ETHNOGRAPHIE
Cliché H. Hubert,
Femme Mahi (Savalou).
Courteil (Say). Haoussa (Parakou).
Sourmbas (Atacora).
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PÉTROGRAPHIE A6G5
Microgranites calco-alcalins.
Sauf celui qui constitue les collines de Tchagui (ou Segui) les affleurements de microgranite sont très limités au Dahomey. Bien qu'ils ne présentent aucun caractère particulier, je décrirai quelques-uns d’entre eux.
MICROGRANITE DE TCHAGUI
Toutes les roches de Tehagui sont très voisines les unes des autres. Elles sont compactes, formées d'une pâte d'un gris verdàtre au milieu de laquelle apparaissent quelques minéraux blancs.
On peut distinguer deux types différents :
A) Roche formée de phénocristaux noyés au milieu d’une pâte microgranitique. À
Les cristaux du premier temps, généralement corrodés, sont : le microcline, très abondant, l'orthose, l'oligoclase-albite et accessoirement la biotite, le zircon et l'épidote.
La pâte est formée de biotite, d'orthose et de quartz, mais dans certains échantillons, elle est remarquablement riche en quartz.
B) Roche dans laquelle les phénocristaux sont très rares, mais où l’on trouve par contre de petites enelaves riches en biotite, avec accessoirement du quartz et de l'épidote.
MICROGRANITE DU LOUTO
Affleurement peu développé dans le lit du Louto.
Roche très voisine d'aspect des roches précédentes.
Les phénocristaux sont constitués surtout par des plagioclases non déterminables par suite de leur altération, et par de la magnétite et de la biotite.
La pâte est très riche en quartz.
Cette roche est remarquable par les nombreux et très beaux sphérolites qu'on y observe.
L'épidote, comme produit secondaire, est très abondante.
Hubert 30
MICROGRANITE DE FITA
Se trouve en filons au pied du massif de Fita.
Le premier de ces filons est à environ 500 m. du dernier affleurement de granite à riebekite dont il sera question plus loin.
C'est une roche formée d'une pâte gris clair, où les minéraux blancs visibles à l'œil nu sont rares. Ceux-ci : orthose (souvent faculée d’albite), oligoclase, albite, quartz, ont généralement des formes très nettes. La biotite forme en outre des agrégats assez développés. La pâte, où tous ces minéraux se retrouvent, avec en plus de la biotite, est surtout riche en quartz. Ce dernier minéral, remarquable en raison de ses extinctions roulantes, existe parfois à l’état de quartz vermiculé.
Les phénocristaux sont souvent entourés de micropegmatite.
A quelque distance du gisement précédent, un nouveau filon de microgranite se trouve en contact avec un gneiss granulitique.
La roche, très voisine d'aspect des précédentes, possède des phénocristaux peu volumineux de microcline (dominant) et d'orthose (généralement faculé d’albite) avec un peu d'oligoclasealbite ; enfin du zircon et de la biotite.
La pâte est remarquablement fine. On y rencontre de petites éponges de quartz globulaire et, en abondance, de la biotite.
MICROGRANITE DE DIAPAGA
Le microgranite de Diapaga est intéressant en raison de sa proximité des roches basiques.
Les phénocristaux sont : des plagioclases très altérés, non déterminables, mais à petits angles d'extinction ; de l'orthose et de la magnétite. La pâte contient en outre de la biotite et du quartz. On trouve encore de l’épidote secondaire.
Granites alcalins.
GRANITE DE FITA Ce type pétrographique est tout à fait exceptionnel dans l’en-
semble des formations cristallines du Dahomey. Il constitue, d'une façon exclusive, le massif de Fita décrit précédemment.
PÉTROGRAPHIE 467
La roche dominante de ce massif est à grain moyen, à structure granitique normale ; on y voit à l'œil nu du quartz, des feldspaths d'une couleur blanc jaunâtre et de la riebeckite en petits cristaux ne dépassant pas 5 mm. : ces derniers sont répartis d’une facon très uniforme.
Le feldspath le plus abondant est l'orthose (macles de Carlsbad et de Baveno) très fréquemment faculé d’albite. Il est accompagné de microcline et d’albite. La riebeckite, extrêmement foncée, est souvent maclée suivant 4’. Il existe en outre quelques paillettes de biotite, du zircon et de l'apatite. L'examen microscopique-montre la trace d'actions mécaniques puissantes (structure en mortier, extinctions roulantes du quartz).
J'ai pu constater en plusieurs points que, sur les bords du massif, la roche normale prend un grain très fin ; elle possède alors la même composition minéralogique, mais la riebeckite prend la forme de petites aiguilles ayant une téndance à l'orientation.
Microgranite alcalin.
MICROGRANITE DE FITA
Les filons de microgranite à riebeckite qui traversent le massif précédent ont une largeur ne dépassant pas 0 m. 50. Leur composition varie du centre à la périphérie.
Dans la partie centrale, la roche est caractérisée par la présence de phénocristaux d’orthosé, de microcline et de quartz à formes nettes, noyés au milieu d'une pâte d'un gris bleuté. Les autres grands éléments, que le microscope permet seul de reconnaître, sont la magnétite et le zircon. Quant à la pâte, elle est formée par un mélange de quartz, d’albite, de riebeckite et de -biotite : cette dernière est plus abondante que dans le granite, tandis que les feldspaths sont plus rares. Il faut noter en outre lPexistence de fluorine xénomorphe.
