‹ Contribution à l'étude de la glycuronurie: dans l'insuffisance hépatiqueChapitre 2 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le foie. — Sa fonction physiologique

Avant de commencer une étude clinique quelconque sur le foie, il est, croyons-nous, nécessaire de rappeler quelques données histophysiologiques élémentaires sur cette glande, la plus volumineuse de l'organisme, son poids représentant 2 à + % du poids total du corps, et cela dans toutes les espèces aNniales.

Dans ce simple détail, il faut voir un signe bien grossier sans doute, mais frappant de son importance fonctionnelle. ;

Et tout d’abord, au point de vue embryologique, lé foie dérive de la même ébauche que le. pancréas,

formant ce qu’on appelle lhépato-pancréas, glande

OR

à sécrétion externe, puis le foie se laisse pénétrer par de nombreux vaisseaux et devient glande à sécrétion interne. Il en résulte que la cellule hépatique est une cellule bipolaire, possédant sans interposition de membrane — c’est en effet une cellule une — un pôle biliaire et un pôle sanguin. Et on ne peut s'empêcher de comparer encore la cellule hépatique à la cellule pancréatique : cette dernière, si on admet l’hypothèse du balancement des îlots de Laguesse, est tour à tour exocrine et endocrine; la cellule hépatique, elle, est à la fois exocrine et endocrine.

C’est en partant de cette idée de cellule bipolaire que A. Gilbert et P. Carnot ont été amenés à distinquer, d’une part :

Le foie biliaire ou foie digestif, dont nous étudierons tout d’abord le rôle, — et d'autre part :

Le foie sanguin, en distinguant l’action de cette glande :

à): Vis-à-vis des éléments mêmes du sang (hématiés, fibrine, ferments coagulants) ;

b). Vis-à-vis des éléments étrangers amenés par lesang principalement du tube digestif, les uns assimilables (sucres, graisses et albuminoïdes), les au: tres non assimilables ou toxiques (corps étrangers. microbes et poisons), d'où le rôle dépurateur.

Le rôle du foie dans le métabolisme est extrème-. ment important; un des moyens de s’en faire une idée est de calculer les échanges respiratoires d’un chien avant et après l’exclusion du foie par la mé-

thode de Tangl; on trouve alors par différence que

UT la valeur des combustions à rapporter au foie égale 12 % de l'énergie totale mise en jeu par l’animal." Reprenant l’expression de Ch. Richet, nous dirons alors que « le foie est surtout et presque unique- « ment un organe chimique de transformation des s matériaux du sang ». Il est, pour, employer, une expression un peu vulgaire, le grand chimiste. de l'économie.

Avant de passer en revue les diverses fonctions. du

foie, nous nous hâtons de dire déjà : RATE

— Qu'il ne faut pas séparer totalement dans son esprit le foie sanguin et le foie biliaire, ne voulant en donner comme preuve que les suivantes :

La formation des pigments biliaires est liée à la! destruction des hématies; celle des sels biliaires, taurocholate et glycholate de sodium se fait aux dépens du soufre neutre qui provient de la destretion de la molécule albuminoïde.

Enfin nous verrons que la fonction uréopoïétique peut être considéré comme une fonction entitoxi-

que.

A.— Le foie glande exocrine : la fonction biliaire

Pour étudier le produit de sécrétion du foie, la bile, on réalise une fistule de Bruno, c'est-à-dire qu’on abouche le cholédoque à la paroi. On cathétérise alors pour éviter les causes d'erreur dues à la présence de la collerette de muqueuse duodénale. On obtient ainsi de la bile: c’est un liquide Wisqueux jaune, de réaction alcaline, non coagulable

par la chaleur, non albumineux, précipitant par l'alcool.

Au sujet de sa composition chimique, la bile renferme :

@) DES SUBSTANCES SPÉCIFIQUES : les acides biliaires, qui n'existent pas à l’état libre, mais à l’état de sels aléälins formés par la combinaison, à de la soude, de Facide cholalique qui, uni au glycocolle ou à la taurine, donne du glycocholate ou du taurocholate de solium. En clinique on les décèle par les réactions de Hay et de Pettenkofer, la première basée sur un phénomène physique de tension de surface, la seconde réalisée par la coloration rouge que prend la bile chauffée avec de l’acide sulfurique et du sucre;

Les pigments biliaires; en réalité, il n’y a qu’un pigment biliaire dans la bile fraîche, c’est la bilirubine, jaune, qui par oxydation donne de la biliver-

dine, et par hydratation de la bilifuschine.

Fb) DES SUBSTANCES ANNEXES : par là il faut entendre des chlorures, des phosphates de sodium. de potassium, de magnésium, et aussi du fer.

[1 faut enfin ajouter que, dans la vésicule, il ÿ a résorption d’eau et adjonction de cholestérine et d’un colloïde où pseudo-mucine.

Ces quelques données établies, il faut se demander quelle est l’origine des éléments de la bile; autrement dit, voir si la fonction biliaire appartient en propre au foie. Là déjà nous entrons dans les dis-. cussions; on peut en effet donner deux théories de, l'origine des éléments de la bile :

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a) Une théorie classique attribuant à la glande elle-même le rôle formateur de ces éléments; en effet, — in vitro, si l'on place des morceaux de foie avec du glycogène et de l’hémoglobine, on observe la formation de pigments et d’acides biliaires. — Si on extirpe le foie d'oiseaux chez qui la fistule d’'Eck est physiologique, on constate qu'il n’y a pas accumulation de pigments ni d'acides dans le sang, ce qui se produirait si leur lieu Ge production n’était pas le foie. — Enfin, il n’y a pas de sels biliaires dans les vaisseaux afférents au foie.

En apparence ces expériences ont l’air précises et inattaquables, mais en réalité on peut objecter qu’elles sont brutales et difficiles à interpréter, qu’il faut faire une part importante à l’action du shock opératoire dans lextirpation du foie, enfin il convient de dire que lextirpation du foie ne permet qu'une survie courte, insuffisante pour observer de facon précise les résultats.

Ces expériences ne rendent pas compte du mécanisme des ictères hémolytiques où lextirpation de la rate amène une amélioration.

Enfin, du point de vue technique, il est difficile de doser les sels biliaires dans le sang.

b) Une théorie récente est due à Brulé, selon laquelle les éléments de la bile arrivent préformés à la cellule hépatique qui n’a qu’un rôle excréteur; Brüûlé en donne comme preuves :

— Le fait qu’il y a une biligénie extra-hépatique. — Ce sont tout d’abord les expériences de Whipple

qui supprime la fonction du foie chez le chien par

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