‹ Contribution à l'étude de la glycuronurie: dans l'insuffisance hépatiqueChapitre 12 sur 26 · NET RES · texte numérisé non relu

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l'état conjugué, n'est-il pas naturel de supposer qu’il n’est sécrété par l'organisme qu'au fur et à mesure de ses besoins, basés eux-mêmes sur la nécessité de la défense antitoxique de cet organisme ? — En résumé, l'opinion actuelle tendrait à rattacher la production de l'acide glycuronique au moment où le chaïnon aldéhydique du glycose entre en combinaison avec des substances plus ou moins toxiques, lesquelles sont d’ailleurs des plus variées. Une fois la fonction aldéhydique du glycose bloquée, l'oxydation portera sur le chaînon alcoolique terminal CH?2OH qui fera place à la fonction acide COOH de lacide glycuronique. Ainsi ce corps sera substitué au glycose par une voie indirecte.

Une conséquence de cette transformation ainsi admise du glycose en acide glycuronique est labsence continuelle de cet acide à l’état libre dans lurine: il y est toujours décelé seulement en conjugaison, et de ces conjugués nombreux dont quelques-uns sont chimiquement définis, on l'extrait, du reste difficilement, vue sa faible stabilité.

S'il est éliminé par l'urine, si les recherches pratiquées dans le song décèlent sa présence, par contre on est moins bien fixé sur le lieu de production de l'acide glycuronique. Si les fonctions multiples” et complexes du foie font songer par le pouvoir antitoxique de l’organe, à un rôle possible qu'il pourrait avoir dans la formation de cet acide, il faut reconnaître que le foie n’a pas un monopole dans la fonction antitoxique ; la cortico-surrénale, les parathyroïdes aussi interViennent. Cependant, quant à l'acide

glycuronique et à son rôle antitoxique, c’est à cette glande qu’on attribue le rôle prépondérant.

Un point intéressant pour le clinicien est celui de l'influence du régime alimentaire sur la quantité d’acide formé; à cet égard on admet que, au moins chez l’homme indemne de toute tare, un régime où prédomine l’usage de la viande a pour résultat l’'augmentation du débit glycuronique, tandis qu’il diminue avec le régime végétarien. Il y a aussi diminution lorsque l'individu est soumis au régime de la diète lactée ou absolue. Souvent l’inanition tant soit peu prolongée rend nulle l'élimination.

Quant à l'élimination de l’acide glycuronique, au point de vue horaire, les variations sont les suivantes chez le sujet normal. Immédiatement après le repas, il n’y a pas ou que peu d’acide décelé dans lPurine. En effet, l'acide glycuronique, s’il doit toujours être constaté à un taux donné à des examens successifs et répétés pris dans leur ensemble, peut très bien manquer néanmoins lors d’une recherche isolée, effectuée à des heures telles que son absence ou sa faible abondance à ces moments peut et doit considérée comme normale.

Dans la suite, un examen pratiqué heure par heure décèle l'apparition de l'acide vers la deuxième heure le plus souvent. Le maximum est constaté en général à la troisième heure. Puis le taux persiste et va en diminuant; il arrive que 4 ou 5 heures après le repas la glycuronurie ait disparu, ou tout au moins ait diminué de façon sensible.

L’ingestion de certains corps, tel le camphre, modi-

fie quelque peu ces résultats.

On a pratiqué des recherches sur le sujet pathologique pour saisir des différences d'élimination, en particulier dans l'insuffisance hépatique, mais les résultats n’ont pas toujours été aussi probants. Nous n’insistons d’ailleurs pas sur ce point, nous réservant d'y revenir dans l'exposé que nous ferons au chapitre suivant de l’état actuel de la question et de ce qu’il em faut penser, lorsque nous discuterons la valeur réelle à attribuer à la glycuronurie.

Quelle est donc maintenant la définition de la glycuronurie ? C’est la recherche et la constatation de l'acide glycuronique dans l'urine. On s’accorde à reconpaître la présence quasi permanente de cet acide chez le sujet sain, mais comme il est admis qu'il est un produit élaboré par le foie, de son absence chez l'individu pathologique on a voulu tirer des conclusions touchant le fonctionnement et l'état d’intégrité ou de déficience de la cellule hépatique. Dans ce but, on a proposé toute une série de réactions que nous allons avoir à examiner et qui ont pour but de déceler l'acide glycuronique. Si ces réactions, conduites avec une technique rigoureuse se montraient douteuses et

surtout si elles étaient négatives, on en concluait à

une atteinte plus où moins profonde de la fonction hépatique.

