‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 226 sur 276 · GRAS · texte numérisé non relu

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TECTONIQUE

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Fig. 47. — Tectonique.

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que lorsqu'on l’applique aux faits de détails. En effet, il n'est pas douteux que d'une manière générale un cours d’eau important a eu son allure générale influencée d'une façon directe et évidente par la direction des plissements. Mais alors que ceux-ci sont rigoureusement rectilignes, on ne saurait en attendre autant des cours d'eau, d'où cette indépendance apparente des grandes rivières et des accidents tectoniques (1).

J'ai dit aussi qu'il n'y avait aucun rapport nécessaire entre l'orientation des cours d'eau et des accidents orographiques, et l'on voit ici que les uns et les autres sont parallèles aux plissements. Mais cela ne les empêche pas de demeurer très souvent indépendants les uns des autres, carla plupart des grandes artères avaient déjà établi leur cours lorsque les accidents du relief ont été individualisés par l’érosion. N'oublions pas en effet que dans la région centrale, au moins, les accidents actuels du relief ne sont pas dus à des soulèvements, maïs à l'érosion seule.

Dans tous les cas où il y a conflit entre l'orientation des plissements ou des accidents du relief, d’une part, et celle des cours d'eau, d'autre part, ce sont toujours ces derniers qui finissent par l’emporter.

Je me considère autorisé à réunir les directions des plissements voisines les unes des autres lorsqu'elles sont dans le prolongement l’une de l’autre et qu’elles se rapportent à des roches identiques. Quelle que soit la genèse de l'individualisation des types pétrographiques cristallins, nous avons le droit de les identifier les uns aux autres lorsqu'ils sont continus — ou immédiatement voisins — et qu'ils ont les mêmes caractères. Cela étant, on voit que les formations gneissiques et les quartzites possèdent différentes directions qu'il est bon de discuter maintenant.

Au sud, les alignements des gneiss, aussi bien ceux du Mono queceux de Zagnanado, offrent une direction NNE-SSW, puis on constate un coude avec tendance vers une direction NNW-SSE, indiquée seulement par quelques affleurements sur la frontière

4. On n’a vu qu'exceptionnellement, il est vrai, cette indépendance est complète en ce qui concerne le Niger.

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occidentale et fortement marquée au contraire par les roches de la région de Savé. Un peu au delà du huitième parallèle, la direction méridienne domine dans l’ensemble de la colonie, puis dès le dixième parallèle, la tendance à la direction NNE-SSW reprend et se manifeste d'une façon très nette avant l'arrivée au Niger. Tout à fait au nord, les alignements deviennent ENE- WSW. De sorte que la ligne qui représenté le mieux la moyenne des directions serait celle qui passerait successivement par les alignements de Zagnanado, Gogoro, Halafia, Sinendé et Pékinga, localités où toutes les roches sont ou identiques, ou possédant une constitution très voisine. Le seul cas aberrant est fourni par les affleurements de Bapérou, Parakou, Guinagourou, et Diguidirou, de constitution identique à ceux de Gogoro-Halafia et qui dessinent une courbe brusque qui passe de S.N. à W.E. J'ai indiqué, au sujet des roches de Parakou, que leurs éléments, bien qu'orientés, affectaient successivement toutes les directions. Il est donc évident que, dans cette partie, qui coïncide précisément avec le sommet de la courbe, les actions qui ont déterminé les alignements se sont manifestées différemment que partout ailleurs.

Or, supposons que cette ligne de plissements se prolonge au delà de Diguidirou, en territoire anglais par conséquent, ce qui n'a pas lieu nécessairement. On ne pourrait s'empêcher de remarquer que cette direction coïncide précisément avec celle de l'Oly, dont le cours est si différent de celui des autres rivières dahoméennes. Notons encore quon ne connaît, en territoire anglais, que trois affluents de la rive droite du Niger, qui aient la direction W.E. : ce sont le Menay, l'Oly et le Moussa, et tous trois occupent une zone de moins de 100 kilomètres de largeur au milieu de laquelle se trouve l'Oly. Il semble donc qu'il y ait autre chose qu'un hasard heureux entre l'identité d'orientation des trois rivières et de celle de l’amorce des plissements dans une même région. On a vu qu à latitude égale, il y avait identité de constitution et d'aspect entre le Dahomey et la Nigeria occidentale, il n’est donc pas téméraire de penser que l'hydrographie est soumise aux mêmes causes, et par suite queles plissements W.E. se prolongent bien vers l’est, au voisinage du 10° parallèle.

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Du reste, il y a mieux. Si l'on marque la ligne de ces plissements jusqu'au delà du Niger,elle rencontrerale fleuve àla hauteur du dixième parallèle, c'est-à-dire à l'endroit précis où se trouvent les grands rapides de Boussa. Or, nous assistons à ce fait remarquable que les plissements traversent normalement le fleuve au moins depuis Youri jusqu'à Kompa et que partout, entreces deux points, les affluents, les rapides et les plissements sont parallèles. Dans la région Boussa-Badjibo, les rapides recommencent, et les affluents, quiont pris une direction nouvelle, leur sont également parallèles ; de plus l'amorce des plissements en territoire français affecte la même orientation. C'est dire combien se précise la probabilité de la continuation des plissements français vers l’est. Mais on pourrait objecter que les roches des rapides de Boussa ne présentent pas de directions de plissements notables. Cela n’est pas cependant, car j'ai signalé autrefois des gneiss à Ourou « extrêmement feuilletés » et les granites à Badjibo « ayant leurs éléments alignés d'une façon assez régulière » (1). Or il y a toutes les chances possibles pour que la direction des plissements soit précisément E.W car M. le Commandant Lenfant, qui a recueilli ces échantillons, signale que, dans cette région, le fleuve, de direction N.S., « est coupé par une barrière de rochers » (2). :

Cette accumulation de preuves est bien faite pour autoriser à dire que de la grande zone des plissements N.S. se détache, à la hauteur de Bapérou, une apophyse qui s’incurve rapidement et acquiert une orientation W.E. Cette apophyse déterminerait la direction des affluents du Niger, et sa rencontre avec le Niger donnerait lieu à la formation des rapides de Boussa.

Il ne faut pas oublier cependant que cette orientation des plissements de Bapérou à Diguidirou n'est pas exclusive et que, notamment à Nyassi, à proximité de Diguidirou, on la retrouve sensiblement N.S. Je n'ai malheureusement pas pris toutes les orientations des plissements entre Dérassi et Diguidirou. Les indications portées sur mes notes les marquent plus généralement

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