LES MOYENS D’ATTACHE
Nous avons vu qu’indépendamment des connexions solides contractées avec ses enveloppes piales, la pinéale avait des attaches propres avec l’encéphale et bien mises en évidence dans les figures ayant trait à l’anatomie.
L'étude histologique des fœtus est pleine d'intérêt en ce qui concerne les pédoncules pinéaux et les figures 19, 20, 21, sont très suggestives à cet égard.
On voit en avant et en haut les freins, en bas le pédicule proprement dit, organe très important semble-t-il, que MARBURG et OBERSTEINER nomment pièce intercalaire mais qui ne garde pas cette importance chez les adultes où il est proportionnellement beaucoup plus réduit par rapport à la glande.
A l'exception de la face postérieure du pédicule, toutes les attaches de la pinéale sont recouvertes par une couche, très visible sur ces photographies, de cellules épendymaires, allongées, serrées les unes contre les autres, la face externe recouverte par une mince couche, très régulière et continue, de condensation protoplasmique très chromatique et abondamment ciliée.
Entre les deux couches épendymaires, les freins sont constitués par un tissu beaucoup moins dense que la pinéale ellemême, dans lequel on reconnaît des noyaux cellulaires d’allure névroglique. Du reste, la région habénulaire, la base de la pinéale, sont constituées par un tissu toujours plus lâche que le corps pinéal lui-même (la figure 40 montre bien la couche épendymaire de la région des attaches et la limite entre la base et le corps pinéal proprement dit). Ces régions ne peuvent pas être considérées comme formées de tissu épiphysaire vrai, mais plutôt de tissu nerveux, névroglique.
L’épendyme se continue sur la base de la pinéale, mais avec des cellules moins allongées, plus rondes, en général non ciliées.
Les calculs et les kystes, chez les animaux, sont rares dans la base et les pédoncules.
Le pédicule ou pièce intercalaire mérite une mention spéciale. Sur sa face antérieure, il est recouvert d’une couche épendymaire continue et serrée, à cellules allongées et pourvues d’une belle chevelure ciliée,
FIG. 40. — Pinéale d’un fœtus femelle de Veau de 4 mois. Glande du type globuleux, montrant la délimitation toujours très nette entre les tissus propres de la pinéale et les tissus de la base. Belle couche épendymaire à la face du récessus pinéal,
1, Corps pinéal; 2, Tissu de la base:
3, Récessus pinéal.
Sous cette cuticule se trouve une région très dense de cellules sériées, perpendiculairement à la surface, à gros noyau ovalaire rempli de granulations (fig. 41)
En arrière de cette zone, on rencontre une région très vascularisée, les vaisseaux étant placés contre la couche cellulaire dans des petites lacunes bien visibles sur la figure 19. Puis, immédiatement en arrière, des travées partant de la couche cellulaire délimitent des loges, remplies d’un tissu très lâche, dans lequel nagent de belles cellules d'aspect névroglique.
Cette couche se trouve directement en rapport, en arrière,
avec les fines membranes, très hydratées et très irriguées des méninges (fig. 41).
Sur la figure 21, on voit très bien la séparation brusque et nette de l’extrémité du pédicule qui épanouit sa région cellulaire, et du tissu nerveux proprement dit, la jonction étant faite par l’intermédiaire de ces logettes à tissu raréfié dont nous venons de parler.
F1G. 41. — Portion de pédicule ou pièce intercalaire (Mouton). 1, Couche épendymaire épaisse, à cellules sériées perpendiculairement à la surface :
2, Couche névroglique lâche; 3, Vestiges méningés vascularisés.
Entre la couche épendymaire et la couche névroglique, on trouve des lacunes dans lesquelles cireulent les vaisseaux sanguins. (Voir fig. 19).
Chez le Hérisson, le pédicule, très gros, est fortement coudé et sa séparation du tissu nerveux n’est pas nette comme dans la figure 21, au contraire il se prolonge très loin dans la masse nerveuse où il se perd insensiblement. Nous avons des coupes où la glande semble, chez cet animal, contracter des rapports étroits avec le tissu nerveux par ses deux extrémités.
La pinéale et ses pédicules semblent baigner dans un tissu muqueux très vasculaire. Les parties nuageuses qui l’entourent sur les figures 14 à 21 sont gorgées de globules rouges.
Nous avons coupé en série la glande de la figure 19, et nous publions la figure 20 qui représente le même organe pour montrer que les deux principaux moyens d'attache bien séparés sur la figure 19,se touchent, par endroits, sur une assez large surface, donnant naissance à une cavité tapissée de cellules de l’'épendyme. On trouve parfois dans la pinéale, surtout vers sa base et principalement chez les jeunes, des cavités closes, tapissées de cellules épendymaires qui n’ont pas d’autre origine. Il ne faut pas les confondre avec les cavités d'aspect glandulaire que nous figurons plus loin et dont nous avons trouvé des exemples même au voisinage du sommet.