‹ Contribution à l'étude de la glycuronurie: dans l'insuffisance hépatiqueChapitre 11 sur 26 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Etude de la glycuronurie

Nous en arrivons maintenant à létude proprement dite de la glycuronurie sur la valeur de laquelle porte notre thèse. Nous pensons que quelques considérations d'ordre général s'imposent avant d’aborder les différentes méthodes utilisées pour la recherche, tant qualitative que quantitative, de l'acide glycurontque. EHes seront décrites dans la seconde partie de ce chapitre, mais auparavant il nous semble que nous devons passer en revue les notions communément admises sur l'acide glycuronique.

L'acide glvcuronique est un corps dérivé du glycose, qui a été découvert par Schmiedeberg et Meyer, et dont la formule chimique est :

COOH-CHOH-—-CHOH--CHOH--CHOH--COH Il présente la particularité de ne pas se former par oxydation directe du glycose. Il en diffère par la substitution d’une fonction acide COOH à la fonction alcool primaire du sucre CH2OH. D'autre part, il ne

ONE dre

se rencontre pas à l’état libre dans l'organisme, car il est toujours conjugué, c’est-à-dire uni à une autre substance ; ainsi par exemple le trouve-t-on combiné au chloralose. Sa présence constante dans le sang et dans l’urine normale est chose non contestée, mais l'urine n’en contient que des quantités assez faibles, à l'état d'acides phényl et indoxylglycuronique. Plus loin nous aurons l’occasion de revenir sur ce point et d'envisager les causes agissant dans le sens d’une augmentation du taux d'élimination de la glyvcuronurie.

L’acide glycuronique est donc une substance bien définie appartenant à la catégorie des corps non azotés, comme le sont certains acides décelés aussi dans les urines : acide oxalique, acides gras volatils, acides oxyaromatiques. Cette substance fait partie de tout un, groupe de corps conjugués, lévogyres, analysés dans l'urine, mais à leur différence l'acide glycuronique est dextrogyre; enfin il est réducteur, ainsi que le démontre la réaction sur la liqueur de Fehling.

Cet acide, s’il dérive du glycose, n’en provient cependant pas, ainsi que l’on pourrait l’imaginer, par une réaction directe. Si l’on met en présence les formules respectives des deux corps,

re COH — (CHOH)4 — CH20H -— glycose

COH — (CHOH)4 —— COOH -—— acide glycuronique on est frappé de leur grande analogie et il semblerait qu'une simple oxydation et une élimination d’eau devraient être suffisantes pour passer d’un corps à l'autre. C’est du reste ce que Pon à cru pendant long-

temps, et lorsqu'on envisageait la destruction du o1v- 5 D

ot —

cose dans l’organisme, on préférait la théorie séduisante peut-être, parce que très simple, de Poxydation directe à celle du dédoublement préalable. Celle-là admettait l'hypothèse de la formation de produits intermédiaires — tel l’acide glycuronique — précédant l’aboutissement du glycose en eau et en acide carbonique, par le mécanisme d’une action directe sur Îa molécule encore intacte, et l’on tirait partie de la présence constante de l’acide glycuronique dans le sang et l’urine pour étayer cette conception. Mais il est difficile d'admettre une succession aussi longue que complexe. De plus, une action réductrice devrait être invoquée pour parachever la réaction. Enfin, on a signalé que. puisque jusqu'à maintenant lacide glycuronique n'avait Jamais été rencontré à Pétat pur dans les divers milieux de l’organisme, mais toujours conjugué à un corps ou à un autre, cette seule constatation devait suffir à rejeter l’idée qu’il puisse être un produit d’une destruction régulière.

En définitive, on en est arrivé à l’adoption de l’autre hypothèse, d’ailleurs plus logique, de la production de l'acide glycuronique par dédoublement préalable du glycose générateur. Ce dédoublemnet présente la particularité de précéder l'oxydation, puis d’alterner avec elle. À vrai dire, on n’est pas fixé avec certitude sur la réalité de ce processus, mais il se présente à l’esprit comme beaucoup plus vraisemblable, et l’on croit donc qu’il débute par un dédoublement dont le rôle serait de rendre plus commode l’oxydation.

L’acide glycuronique étant toujours rencontré à

Page 1