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ETABLISSEMENT DU CORDON LITTORAL

Le cordon littoral est exclusivement constitué par du sable. L'intérêt de cette formation réside dans ce que les matériaux qui la constituent, au lieu d’avoir été empruntés au rivage dahoméen, sont apportés de fort loin par la mer. Ils ont été plaqués sur une côte encore largement échancrée à une période très récente, peut-être même historique. Il est à peu près certain que les matériaux du cordon littoral viennent de l’ouest, parce que c’est vers l'est que les vagues entraînent tout ce qui se trouve à proximité

du rivage (sables, épaves) c'est d'ailleurs dans ce sens que se déplace le courant côtier, de même que la brise de mer souffle généralement du sud-ouest.

Tel que nous le voyons aujourd'hui, le cordon littoral est dû à des causes multiples: action de la mer qui apporte des sables, action des vagues qui les déplacent. Mais il n'est pas certain que l'accroissement se fasse régulièrement et de proche en proche à partir du rivage, où du moins il n’est pas certain que ce mode d'accroissement soit exclusif. Il n’est pas impossible en effet que, par suite de l'exhaussement progressif du bourrelet de la plateforme littorale, toute la zone comprise entre celui-ci et la côte soit incorporée tout d'un coup au rivage. En d’autres termes la barre deviendrait brusquement une grève.

Une telle hypothèse nécessite : 1° un exhaussement brusque de la barre (qui se produit parfois en effet) (1) ; — 2° un assèchement de la petite zone comprise entre la barre et le bourrelet littoral (ce qui ne manquerait pas de se produire à la suite de l'exhaussement de la barre) ; du vent (qu'on constate partout très nettement ; — 4° le remplissage par les sables de la dépression située en deçà de la barre, devenue grève {ce qui se produirait nécessairement).

Il faut simplement, pour que l'hypothèse formulée se réalise, que l’exhaussement de la barre soit suffisant. Et rien ne prouve que ce cas ne puisse se produire accidentellement. S'il en était ainsi, onauraitdes perturbations dans les phénomènes superficiels, mais rien ne montre qu'elles ne se soient pas déjà produites.

Ce qui donne une certaine vraisemblance à cette hypothèse, c'est que la topographie du cordon littoral, en decà de la grève, reproduit exactement une topographie identique — sauf les apports de sables par les vents — à celle des cent premiers mètres de terrain immergé.

Il est vrai qu'une telle topographie pourrait provenir également de l’action des vagues escaladant fréquemment la crête qu'elles

30° le cheminement des sables sous l’action

1. Le sommet du bourrelet de la plateforme littorale n'est actuellement recouvert que de 1 m. 86 d’eau (soit 4 mètre de moins qu’en 4899) ; il subit parfois des élévations de 50 à 70 centimètres en quelques mois seulement.

ont formé, mais cela n'a jamais lieu. On ne m'a signalé qu'un cas, très localisé d’ailleurs. Quant à l'action des vents, elle n’a pu qu'exagérer cette topographie mais non la créer, sur tout le littoral, avec la régularité qu'elle affecte.

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