Il importe, en dehors de toute autre considération,

d accorder une place à l'opinion classique attribuant à la glycuronurie une part importante dans la neu-

ralisation ou la forte diminution du pouvoir plus ou moins toxique de bien des substances. Nous y avons fait allusion quand nous parlions de la défense anti-

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toxique de l’organisme qui le provoque à fabriquer l'acide glycuronique en fonction et au fur et à mesure &e ses besoins. Ces substances toxiques sont nombreuses et, au hasard, nous citerons les composés aromatiques, le camphre, certains alcools, des alcaloïdes, le salol, le naphtol. — D'une façon générale, l’ingestion de ces corps modifie le débit glycuronique, d’où l’idée de l’étude d’une élimination « provoquée », tant chez les sujets normaux que pathologiques. L’hydrate de chloral est aussi à signaler, mais en pratique c’est au camphre que les auteurs, Caille en particulier, se sont adressés.

Tous les corps que nous venons d’énumérer, lorsqu’ils sont ingérés s'unissent, se conjuguent avec le chaînon aldéhydique du glycose et entrainent la production et l'élimination de l'acide glycuronique.

Aussi les auteurs, en présence de cette méthode de la « giycuronurie provoquée » ont-ils voulu préciser la valeur de la glycuronurie appliquée comme mode d'exploration fonctionnelle hépatique. Nous montrerons plus loin qu’à notre avis il ne faut pas accorder confiancce à la glycuronurie provoquée ; tout ax moins avec la technique actuellement préconisée peut-on déclarer le foie insuffisant si l'administration à un malade de 0,50 cg. à 1 ou 2 gr. de camphre, qui d'ordinaire provoque l’augmentation du taux de Ja glycuronurie, ne « réveille » pas chez lui la fonction antitoxique du foie se manifestant par la réapparition dans les urines de lacide glycuronique.

En moyenne, et sur l’urine normale, le taux d’excre-

tion varie de 0 gr. 030 à 0 gr. 040 d’acide par litre.

Examinons maintenant les divers procédés d’analyse utilisés classiquement jusqu'ici pour déceler la glycuronurie.

Ils ont été autrefois plus ou moins délicats et compliqués. Du reste, l'extraction de l’acide glycuronique elle-même est une opération difficile à cause, nous l'avons dit, de l'instabilité de cet acide. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que les auteurs aient souvent éprouvé des déceptions et aient modifié leurs techniques qui, du reste, se sont révélées souvent incertaines et ont abouti à la constatation de réactions négatives par suite d'erreurs non prévues. Une erreur fréquente est due en particulier à l’influence perturbatrice des corps réducteurs contenus dans lurine.

Parmi ces procédés anciens de recherche de l'acide glycuronique, nous aurons à distinguer entre ceux qui se bornent à la recherche qualitative de cet acide et ceux qui ont pour but la recherche quantitative, le dosage aussi précis qu’il est possible. Enfin nous verrons qu’un auteur, Schmidt, a fait les mêmes recherches par polarimétrie; il a été du reste le seul à le faire. — Nous insisterons surtout sur les recherches qualitatives.

On a employé deux méthodes pour caractériser l'acide glvcuronique : la méthode physique, par le spectroscope, et la méthode chimique. Cette dernière du reste l’a emporté de beaucoup sur l’autre.

Nous avons dit que l'acide glycuronique formait un élément constant de toute une série de substances conjJuguées trouvées dans l'urine. Ces substances sont

lévogyres. Aussi a-t-on pensé à recherc I rechercher, en quel-

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que sorte indirectement, la glycuronurie par la constatation du pouvoir lévogyre du liquide examiné. Mais cette méthode n’est pas pratique, par suite de la précipitation possible de la substance lévogyre par le nitrate mercurique, et aussi parce qu’il convient de s'assurer que cette substance, une fois hydrolysée par ébullition avec HCI à 1 pour 100, devient dextrogvre. On a pensé aussi, l'acide glycuronique urinaire réduisant la liqueur de Fehling et étant ‘dextrogyre, à l'identifier par ces propriétés, mais celles-ci sont com- munes à d’autres corps, par exemple au glucose, d’où la nécessité pour aboutir d’avoir recours à des techni-

ques spéciales.

Il existe les techniques de Tollens, de Salkowski, de Bial que nous donnons ci-dessous telles qu’elles sont

résumées dans la thèse de Jean.

TECHNIQUE DE TOLLENS. — Additionner le liquide, placé dans un tube à essai, de son volume de HCI de densité 1,19; puis de 30 milligrammes de phloroglucine. Placer le tube dans un bain-marie bouillant jusqu’à ce qu’il se produise un trouble. Aussitôt, refroidir le mélange en plaçant le tube sous un courant d’eau, et séparer rapidement le précipité, soit par filtration à la trompe, soit par centrifugation. Laver le précipité trois fois avec de Peau, puis le dissoudre dans de l'alcool! à 93 p. 100, et examiner cette solution au spectroscope. Si elle présente une bande d'absorption entre D et E, entre le jaune et le vert, la réaction est

positive.

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