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LES KYSTES

Il existe, au sein de l’épiphyse, des kystes vrais qui ne sauraient être confondus avec les lacunes dont il vient d’être question.

Ils sont toujours caractérisés par leur mode de formation, leur forme régulière et arrondie, et surtout par la présence de leur paroi propre.

On en trouve de toute taille, chez tous les animaux, et à tous les âges, depuis les fœtus jusqu'aux sujets très âgés.

Fi. 58. — Pinéale d’une Génisse de 20 mois. Zones lacunaires permettant encore de distinguer des îlots cellulaires (coupes de cordons) (1, 2, 3) déjà noyés dans un lacis névroglique épais.

En bas à gauche, belle lacune du jeune âge en voie de comblement.

Chez le Bœuf notamment, nous avons rencontré des pinéales polykystiques ne présentant plus qu’une quantité infime de tissu propre, mais c’est surtout chez le Porc que ces formations sont fréquentes, nombreuses et volumineuses.

Lorsque nous prélevons des pinéales de Porcs, même jeunes (entre 6 mois et un an par exemple), nous pouvons dire que nous rencontrons des kystes au moins une fois sur trois sinon plus.

Nul besoin du microscope pour s’en rendre compte, car souvent les kystes en grandissant sont devenus superficiels, transparents, fragiles, et comme ils tiennent parfois toute la longueur de la glande, ils sont bien facilement visibles à l’œil nu. Par transparence on peut même apercevoir ceux qui sont dans la profondeur des tissus.

F1G. 59. — Pinéale de Veau femelle de deux mois. Belle cavité dans une région encore très lacunaire où nagent des ilots épithéliaux. Cette zone, très irriguée, représente un bon type secrétoire avec lacune et cavités collectrices que, plus tard, le comblement névroglique fera disparaître.

Le professeur LAIGNEL-LAVASTINE signale que la présence de kystes épiphysaires serait la règle chez les déments séniles ; on peut dire que c’est un phénomène quasi normal chez le Porc de plus de six mois.

Les kystes sont parfois si importants et si nombreux (fig. 75 et 76) qu'ils ne laissent plus subsister que très peu de tissu

noble, créant ainsi des pinéales forcément très hypofonctionnelles, sans qu'aucun trouble puisse être perçu chez les porteurs.

La calcification est rare chez le Porc, et nous pensons que ce procédé d'élimination, habituel chez les bovins, est remplacé ici par la dégénérescence kystique parfois poussée à l’extrême,

A noter que, si la calcification est commune à l’épiphyse et aux plexus choroïdes (p. 181) il en est de même des kystes puisque LOEPER en trouve dans les deux tiers des cas et BATEMAN dans 54 cas sur 77 examinés (plexus choroïdes de

F1G. 60. — Pinéale de Veau femelle de 6 semaines. Vue du tissu lacunaiïre au fort grossissement.

Tout autour, cellules très actives et abondantes. Ces plages de tissu lâche, toujours gorgées de suce, avec les épanouissements vasculaires qu’on y observe (souvent même avec nombreux globules rouges erratiques) constituent un remarquable système collecteur de secrétions.

l’homme). ZAND (1) dit qu’elle les a rencontrés dans la syphilis et l’artério-sclérose cérébrales, mais il est bien probable que, comme ceux de la pinéale, ils peuvent exister indépendamment de toute considération d’ordre pathologique.

(1) ZAnD. Les plexus choroïdes, p. 90:

Nous avons observé beaucoup de kystes superficiels, mais jamais réellement sous-cuticulaires. Ils sont toujours séparés de la cuticule par quelques rangées de cellules, même quand ils semblent limités par une paroi très mince comme dans les figures 75 et 76. Leur point de départ est donc toujours d’origine plus ou moins profonde.

Il n’est pas difficile de se représenter les divers modes possibles de formation de ces kystes, qui sont fréquents dans toutes les glandes (thyroïde, ovaire, rein, etc.) (fig. 77 et 78). Ils peuvent prendre naissance à la faveur d’inclusions épendymaires, comme nous en signalons plus loin, qui distendent leur limite cellulaire du fait de leur sécrétion (fig. 62 et 64).

F1G. 61. — Pinéale de Veau femelle de 2 mois. Coupe transversale en pleine région lacunaire. La grande lacune médiane, si communément observable est bien nette. C’est son comblement qui donñera la. plaque névroglique centrale qu'on trouve chez l’adulte. Remarquer, en coupe, des cordons cellulaires dans le tissu lâche.

Il est possible également qu’il s’agisse d’une lacune qui a organisé son pourtour en membrane cellulaire continue, membrane qui secrète du liquide comme toute membrane cellulaire et élargit sa cavité de plus en plus, refoulant les tissus VOIsins, amincissant la bande qui sépare le kyste de la cuticule, au point de devenir superficiel sur une large surface (v. fig. 75).

Ces kystes sont tapissés par une membrane continue, et bordés de cellules et de fibres névrogliques. Les figures 75 et 76 montrent que les grands kystes peuvent provenir visiblement de la fusion de plusieurs petits. Ils peuvent être coupés de travées incomplètes ou présenter à leur intérieur des groupes

K1G. 62. — Une belle inclusion épendymaire pouvant faire illusion. Il ne s’agit nullement d’une formation secrétoire propre à l’épiphyse. Même les grains qui limitent la cavité centrale ne sont que les corpuscules basilaires des cils qui eux ne sont plus visibles.

Fra. 63-64. — Mécanisme des inclusions épendymaires de la base. 1, Récessus pinéal avec son beau revêtement épendymaire.

Dans la figure 63 le récessus pinéal est nettement ouvert jusqu'au fond.

Dans la figure 64 représentant une coupe de la même pièce que la figure 63 on aperçoit, loin déjà d’un récessus moins profond une grande cavité tapissée de cellules de l’épendyme (2).

Tout autour de cette cavité et en bas on aperçoit plusieurs petites cavités de nature épendymaire, comme 3 et 4, ainsi que de nombreux amas cellulaires de même nature,

Ces formations ne doivent jamais être confondues avec les formations

folliculaires des figures 69 à 74.

Jui

F1G. 65. — KEpiphyse de Veau (deux mois). Nombreux cordons cellulaires dans du tissu lâche, déjà un peu distendus en couronne avec contour de plusieurs rangées de cellules.

En bas à droite, une lacune collectrice.

K1G. 66. — Ephiphyse de Chevreau femelle (un mois). Encore très aqueuse, d’où l’aspect craquelé de la coupe. Nombreuses lacunes à paroi cellulaire, grandes et petites. Les grandes lacunes représentent bien les cordons cellulaires ayant pris la forme en couronne par l’écartement des cellules

qui en forment désormais les limites. (Les parois sont formées de plusieurs rangées de cellules).

Fi. 67. — Pinéale d’un Chevreau de 6 semaines montrant les attaches et le récessus suprapinéal.

C’est une glande du type jeune et actif. La lacune centrale est bien visible ainsi qu'une multitude de petites lacunes collectrices, surtout à droite et en haut.

1, Récessus supra-pinéal.

FiG. 68. -— Pinéale de fœtus de Porc âgé de 2 mois 1/2. Coupe longitudinale. Remarquer les nombreux canaux qui parcourent la glande, certains la traversant de part en part et pouvant collecter les secrétions de l'organe. Les abords de ces canaux sont extrêmement irrigués. Il ne s’agit nullement de craquelures dues aux manipulations de la pièce.

cellulaires faisant figure d'îles, et même des vaisseaux sanguins (fig. 75). Il s’agit toujours de travées tissulaires, séparées du pied qui les rattache au bord, par le rasoir du microtome.

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