IT. — CASTRATION DES FEMELLES
C’est une opération beaucoup moins facile et beaucoup plus meurtrière que la castration des mâles. Pour ce qui nous concerne tout au moins nous avons toujours eu un gros déchet dû probablement à un manque de rigueur dans l’aseptie.
Là encore, et c’est ce qui augmente beaucoup la difficulté, nous sommes obligés d'opérer sur des sujets très jeunes, du même âge que les mâles, 45 jours au plus. Ces jeunes animaux ont des cornes utérines fragiles, des ovaires minuscules, enfin ils manquent de résistance. |
Nous avons adopté la technique suivante :
Contention. — C’est la même que pour les mâles, sauf qu’on peut grouper les 5 clous (4 pour les membres, 1 pour la queue) au centre de la planchette. Le jeûne et le début d’anesthésie sont recommandables, mais moins nécessaires que pour les mâles. Nous anesthésions toujours, d’abord parce que nous nous attachons à provoquer chez nos sujets le moins de souffrance possible, et aussi pour éviter la projection à l’extérieur de la masse intestinale qui risque de se souiller.
Temps préparatoire. — Couper les poils sur tout le champ opératoire et désinfecter à l'alcool. Le lieu d'élection est la région la plus postérieure de l’abdomen. En coupant les poils aux ciseaux, veiller attentivement à ne pas faire de boutonnière à la peau qui est très mince. Si on est habile on pourra essayer de raser la région en tendant bien la peau sans la déchirer.
Premier temps. — Inciser longitudinalement la peau et la tunique abdominale sur un centimètre environ selon la ligne médiane, la commissure postérieure de l’incision devant arriver tout près de l’appendice urinaire de la petite femelle.
On tombe sur le péritoine qu’on incise également, mettant à nu l'intestin grèle.
Deuxième temps. — Si on écarte avec précaution les anses intestinales en les reportant à droite ou à gauche, sans trop les amener à l'extérieur si possible, on aperçoit, comme collée à la voûte sous-lombaire, la fourche représentée par le corps de l’utérus et les deux cornes, déjà longues, mais très grèles. En saisissant à la pince une des cornes et en tirant légèrement en arrière, on amène l'ovaire correspondant, en général noyé dans de la graisse.
Troisième temps. — Prenant l’ovaire entre les mors de la pince, on l’enlève de quelques coups de ciseaux, en même temps que son capuchon graisseux, les trompes, et parfois l’extrémité de la corne. On en fait autant de l’autre côté.
En général l’hémorragie est insignifiante et non dangereuse.
On peut aussi opérer par ligature ou torsion limitée comme pour le testicule, ou encore mieux par arrachement.
Quatrième temps. — Suture sur la paroi abdominale (très fragile) puis suture de la peau. Petit pansement adhésif pour éviter les souillures de la plaie. Placer les animaux dans une litière propre et fraîche.
Contrairement à ce qui se passe pour les mâles, la mortalité peut être forte.
Nous avons dû nous faire la main sur de nombreuses portées, car au début, nous perdions jusqu’à cent pour cent des opérées.
Marche des expériences. — Sur une portée de 11 petits nous donnant 6 femelles et 5 mâles, nous réussissons à obtenir 3femelles castrées et 3 mâles castrés, ce qui nous permet de garder 3 femelles et 2 mâles comme témoins. Nous avons pris une portée un peu nombreuse, mais comme elle fournit aussi les témoins, il n’y à pas d’inconvénient.
À 25 jours le poids des petits est :
5 femelles à 354 g. — 59 g. pièce.
5 mâles à 300 g. — 60 g. pièce.
À 42 jours, on pratique la castration et le poids des animaux
est :
6 femelles — 93 g.
5 mâles
Six jours après on réalise 4 lots en 4 cages : a) 3 femelles témoins ;
b) 2 mâles témoins:
c) 3 femelles castrées ;
d) 3 mâles castrés.
Nous procédons ensuite comme dans nos expériences précédentes, les opérés recevant l'équivalent de 0 g. 30 de glande pinéale fraîche de Bœuf par tête et par jour.
La marche de la croissance est donnée par le tableau ci-contre que traduit le graphique n° 8.
GRAPHIQUE N° 8 Courbe de Croissance
Influence de la castration
Témoins mâles
B ..... Témoins femelles