‹ Contribution à l'étude de la glande pinéale ou épiphyseChapitre 42 sur 71 · GLANDES PINÉALES ACCESSOIRES — CARTILAGE · texte numérisé non relu

GLANDES PINÉALES ACCESSOIRES — CARTILAGE

Sur la coupe d’une glande de Chevreau femelle de quatre semaines, nous avons rencontré, vers la base, et réunie à la glande principale par des ponts de tissu de densité variable,

Fi. 42. — Sorte de petite pinéale accessoire entourée complètement d’une couche épendymaire à cellules rondes. (Chevreau).

une petite formation bien encapsulée, dont la structure permet de faire une pinéale accessoire, mais qui n’est guère, vraisemblablement, qu’une portion détachée de façon très primitive, du corps principal, ce qui est très souvent le cas des organes accessoires (fig. 42).

Rapportons maintenant le fait qu’en recherchant la pinéale d’un fœtus de veau de 5 à 6 mois, il nous arriva de prélever, pensant avoir affaire à la glande elle-même un corpuscule de la grosseur et de la forme d’un petit grain de riz, facile à confondre par conséquent avec la pinéale d’un fœtus aussi jeune.

Après coloration et montage, j’eus la surprise, sur la coupe

Fi&. 43. — Pinéale d’un fœtus de Veau femelle de 5 mois. Corps glandulaire à plages de tissu lâche. Cordons cellulaires vus en coupe transversale. Vestiges choroïdiens, et coupe transversale du petit cartilage adjacent, encore adhérent à la glande.

1, Cartilage; 2, Vestiges méningés retenant encore le cartilage à la glande; 3,

Vestiges choroïdiens.

longitudinale de ce corpuscule de le voir constitué uniquement de cartilage hyalin typique (fig. 44).

Ayant recherché ensuite plus soigneusement, intentionnellement, ce petit corps, j’ai eu la chance de le rencontrer à plusieurs reprises, et si nous jetons un coup d’œil sur la figure 43, nous voyons la photographie d’une pinéale de fœtus femelle de veau de cinq mois encore entourée d’une certaine quantité de tissu originaire des plexus choroïdes et, à son extrémité inférieure, le petit corpuscule cartilagineux parapinéal qui, du fait de l’inclusion s’est trouvé coupé transversalement. Il est encore réuni à la glande par des tractus conjonctifs méningés et choroïdiens.

FTG. 44. — Coupe transversale du cartilage adjacent à la glande, représenté figure 43.

LE TISSU CONJONCTIF

Il constitue l’enveloppe propre de la glande et pénètre à l’intérieur sous forme de travées dont on peut voir ou non les attaches avec l'enveloppe. I1 donne parfois à la glande, surtout chez le Cheval, un aspect hépatique ou ganglionnaire (fig. 45 et 46).

Ce tissu est d’une importance des plus variables, parfois très rare, parfois très abondant, ce qui peut permettre de parler d’une véritable sclérose de la pinéale déjà signalée chez l’homme par LAIGNEL-LAVASTINE.

On trouve aussi chez les animaux, et non pas seulement chez les vieux, les scléroses annulaires ou en jeu de patience de LAIGNEL-LAVASTINE et aussi une sclérose diffuse non systématisée. Nous avons rencontré chez un vieil Ane, qui du reste ne paraissait nullement en souffrir, une sclérose si avancée, que le tissu noble était réduit à de rares et très faibles îlots perdus entre de gros cordons fibreux.

one

Fi. 45. — Epiphyse de Poulain mâle de 6 mois, déjà très seléreuse. Cavités

à parois cellulaires conjonctives d’un type peu habituel. Irrigation intense.

Fic. 46. — Coupe transversale d’une pinéale de Cheval donnant l’aspect le plus commun de l'organe chez cet animal. Allure scléreuse; irrigation intense: lacunes serties de conjonctif; capsule nette. Les cavités situées à droite ou en bas sont des coupes de gros vaisseaux.

(Étalon pur sang. 4 ans).

Où le conjonctif est particulièrement abondant, c’est le long des vaisseaux autour desquels il forme parfois une gaîne épaisse et continue.

Souvent une enveloppe conjonctive délimite des lacunes plus ou moins pleines de liquide dans lequel nagent quelques cellules.

Le conjonctif épiphysaire est surtout fibreux, mais on rencontre aussi par place les noyaux plats et allongés qui le caractérisent. On le trouve de préférence au voisinage du sommet. Chez le fœtus et le très jeune animal il semble parfois faire défaut; il est toujours beaucoup plus abondant chez les équidés et chez le Porc que chez le Bœuf et le Mouton.

F1G. 47. — Curieuse lésion du sommet de l’épiphyse d’une Chèvre âgée. Glande très scléreuse dans toutes ses parties. Ici, tout le tissu a subi comme une véritable digestion qui n'aurait laissé subsister que les travées conjonctives et les vaisseaux,

Les figures 45 et 46 montrent l’aspect très conjonctif de la pinéale du Cheval. La figure 39 montre les travées conjonctives partant de la capsule et pénétrant très loin à l’intérieur de la glande du Porc.

Nous avons rencontré chez une Chèvre âgée une très curieuse lésion occupant la presque totalité du sommet de l’épiphyse. Il s'agissait d’une plage absolument dépourvue d'éléments cellulaires, et uniquement constituée par la trame conjonctive

et les vaisseaux parfois encore gorgés de globules rouges. Seul en somme le tissu fibreux avait résisté comme à üne sorte de digestion d’une partie de l’organe (fig. 47).

Nous n'avons jamais revu ce genre de lésion et nous ne connaissons rien d’analogue qui puisse nous éclairer sur sa nature.

Page 1