‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 235 sur 276 · R. Beck, loc. cit · texte numérisé non relu

R. Beck, loc. cit

Mardaga-Namounou, dont ils ont sans doute contribué à conserver le relief, en raison de leur plus grande résistance à la dénudation. -

L'association de la magnétite et de l'oxyde de titane apparaît très irrégulière, car des échantillons, recueillis à une très faible distance les uns des autres, se comportent très différemment vis-à-vis de l'aiguille aimantée. D'autre part, la magnétite a été transformée en grande partie en hématite (martite), caractérisée

par sa poussiere rouge.

FAMILLE DES DIABASES

Les diabases sont des roches assez répandues dans la partie septentrionale des pays parcourus, notamment au nord de l’Atacora.

Avec la structure ophitique qui leur est spéciale, la plupart d’entre elles présentent cette particularité d’être constituées par.de grands éléments ; elles tendent ainsi vers les gabbros. Ce caractère est à noter, parce qu'il est très général, et qu'il donne à ces roches, au Dahomey, un air de famille contrastant avec celui qu'elles acquièrent dans de nombreuses régions, en Europe ou en Guinée par exemple (1), où elles ont une tendance très nette vers la structure microlitique.

D'ailleurs, d'une manière générale il n'y a pas de différence marquée entre les gabbros et les diabases. Celles-ci sont des roches ayant cristallisé en masse sans qu'il se soit formé des phénocristaux en profondeur : c'est à quoi est due la structure ophitique, où les feldspaths aplatis sont caractéristiques. Les gabbros, au contraire, ont cristallisé lentement, et ont ainsi acquis la structure grenue (feldspaths arrondis). Mais on voit tout de suite que la division ne saurait être précise : sur les bords d'un massif gabbroïque, la roche peut acquérir la structure ophitique, de même les filons de diabase peuvent au centre acquérir l'aspect du gabbro. :

Dans le Gourma et sur le Niger, la différence entre les deux roches paraît être moins tranchée que partout ailleurs, et les con-

4, À. Lacroix, loc. cit.

ditions de gisement de ces types pétrographiques ne permettent souvent pas, quant à présent, d'établir rigoureusement auquel des deux il faut rapporter de préférenceles affleurements rencontrés, parce qu'en général ceux-ci ne sont visibles que sur des surfaces extrêmement limitées. En tout cas, la roche nettement en filons parait être très peu répandue. De plus il est bon de noter que, sur le Niger notamment, les affleurements de ces roches sont extrèmement voisins les uns des autres.

Ces diabases sont presque toujours en relation avec des roches cristallines acides (granites ou gneiss) au milieu desquelles on les rencontre.

Je distinguerai trois types de diabases.

a) Type à grands éléments.

b) Type à deux temps de cristallisation.

c) Type ayant subi des actions mécaniques.

a) Les meilleurs exemples du premier type sont ceux de la région d'Yondé, où pour des gisements voisins, ils se présentent sous trois aspects différents. La roche d'Yondé est constituée par de grands feldspaths (labrador Ab, An,) englobés dans de très grandes plages de pyroxène (diallage). Par la dimension de ses éléments, c'est un gabbro. Cette roche à bien l'aspect de la partie centrale d'un filon de diabase à grain fin ayant subi une cristallisation lente. On y rencontre de la micropegmatite.

Un autre échantillon diffère du précédent par la présence de deux pyroxènes : hyperstène et augite ; le premier au centre nourri par le second (1). Le pyroxène s'ouratilise fréquemment : les cristaux non altérés et ceux d’amphibole se pénétrant fréquemment. Le minéral de la périphérie (amphibole) apparaît souvent maclé. : |

Les minéraux essentiels d'une autre diabase de ce type sont le labrador, l'andésine, le diopside et l'amphibole. La particularité de cette roche réside dans l'irrégularité avec laquelle elle présente la structure ophitique. On trouve en effet des parties possédant la structure grenue. En outre, les cristaux de diopside sont souvent

1. Ce caractère est encore un nouvel argument permettant de rapprocher les diabases et les gabbros.

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en grains isolés et indépendants au milieu de l'amphibole, de sorte qu'on est en droit de penser qu'une partie de celle-ci ne provient pas de l’ouralisation du pyroxène,mais est d'origine primaire.

Ces roches mettent bien en évidence, comme on le voit, le passage des diabases aux gabbros.

6) Les roches du second type sont beaucoup plus rares. Les seules que j'ai étudiées au microscope sont en contact avec des roches éruptives acides ; elles sont nettement filoniennes.

Parmi elles, je citerai la diabase de la montagne de Tchagui. Dans ces roches, les minéraux du premier temps sont des grands feldspaths (andésine) quant à ceux du second temps, il n’est pas possible d'en connaître la nature, car ils ont été remplacés par de la biotite et de l’amphibole secondaires. C'est, si l’on veut, une andésite micacée. Elle correspond à la diabasporphyrit de la classification de M. Rosenbusch (1). |

La diabase de Karma est également une roche à deux temps de cristallisation, mais ceux-ci sont moins accentués que dans le cas précédent. Les phénocristaux sont constitués par de l’andésine zonée ; ils sont corrodés et à contours arrondis. Les microlites sont formés par du labrador A6, An,. Cette diabase est également très altérée : l'augite y est complètement transformée en calcite. En outre, dans la roche se sont individualisées de petites boutonnières remplies de calcite et de quartz secondaires, ce dernier minéral possédant constamment des extinctions roulantes.

c) Les roches du troisième type ont dû être à l'origine très voisines des diabases normales. Mais les actions mécaniques qu'elles ont subies sont telles qu'elles méritent d'être considérées à part.

Certaines d’entre elles présentent cet intérêt de tendre vers des roches schisteuses, si bien qu'on peutréunir un ensemble d'échantillons qui présentent tous les termes de passage depuis la diabase ayant subi des actions mécaniques faibles jusqu'aux schistes amphiboliques. Et cette constatation à une signification importante en raison de l'abondance de ces schistes parmi les types

pétrographiques rencontrés.

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