, et Say.
DE FANDOBO A BALATI
Les roches de Fandobo sont du granite, des schistes (identiques à ceux Zamokoira qui passent aux phyllades), et des filons de pegmatite et de quartz.
De Saga à Télé, on trouve surtout du sable recouvrant quelques ondulations extrèmement larges. Le gneiss forme quelques. pointements avant Télé, avec, au voisinage, toujours non en place, mais n'ayant subi aucun transport notable, une argile zonée, du type de Zamokoira.
La Sirba, qui se jette dans le Niger à Télé, est bordée par des rives abruptes. On y rencontre de la diabase.
Entre Couleia et Namaro, se dresse verticalement un bloc (Debbo : la femme), constitué par un quartzite bleuté, riche en pyrite et traversé de filons de quartz laiteux.
En face de Niamé, des schistes très décomposés sont traversés de filons de quartz. Un peu plus loin, à 3 kil. en aval de Hondé, il y a un affleurement de gabbro.
Dans toute cette partie, le sol est généralement couvert de sable, mais les dunes ne se forment qu’assez loin du fleuve.
BA LATI À DEMBOU-SAKOFONDO
Au sortir du village de Balati, on voit une petite hauteur isolée (10 m.) constituée à peu près exclusivement par du quartz.
Entre Dembou-Salanda et Dambou-Sakofondo, on retrouve le seuil de Boubon. Sur la rive droite apparaissent les quartzites qui se prolongent dans le fleuve, avec une orientation Nm — 60° — W. Puis se présentent successivement des diabases à grands éléments écrasés et passant aux schistes feldspathiques, des diabases traversées de filons feldspathiques et des gabbros, ceux-ci désagrégés en boules peu volumineuses.
À part les pointements rocheux qui se présentent dans le fleuve même ou sur ses bords, toute la partie comprise entre Balati et Dembou-Sakofondo est recouverte par des dunes. Celles-ci, en partie fixées par la végétation, acquièrent leur plus grande hauteur un peu après Bangoukouré (25 à 30 m.). Du sommetde l'une de celles qui sont voisines du fleuve, on en aperçoit une nouvelle série vers l'ouest, faisant écran soit à des hauteurs à profil arrondi, soit à des plateaux tabulaires qui viennent aboutir sur le fleuve en face de Gabogouré. Ainsi, même si elles n'étaient pas fixées par les pluies et par la végétation, ces dunes ne pourraient se déplacer, puisqu'elles sont situées entre le fleuve et la falaise voisine.
Elles subissent naturellement les effets de l'érosion et ne gardent jamais la fraicheur de leurs arêtes comme Îles dunes désertiques. Cependant on est sûr qu'il ne s’agit pas là de formations quelconques recouvertes d'un faible revêtement de sable, ear l'une d'elles à été taillée à pic par l'érosion et elle présente bien une constitution homogène.
A Dembou-Sakofondo, les galets de quartz reparaissent au milieu du conglomérat ferrugiueux.
+ DEMBOU-SAKOFONDO À LAMORDÉ
La ligne de hauteurs aperçue à l’ouest des dunes de Dembou- Sakofondo se rapproche rapidement du fleuve, qu'elle surplombe
en face de Gabogouré (Fig. 43),
La route passe d'abord entre les deux parties d’une petite hauteur entamée par une étroite cassure, constituée par des amas de blocs de quartzites; ceux-ci se continuent jusque dans le fleuve pour se raccorder à l’affleurement de Gabogouré.
Fig. 43. — Bords du Niger entre Dembou-Sakofondo et Lamordé. — I. Ile à substratum de quartzites. — IL. Quartzites. — ILE. Grès argileux à profil trapézoïdal.
Cet accident est réuni, sur la rive droite, aux hauteurs tabulaires provenant de fort loin dans l'intérieur (Fig. 43 . Elles sont couronnées par du conglomérat ferrugineux et ontla constitution suivante :