H. Hubert, loc. cit
2. Lenfant, Le Niger, voie ouverte à notre commerce africain.
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E.W. IH y à donc dans cette région des plissements ayant, les uns par rapport aux autres une direction normale, et cela paraît d'autant mieux établi que les dalles de gneiss granitoïde de la rivière Pésira ont leurs éléments orientés Nm — 85° — W et sont affectés de cassures orientées Nm - 50 — E, c'est-à-dire rigoureusement perpendiculaires.
La présence de deux directions de plissements en un même point nest d’ailleurs pas particulière à la région de Nyassi. On trouve plusieurs endroits intéressés par des accidents de ce genre, notamment à Motchi (près d'Abomey) au lieu dit Cagouillé (au nord de Pira) enfin dans la région de Sansan-Haoussa. Mais ils sont toujours très localisés, et la direction générale des plissements, qui seule nous intéresse, est celle portée sur la carte.
On remarquera aussi que, pour les pays situés à l’ouest de l’Atacora, il n'a été indiqué que trois directions sans intérêt entre Fada- Gourma et Matiacouali. Pour tous les autres affleurements, il n’y a pas de direction décisive sur une longueur suffisante. La question est à reprendre pour tout le Gourma.
Voyons maintenant plus spécialement les formations de l'Atacora. On notera tout d'abord que l'orientation des plissements cadre bien avéc la direction de la chaîne, avec celle des fleuves et celle des plissements situés de part et d'autre. Mais il y a des divergences dans le détail.
L'allure des formations de Tannéka est bien différente de celle des gneiss et des micaschistes de la région de Djougou et des gneiss de Séméré. De même à Nioro, les pegmatites et les quartzites redressés, tout en ayant des directions peu divergentes, marquent une allure très différente de celle du massif.
A Lambounti, si les quartzites atteignent une orientation Nm — 50°— EF, à l’intérieur du massif, les yneiss et les quartzites ont, au contraire, une direction moyenne Nm — 80° — KE. Une orientation analogue se rencontre encore entre Firou et Konkobiri, et dans la région du W. Si bien qu'on peut dire qu'il y à àla fois une direction générale, coïncidant avec celle de la chaîne
(Nm — 500 — E) et une direction secondaire, qui est surtout Hubert 20®
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celle des plissements du versant sud-oriental. Et cela explique assez bien, sur ce versant même, la discontinuité de tous les chainons obliques, tandis que sur l’autre versant, il y a, au contraire, comme on l'a vu, le plus souvent parallélisme entre les chainons et la direction générale.
Il semble ainsi qu'il y ait eu un effortde compression bien plus violent venant du sud et dont le maximum d'effet s'est produit sur le versant sud-oriental. Cela est justement conforme à la direction des plissements des gneiss des régions de Djougou et de Nioro, qui viennent heurter le massif de quartzites obliquement à sa direction générale. |
On notera aussi l'allure courbée, en plan, des plissements de l'Atacora ; elle est plus prononcée que celle des gneiss et des micaschistes, ce qui semble indiquer que l'effort s'est produit avec plus d'intensité sur les quartzites, et cela semble confirmé par la discontinuité des chaïnons, surtout appréciable pour le versant sud-oriental.
D'un autre côté, un fait notable est la brusquerie avec laquelle se termine l'Atacora au-dessus des plaines. Le versant gourmantché, notamment, offre des parois verticales très supérieures à 100 mètres. Des cas analogues se produisent sur le versant bariba. J'ai dit qu'il ne semblait pas que l'érosion seule puisse déterminer de semblables accidents, d'autant plus que la constitution du versant gourmantché n'est pas homogène. En outre, si l'érosion seule était entrée en jeu, elle aurait débité chaque roche en raison de sa composition minéralogique, ce qui n’est pas. Il semble donc qu'il ait fallu que des actions tectoniques entrassent en jeu, surtoutsi l'on songe à la différence de niveau des plaines du Gourma par rapport à celles du Borgou. Mais si tous les faits plaident pour la mise en jeu de phénomènes tectoniques, je m'interdis formellement d'interpréter ceux-ci, parce que je considère n'avoir pas recueilli suffisamment de documents sur cette question. |
Par contre, les actions tectoniques sont très nettes dans l'intérieur du massif lui-même. On en à vu de nombreux exemples en ce qui concerne les plissements parallèles à la direction générale.
Les dislocations normales à la direction générale des chaînons sont extrémement nombreuses : cluses du versant nord-oriental,
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du W, de Doro. Sur le versant nord-occidental et dans la région Firou-Konkobiri, il: y en a également beaucoup, mais leurs parois sont rarement verticales ; elles sont plus souvent recouvertes d'éboulis, de sorte qu'on ne peut en tirer aucune autre conclusion que celle de leur généralité.
