SAS
le moyen d’une fistule d'Eck, à laquelle ïl son une ligature de l'artère hépatique, et fait ensuite à l'animal une injection de sang laqué; il constate encore la présence de pigments biliaires dans les urines.
D'autre part, l'injection de sang laqué dans la plevre ou le péritoine fait apparaître des pigments biliaires in situ.
Dans le même ordre d'idées, comment expliquer la présence de bilirubine dans les ecchymoses ou encore dans le liquide cépalo-rachidien après des hémorragies méningées ?
Enfin, il peut exister des ictères dissociés avec rétention isolée des sels ou des pigments, impliquant l'intervention de la cellule hépatique faisant filtre électif.
En somme, Brülé arrive aux conclusions suivantes : le foie et le rein sont analogues et il existe une cholémie physiologique analogue à l’urémie physiologique. Les éléments de la bile arrivent préformés au foie, la cellule hépatique par un acte glandulaire règle leur élimination comme les cellules rénales règlent l'élimination des chlorures et de l’urée.
À l’origine réelle des éléments de la bile est enfin l’hémoglobine pour les pigments, les albumines sulfurées pour les sels.
On voit donc que, pour étudier les variations physiologiques où pathologiques de la fonction biliaire, on est obligé de reprendre toute l’histoire de la destruction des éléments du sang, et notamment le rôle
de la rate placée en amont du foie; qu’il faut encore
D pe
connaître suffisamment le métabolisme des albuminoïdes sur lequel nous reviendrons à propos de la fonction uréopoïétique, mais dont nous pouvons déjà dire qu’il n’a qu’un échelon hépatique.
Quant à la sécrétion et à l’excrétion biliaire, nous nous bornerons à rappeler : qu’il existe un double mécanisme réflexe et humoral de la sécrétion biliai-: re, mis en évidence par Baylin et Starling ; qu’il existe deux sortes de cholagogues, les uns agissant plutôt sur l’excrétion, comme l'huile d'olive, lhuile de ricin, les autres agissant sur la sécrétion et l’excrétion, comme le benzoate de soude et la bile ellemême. Il y a d’ailleurs une véritable circulation entéro-hépatique avec résorption de certains des éléments de la bile au niveau du duodénum et passage dans la bile ainsi sécrétée des éléments résorbés (glycocolle et taurine).
Quel est maintenant le rôle de la bile ? EHe présente, outre un certain nombre de fonctions moins importantes (augmentation du péristaltisme intestinal, antisepsie), un rôle de premier plan dans la digestion, d’abord en renforçant l’action des sécrétions pancréatique et intestinale qui agissent sur les graisses, les albuminoïdes, les hydrates de carbone, mais surtout par son action directe sur les graisses ; à Ce propos, nous verrons encore combien lexploration du foie est difficile : il y a, en effet, dans le duodénum un mélange de sécrétions d'actions parallèles et il est difficile de les étudier séparément au point de vue expérimental.
Ïl va-dé soi que: la résection des canaux est indispensable pour supprimer une sécrétion, les ligatures redevenant très souvent perméables.
Dans la digestion des graisses, deux sécrétions en-, trent surtout en action : la bile et le suc pancréatique, comme le montrent l'observation très ancienne d'Aselli et l'expérience de CL Bernard dont Dastre a imaginé la contre-partie.
(Nous laissons de côté l’action des lipases gastriques et duodénales et des ferments leucocytaires d’origine splénique).
On. a tout d’abord imaginé de doser par différence les graisses absorbées en déterminant leurs quantités respectives dans les ingesta et les excreta; de la sorte on a jugé que l’absence de sécrétion pancréatique amenait la non absorption de 75 à 80 % des graisses ingérées; si on supprime la bile, 35 à 45 % seulement des graisses sont rejetées.
Mais calculer ainsi, c’est considérer comme absorbée toute graisse non retrouvée dans les fèces, or cette graisse non retrouvée peut avoir été perdue dans les dosages chimiques, ou détruite dans l'intestin sous linfluence de fermentations microbiennes par exemple. D'autre part, ce dosage dans les ingesta et excreta ne permet pas de délimiter avec précision la partie des excreta qui correspond au repas d’épreuve. Enfin il ne faut pas oublier que la terhnique du dosage est très malaisée.
On a été amené dans ces conditions à doser les "+ __sses absorbées. Hédon, sur un animal muni d’une f ‘re biliaire, fait un dosage des graisses dans le ( | thoracique; la plupart de ses expériences lui 1 “ent que dans ces conditions la digestion des
{ ses est profondément troublée. Toutefois. il
7 re
n’est pas démontré que toutes les graisses passent dans la lymphe; en outre il y a une très grande difficulté à prélever la lymphe thoracique chez lPanimal avant et apres le repas d’épreuve, d’où causes d'erreurs.
Actuellement, on préfère pratiquer la recherche des hémoconies, gouttelettes de graisses visibles à lultra-microscope d’après la méthode de Landouzy et Bernard, et surtout faire le dosage chimique des graisses du sang. L’une et l’autre méthode sont d’un usage facile et permettent de multiplier les examens: dosages à jeun et échelonnés 2, 4, 6, 8 heures après Pingestion alimentaire. Le résultat est le suivant :
Lorsqu'il y a obstruction complète des voies biliaires, on ne trouve pas de différence entre la lipémie à jeun et après le repas d’épreuve; par contre, en supprimant le suc pancréatique on ne trouble pas sensiblement le passage des graisses dans le sang, d’où la conclusion : la bile est indispensable à l’absorption des graisses. Dans les constituants de la bile ce sont les sels biliaires qui agissent et non les pigments comme on peut en juger d’après les ictères dissociés.
Telle est la méthode qui semble la plus précise pour apprécier la digestion des graisses; mais quand on cherche la teneur du sang en graisses, on ne tient pas compte de la quantité plus ou moins considérable de graisses retenues dans les ganglions mésentériques, dans les poumons, cela pour cette partie des graisses qui, au dela de la muqueuse intestinale,
empruntent la voie lymphatique; dans le foie et les
divers tissus pour cette autre partie des graisses qui gagnent les vaisseaux porte.
Comme nous le verrons à propos du foie sanguin, non seulement ganglions, poumons, foie accumulent les graisses, mais ils les détruisent, ils ont une fonction lipolytique que l’on retrouve encore dans le
sang lui-même.