VARIATIONS DE LONGUE DURÉE
En dehors des variations indiquées précédemment, lesquelles se compensent, en quelque sorte, d'une année à l'autre, il se présente des variations de deux ordres. Les premières, dont le cycle est d’assez longue durée, se reproduiraient régulièrement. Mais elles sont mal connues, non étudiées, et leurs causes demeurent ignorées.
J'ai souvent entendu dire qu'il y avait des pluies particulièrement fortes tous les 7 ans, mais cela n’est nullement démontré.
Les autres variations sont encore beaucoup plus difficiles à saisir, parce qu'elles sont beaucoup plus lentes. Ce sont celles qui marquent la diminution progressive (1) des précipitations atmosphériques.
On ne possède pas actuellement de chiffres probants à ce sujet, mais le résultat est indéniable comme le prouve le débit décroissant des cours d'eau. [ci les causes principales sont au nombre de deux. La première est due à l’évolution des forces naturelles qui contribuent de plus en plus au dessèchement de toute cette partie de l'Afrique (2). L'homme est la seconde cause du dessè-
4. On a déjà fait observer qu'entre le Sahara et le Soudan la limite commune s'était fréquemment déplacée et que par conséquent, il était permis de supposer que la région des pluies régulières pouvait de nouveau venir empiéter sur la zone désertique. Cela n’est nullement impossible en effet. Seulement la période que nous traversons actuellement n'en est pas moins marquée par une rétrogradation du Soudan, En outre, ilest certain qu'au cours de la périoce géologique actuelle, la différence entre les progrès accomplis par le Soudan et ceux accomplis par le Sahara demeure en faveur de cette dernière région.
2. Ainsi par exemple l’harmaltan se fait de plus en plus sentir et les sables qu'il pousse devant lui, après avoir recouvert la rive gauche du Niger, commencent à apparaitre sur la rive droite.
chement progressif du Dahomey et son action est certainement plus rapide que celle de la nature.
Par des feux de brousse répétés, seul moyen usité par les indigènes pour défricher, beaucoup de végétaux vivaces périssent chaque année. Les essences ligneuses qui résistent, chétives et rabougries, atteignent de 2 à 4 mètres de hauteur, alors que dans les endroits où les indigènes ont toujours écarté l'incendie (1), la végétation prend une allure de forêt: les arbres de 40 et 50 mètres n y étant pas rares (2).
Or l'action dévastatrice de l'homme ne faisant guère que s’accentuer, en raison de besoins plus grands, il en résulte que la végétation devient de plus en plus pauvre et que les pluies sont de moins en moins abondantes.
GRÈLE
Dans le Haut-Dahomey on constate de temps en temps (une fois. par an ou tous les deux ans pour un même point) la chute de la grèle. Ce phénomène se produit au début de l'hivernage. Je n'ai pas eu l’occasion de le constater pendant mon séjour au Daho-
mey (3).
Brouillards et brumes.
Pendant l'hiver, on observe’sur les lacs, les lagunes et les grandes rivières un brouillard assez opaque. Il en est de même au-dessus des hauteurs de l'intérieur. Ce brouillard est dù à une condensation plus forte pendant la nuit de la vapeur d’eau en contact avec les points où le rayonnement nocturne est le plus intense. Îl ne s'observe du reste que le matin et disparaît lorsque le soleil est suffisamment haut sur l'horizon.