On a du reste d'autres preuves de l'abondance de ces dislocations par l'examen des couches de quartzites. On a vu, pour la région du W, que des cassures intéressaient la roche, dont les compartiments avaient légèrement joué. Le fait se répète, à la cluse de Doro notamment; il est également très appréciable au lac de Konkobiri et.en d'autres points encore. Il est rendu plus évident par le plongement constant des assises vers le sud, ce qui n'offre aucun rapport avec l'altitude générale du massif, qui diminue à mesure qu'on s avance vers le nord.
Hsemble donc que l'Atacora ait été non seulement l'objet de plissements parallèles, mais qu'il ait été intéressé par de rombreuses petites failles, ou plutôt de faibles décrochements, à la fois dans la direction longitudinale et transversale.
J'ai établi une comparaison entre l'Atacora et le Jura. Dans l'un et l’autre cas on se trouve en présence d'une région surélevée étendue, allongée et de mème orientation, apparaissant limitée de part et d'autre par des plissements et des failles, et intéressée norma-
lement à sa direction d'allongement par des accidents tectoniques
nombreux (cluses). L'un des versants (N.W. pour le Jura, S.E. pour l'Atacora) est limité par des chaînons dont la direction est variable, tandis que l’autre versant forme une arête élevée, beaucoup plus abrupte, et dont les différentes parties sont dans le prolongement l'une de l’autre. Dans l’un et l'autre cas enfin, l'allure des dépôts est relativement peu modifiée, les discordances étant toujours très localisées.
Les différences essentielles entre les deux massifs consistent dans la nature des formations, d'une part, et dans l'allure beaucoup plus accidentée du Jura, où l'on constate la présence de plis aigus dont on n'a aucun équivalent dans l’Atacora.
Ces faits étant établis, il est bon de reprendre l'ensemble des observations faites et d'en tirer des idées générales.
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Les terrains plissés où métamorphisés et même les terrains éruptifs des régions parcourues frappent tout d'abord par le parallélisme de leurs alignements : c'est une très bonne démonstration de ce qu’on a appelé le « principe de direction ».
Il estremarquable surtout de constater la continuité des mêmes formations dans le sens de la longueur, alors que les variations de constitution sont multiples dans le sens de la largeur, ce qui vient rendre plus évidente encore la constance de direction de l'effort orogénique. Deux coupes faites normalement à la direction des plissements, l'une passant par Savalou, la seconde par Guéné, montrent en effet à peu près toutes les formations de la
Pre [ “olonie (voir carte au Ro : ( : 1.250.000
Le passage de l’une à l’autre de ces formations s'établit, en plan, le plus souvent brusquement. Une des roches cesse suivant un plan vertical méridien et se trouve immédiatement remplacée par une autre. Il n’y à pas pour cela décrochement, mais simplement succession des deux types pétrographiques. Il est probable cependant qu’à la suite d'une étude minutieuse on pourra indiquer plus tard un certain nombre de cassures longitudinales, comme celle marquée par la vallée de l'Agbado qui sert de limite rectiligne entre les gneiss plissés basiques de Savalou et les. gneiss granitoïdes ou les granites situés plus à l’est.
Les renseignements fournis sur la partie méridionale des massifs cristallins (entre Paouignan et Savé) montrent que les alignements y sont remarquablement parallèles et surtout qu'il y a là un faisceau extrêmement compact. C'est là qu'a dû être supporté l'effort principal subi latéralement par les formations des pays parcourus.
A la hauteur de Parakou, les roches semblent même avoir subi plutôt un refoulement vers l'ouest, puis, immédiatement après cette localité, la résistance qui les maintenait dans une direction méridienne cessant brusquement, elles ont pu s’étaler en éventail, dévier même sous l'influence de nouveaux efforts. On a comme l'impression qu'il existerait en territoire anglais, à proximité de la frontière et à la hauteur de Parakou, un môle puissant, que les plissements auraient été dans l'obligation de contourner. Et cette
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impression se renforce du fait que les rivières prenant naissance à Get endroit ont des directions qui font entre elles un angle droit, ce que la pente du terrain ne paraît pas suffisante à justifier.
I n’a pas été question jusqu’à présent des pointements éruptifs signalés. Il semble que leur influence à été à peu près nulle au point de vue tectonique. Bien mieux, il semble qu'eux aussi aient subi les mêmes efforts mécaniques que les gneiss, mais seulement dans une plus faible proportion. L'examen optique des roches éraptives (Fita, Abomey), montre qu'elles ont toujours supporté des pressions latérales importantes.
