Rosenbusch, loc. cit
FAMILLE DES GABBROS
Dans la partie méridionale de la région des schistes cristallins, les gabbros forment quelques rares pointements, très limités, comme au voisinage d'Aoùamé et dans le massif de Fita. Mais dans la région septentrionale, surtout au nord de l'Atacora, leurs affleurements sont assez nombreux et beaucoup plus étendus.
Tous les types étudiés sont très voisins du gabbro normal ; ils offrent tous ce caractère commun d'être entièrement dépourvus d'olivine. Ils possèdent la structure grenue avec tendance vers la structure ophitique, marquée surtout par l’antériorité du feldspath moulé par le pyroxène.
Le feldspath de tous ces gabbros (possédant les macles de d’albite et du péricline, parfois aussi celle de Carlsbad) est du labrador Ab,An,.
Certaines de ces roches, comme celle de Goroubanda notamment, se rapprochent de certains types de la Guinée, décrits par M. A. Lacroix (1). Elles sont remarquables par l'association normale de deux pyroxènes : hypersthène et diopside; les grandes plages du pyroxène orthorhombique, le plus ancien, sont moulées par le pyroxène monoclinique qui les englobe souvent entièrement, ou forment avec elles une sorte de micropegmatite. Dans cette roche, qui se rapproche beaucoup de la diabase, l’hypersthène se transforme fréquemment en bastite, On y trouve également des sphérolites de prehnite et de l'ilménite.
1. A.Lacroix. Les roches éruptives basiques de la Guinée française, in Comp. rend. Ac. Se. CXL, p. 411. Paris, 4905.
PÉTROGRAPHIE 473
Un type assez particulier de gabbro est celui de Fita, où les cristaux de pyroxène, postérieurs aux feldspaths, sont fréquemment entourés d'une couronne de pyroxène et de grenat. La magnétite est abondante dans cette roche.
La roche de Mardaga diffère des précédentes en ce que le pyroxène originel a été complètement ouralitisé (épidiorite).
L'amphibole se présente sous deux aspects. Ou bien elle forme des grandes plages englobantou moulant les autres éléments ; ou bien elle forme de petits cristaux individualisés, tantôt isolés, tantôt au milieu des grandes plages du même minéral dontils ne possèdent pas l'orientation, tantôt au milieu des feldspaths. Dans le premier cas, elle correspond très bien au pyroxène originel de la roche (diallage) dont on reconnait aisément la trace des lamelles par les cristallites ferrugineux qui s'y sont développés. Dans le second cas, elle a dû se produire à la faveur d’actions dynamiques, et ces dernières sont rendues évidentes dans la roche par le fait que les feldspaths ont été brisés puis recimentés par l'amphibole.
Le degré d'altération de ces amphiboles varie d'un point à un autre. Tandis que la partie centrale demeure homogène et à pléochroïsme marqué (mais dans les teintes faibles), la péréphérie des cristaux, où les cristallites ferrugineux sont excessivement développés, est beaucoup plus colorée (pléochroïsme passant du vert bleu au jaune brun).
Les autres éléments de cette roche sont la titanomagnétite, le labrador Ab, An, et un peu de quartz secondaire.
Le premier de ces minéraux est intéressant en raison de son abondance, puisqu'il est susceptible de former des amas qui atteighent une quinzaine de mètresde hauteur au-dessus du sol. Ceux-
“ci sont dus à des secrétions magmatiques analogues à celles de la Suede (1). On peut suivre dans le massif les passages depuis la roche où le minerai, microscopique, est très rare, jusqu à la roche presqu'exelusivement formée de titanomagnétite avec une très faible quantité de chlorite et de quartz secondaires.
Ces amas occupent sensiblement le centre de la région basique