INTRODUCTION
Lorsque je fus appelé, il y a une quinzaine d’années, à la Direction des Abattoirs et du Service d’Inspection des viandes de la Ville de Rennes, je fus étonné de l’immense champ d’activité et des innombrables ressources que pouvait offrir au chercheur, le travail quotidien d’un abattoir de grande ville.
En même temps que je devenais le fournisseur de tous les hommes de Science et des différents laboratoires de la région, en organes, tissus, sang, parasites, lésions pathologiques, ete..…, je me trouvais incité à reprendre l’étude des glandes à secrétion interne à laquelle m'avait déjà initié mon maître d’Alfort, le Professeur Moussu, membre de l’Institut, dans le laboratoire duquel j'avais travaillé pendant deux ans.
Dès l’abord, je fus quelque peu rebuté par l’abondance vraiment effroyable de la bibliographie déjà existante sur la question.
Cependant, je ne fus pas sans m’apercevoir très vite, que toujours les mêmes glandes étaient à l'honneur : thyroïde, hypophyse, surrénales, etc., et que c'était précisément les brillants résultats qu’on pouvait en attendre, qui avaient motivé la ruée des chercheurs.
De l’épiphyse, relativement peu de choses, son caractère de glande se trouvant même souvent parfaitement contesté.
Un jour, un de mes Préposés ayant saisi une cervelle de Cheval, me l’apporta pour me permettre d’en juger le motif : la présence d’une tumeur dure, blanchâtre, de la grosseur d’une petite noix, dont la situation me fit immédiatement reconnaître la pinéale.
M’étant mis à la recherche et à l'examen systématiques de cet organe, certaines constatations me frappèrent, et, en premier lieu, son extrême variabilité à tous points de vue, pour une espèce donnée. Variabilité dans sa forme, ses dimensions, sa consistance, sa structure, l’aspect macroscopique de ses coupes, sa teneur en suc, ses taches hémorragiques, sa calcification, ses kystes, etc., et, par dessus tout, l’impossibilité de rattacher à quoi que ce soit de décelable chez l’animal, une telle instabilité.
Désireux de me documenter sur cette question, je me mis à en parcourir la bibliographie. D’après mes premières recherches, je m'attendais à peu.
En réalité, les publications sur la pinéale étaient déjà surabondantes. L’épiphyse avait, elle aussi, été mise à la question et subi les mêmes épreuves expérimentales que les autres glandes endocrines.
Cependant, à bien regarder, les résultats étaient maigres. Visiblement, la pinéale ne répondait pas avec la même générosité que ses sœurs privilégiées.
Peut-être devait-on attribuer à sa grande variabilité, les conclusions si souvent contradictoires des différents auteurs et même, parfois, leurs erreurs manifestes. C’est ainsi que, tout en lisant que la calcification débute foujours par la base, vingt fois par jour je sentais rouler sous mes doigts une pinéale avec un calcul, toujours au sommet.
Ces considérations, sans autre but que de nous faire une opinion personnelle, nous amenèrent à penser qu'il serait désirable, et peut-être possible, d'apporter certains renseignements complémentaires, et quelques précisions.
Et, déjà au départ, il ne pouvait nous rester aucune illusion sur l’ingratitude de la tâche que nous allions entreprendre.