Ces roches ont traversé le revêtement cristallin au milieu duquel elles forment des boutonnières plus ou moins étendues, allongées dans le sens des plissements. Elles ont ainsi emprunté des directions suivant lesquelles les gneiss offraient la moindre résistance, mais sans déterminer un refoulement important de ces derniers, car les plissements ne sont pas beaucoup plus accentués au contact immédiat des deux roches.
Quant aux actions métamorphiques proprement dites, elles sont à peu près nulles sur la roche avoisinante. Dans ces conditions il est tout à fait vraisemblable que les actions latérales subies par les roches éruptives soient, non pas contemporaines de leur individualisation, mais postérieure à celle-ci.
On verra, dans la partie pétrographique, que je considère le gneiss granitoïide comme étant de nature éruptive, on voit qu'il a fallu qu'il ait subi des pressions latérales énormes pour acquérir la structure que nous lui connaissons.
Quelle a été l'amplitude et l'importance des cal ? Elle a été probablement considérable, mais il est impossible de l'indiquer dès maintenant, puisque toutes les formations ont été rabotées profondément par l'érosion.
Il y à eu vraisemblablement plusieurs séries de TR à des époques très différentes les unes des autres. Une première série semble avoir intéressé exclusivement les gneiss feuilletés, qui semblent bien les plus anciens en date. Puis des roches éruptives acides se sont individualisées à leur tour, après quoi elles
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ont subi aussi des pressions latérales : elles ont ainsi donné naissance aux gneiss granitoides. :
Un puissant revêtement sédimentaire s'établit alors, du moins en partie, sur ce substratum, sans doute raboté par l'érosion. En même temps, de nouveaux phénomènes dynamiques se produisaient, toujours de même sens. Leur durée dut être fort longue, elle prit fin lors de l'individualisation des grès du Gourma. Au cours de cette époque, les gneiss granitoïdes se trouvaient lardés ou traversés en profondeur par de nouvelles roches éruptives : granites dans le sud, roches basiques dans le nord et, un peu partout, filons de pegmatite (1). Cette période d'activité fut encore marquée à son début par le métamorphisme des dépôts sédimentaires (Atacora, Savalou); après quoi.elle devient à peu près nulle et n’est plus indiquée, très localement, que par leredressement de quelques assises gréseuses au Gourma.
L'érosion, poursuivant son œuvre, a nivelé de plus en plus toutes ces formations. Après avoir déblayé une grande partie des sédiments, dont les plus résistants seuls ont demeuré (quartzites, grès siliceux), elle a nivelé régulièrement le sous-bassement cristallin, tel que nous le voyons aujourd'hui. Dans le nord seulement, à la faveur d'actions auxquelles l'évolution d'un système hydrographique très particulier (2) n’est certainement pas restée étrangère, de nouvelles formations, continentales, s’établissaient sur le sous-bassement. Enfin au sud, la mer, qui depuis l’individualisation des gneiss parait n'avoir pas modifié son rivage, s est retirée peu à peu en laissant les dépôts de la bande côtière.
Lorsqu'on étudie les phénomènes tectoniques au Dahomey, on ne peut s'empêcher de remarquer l'unité de direction des pressions supportées par les diverses formations au cours de leur évolution.
Cette unité me paraît être justement la caractéristique de ce qu'on a appelé un sys/ème. Celui-ci étant particulièrement bien exprimé, tant au point de vue de la direction que du relief par l’Atacora, après l'individualisation duquel il n’a pas tardé à ces-
1. Ce sont ces roches éruptives que l'érosion a mises à nu depuis. 2. Dont le Niger actuel reste le dernier témoin.
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ser, je me propose, en l'absence de renseignements où l’on esten ce qui concerne les régions voisines, de désigner tout au moins provisoirement l'ensemble des plissements des pays parcourus sous le nom de Système de l'Atacora.
Actuellement on ne possède pas de renseignements relatifs à la tectonique des pays étrangers voisins du Dahomey. Mais il est cependant certain que les plissements ont pris une ampleur considérable de part et d'autre de la colonie. Il en est de mème au nord des pays parcourus, où MM. Gautier et Chudeau les ont signalés. Ils reprennent alors une direction méridienne. Le sommet de la nouvelle courbe ainsi formée serait nécessairement au voisinage du 15° parallèle.
Malgré le grand nombre des observations que j'ai faites et le contrôle rigoureux que j'y ai apporté, je ne me dissimule pas que l'histoire géologique du Dahomey, décrite ainsi à grands traits, laisse une large part à l'hypothèse. Je’crois qu'il y avait cependant avantage à synthétiser ici mes observations. -
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