LES PRODUITS MINÉRAUX EXPLOITES
Les produits minéraux exploités par les indigènes sont encore peu nombreux (Carte, fig. 48). Je m'en occuperai brièvement.
Granite et gneiss. — Les roches cristallines sont utilisées dans le pays tout entier comme meules. Dans beaucoup d’endroits, les villages étant construits sur la roche même, les femmes indigènes vont y écraser le maïs etle mil.
La roche est creusée peu à peu en forme d'auges, voisines les unes des autres, qui sont abandonnées dès qu'elles atteignent une certaine profondeur.
Mais en d'autres points, les indigènes transportent dans leur village des blocs de 20 à 30 kilog., qui leur servent de meules dormantes. Ce sont le plus souvent des blocs éboulés dont on se sert tels quels.
Il y a cependant deux points où l’on procède à une véritable exploitation : à Azoé-Sota (granite) près d'Abomey, et un peu à l'est de Tan gneiss) dans la région de Zagnanado. Les boules de la roche sont débitées par le feu, puis taillées par des artisans qui leur donnent une forme convenable. Une meule de 25 kilogr. vaut en moyenne 5 francs à Tan.
Les roches -cristallines ont été utilisées également pour les travaux d'art du chemin de fer. En plusieurs points (Ouissi, bords de l'Ouémé, etc.) on a exploité des carrières assez vastes.
Argiles. — Les formations argileuses ont été l’objet d'utilisations diverses.
Dans quelques pays, on se sert du kaolin pour le blanchiment des murs et pour leur ornementation.
Les argiles fines et grasses sont employées dans presque tout le pays pour la fabrication des jarres. Les femmes, qui sénéralement sont occupées à cette industrie, acquièrent une habileté surprenante, elles fabriquent des ustensiles d’une régularité parfaite bien que ne se servant jamais de tour. Les jarres, d'une contenance de 15 à 20 litres en moyenne, sont faites en plusieurs pièces, qui, après dessication sont jointes pour la cuisson.
Au sud de l'Atacora les cases indigènes sont construites en terre plus où moins argileuse (1), sauf au voisinage même des lagunes. Dans le sud, la terre de barre est particulièrement avantageuse pour les constructions.
Enfin, en plusieurs points on a utilisé l'argile pour la fabrication des briques. Une installation européenne à même été faite à Nazoumé où l’on utilise la vase argileuse de l'Aho, déversoir du lac Ahé.
Limonite. — De la limonite contenue dans le conglomérat ferrugineux les indigènes extraient du fer.
Is recueillent le plus souvent le minerai à la surface. Cependant les Soumbas creusent dans l'argile superticielle des trous à 3 mètres de profondeur, au fond desquels ils trouvent le minerai en rognons. Souvent les puits sont réunis par de petites galeries.
Le mode de traitement varie suivant les localités. Dans le Gourma, à Zougou et dans la région de Segbana, on suit la méthode catalane, en employant pour cela des petits fourneaux cylindriques.
Dans l’Alacora cetté méthode est encore la seule suivie, mais avec cette particularité que les procédés mécaniques des hauts fourneaux y ont été appliqués. à
L'appareil en usage chez les Soumbas à environ 2 m. 50 de hauteur. Il est formé de deux troncs de cône en terre réfractaire. En bas sont deux trous disposés latéralement, destinés à favoriser l'entrée de l'air et, entre eux, un trou de coulée fermé par un bouchon d'argile. I n'y à pas de tuyère, l'appareil étant construit
{. Dans le Gourma et le pays de Say, les cases sont presque toujours construites en paille. S
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