Les salbandes ont une composition variable d’un filon à un autre, correspondant à deux types diflérents. Dans le premier, les phénocristaux sont très rares ; ceux d'orthose et de quartz, parfois associés pour former une pegmatite graphique, sont toujours très coriodés. La riebeckite n'existe plus dans la pâte, où
le seul élément coloré est la biotite, mais elle tapisse les joints de la roche : elle s'y est formée par pneumatolyse.
Dans le second type, le seul minéral aisément discernable à l'œil nu est la riebeckite, en très fines aiguilles orientées parallèlement à la direction du filon, et déterminant dans la roche un rubanement très net. Les autres grands cristaux sont les mêmes que précédemment, mais le quartz seul est corrodé. La pâte est presque exclusivement quartzeuse.
FAMILLE DES DIORITES
Les diorites sont des roches assez peu répandues au Dahomey. Non seulement elles sont assez peu abondantes, mais encore là où on les rencontre, elles sont très localisées. D'autre part, comme elles ont subi presque constamment des actions mécaniques puissantes, il devient presque toujours fort malaisé de les différencier des gneiss.
Ces roches appartiennent à deux types bien différents. Dans le sud de la région des schistes cristallins (Adjarala, Dossohoué, etc.) elles se présentent (comme les granites d’ailleurs) sous la forme de filons peu développés traversant les gneiss acides. Dans la région septentrionale (Yobiri, Diapaga, etc.) au contraire, elles sont toujours associées à des roches filoniennes franchement basiques (diabases). Dans l'un ou l'autre cas, elles se rapprochent très nettement des roches avec lesquelles elles sont en contact.
Les diorites du premier type sont des roches grenues, généralement à grain moyen, et dont la couleur, d'un gris verdâtre, est due à la présence de l'amphibole, toujours visible à l'œil nu. Ce minéral, toujours dominant, peut englober la plupart des éléments de la roche. Au microscope, il apparaît en grandes plages déchiquetées, souvent maclées suivant A’ et aux dépens desquelles peuvent s'individualiser, dans les clivages, des cristallites ferrugineux. | \
Les feldspaths de ces roches sont exclusivement des plagioclases. Les seuls déterminables avec précision sont à rapporter à l'andésine, les autres, à petits angles d'extinction, semblent être
de l’oligoclase.
Dans ces diorites, il y a toujours du quartz en abondance, ce qui les rapproche étroitement des roches avec lesquelles elles sont en contact.
En dehors de ces minéraux, dont la présence est constante, on trouve soit du grenat, comme à Adjarala, soit de la biotite, comme à Dossohoué, et des produits secondaires abondants, parmi lesquels il faut citer la zoïzite — passant à la clinozoïzite — (Adjarala) et la chlorite.
Les actions mécaniques subies par ces roches sont considérables. Elles se traduisent surtout au microscope : par le fendillement de certains éléments (comme le grenat, à Adjarala, dont les fragments sont recimentés postérieurement par l'amphibole), par les extinctions constamment roulantes du quartz, par la torsion des feldspaths dont les extinctions-sont parfois moirées.
Ces roches sont fréquemment altérées.
Les diorites du second type sont des roches normalement plus foncées que les précédentes, et à grain beaucoup plus fin. Toutes tendent au moins vers la structure ophitique et certaines d'entre elles la possèdent très nettement, ce qui les rapproche beaucoup des diabases. : ,
Du reste, comme toutes les diabases observées, ces roches: n'affleurent que sur des étendues très limitées et leur présence à la surface du sol ne se traduit guère que par des amas de boules ellipsoïdales de petites dimensions.
Le meilleur exemple de ce second type de diorite est la roche de Diapaga, où les minéraux constituants sontl'apatite, la magnétite, le labrador A4,An,, l’amphibole et, comme produits secondaires, le quartz, l'épidote, etle mica (damourite).
Le feldspath est fréquemment zoné, mais autant que permettent de s’en rendre compte les sections insuffisantes pour effectuer des mesures, la basicité de la partie centrale n'est pas notablement différente de celle de la partie périphérique.
L'amphibole offre dans cette roche la macle polysynthétique suivant L'. Dans la structure de la roche, elle joue le rôle du pyroxène des diabases, tandis que le quartz secondaire s’est surtout développé dans les cavités.
PÉTROGRAPHIE 171
Microdiorites.
Roches filoniennes foncées compactes.
Elles correspondent à deux types différents. Celles du premier type sont représentées par la microdiorite micacée de Mocpa, qui traverse le gneiss granitoïde. C'est une roche holocristalline tendant à la structure microlitique. Elle est constituée par de grands cristaux d'oligoclase-andésine, à contour arrondi, au milieu d’un agrégat de microlites d'oligoclase-andésine, de magnétite, d’amphibole verte et de biotite.
Les microlites feldspathiques sont toujours aplatis, et sont groupés fréquemment en gerbes. La biotite est très abondante.
Cette roche entre dans le groupe de la malchite indiqué par M. Rosenbusch (1). Elle se rapproche beaucoup également des lamprephyres.
Les microdiorites du second type sont celles qu'on rencontre dans le Gourma (Namounou notamment,. Elles sont associées au contraire à des types basiques. Ce sont des microdiorites quartzifères, roches primitivement microlitiques avec des phénocristaux de plagioclase. Ceux-ci, entièrementdécomposés, sont aujourd'hui indéterminables et souvent des agrégats volumineux d'épidote les ont remplacés. Le quartz, secondaire, s’est individualisé en agrégats assez volumineux au milieu de boutonnières.
Les autres minéraux sontla magnétite (souvent automorphe), l'amphibole (maclée suivant 2'), et des produits micacés secondaires.
Cesroches correspondent au type « dioritporphyrit » de la classification de M. Rosenbusch (2).
4, Rosensbuch, Loc. cit.