‹ Contribution à l'étude de la glycuronurie: dans l'insuffisance hépatiqueChapitre 20 sur 26 · PR NUE · texte numérisé non relu

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rie provoquée, la technique de Brulé, très sensible, suffisant à tous les cas où la technique de Roger, même avec l’aide de l’épreuve du camphre, ne montrait pas trace d’acide.

La technique de Brulé est donc venue apporter une contribution de première importance au sujet que nous traitons. |

Il était d’ailleurs à prévoir que, d’une façon ou d’une autre, tôt ou tard, on arriverait à se rendre compte des diverses causes d’erreurs incluses dans les méthodes de Tollens, Grimbert et Bernier, puis de Roger.

Puisque tous les auteurs ne sont pas du même avis tant sur la valeur de la glycuronurie que sur l’importance pronostique et diagnostique à lui accorder, le moins qu’on puisse dire est qu’il est permis d’avoir des doutes sérieux sur la valeur des diverses méthodes employées.

En effet, nous avons déjà touché d’un mot les interprétations différentes faites, tant pour le diagnostic que pour le pronostic des affections, quand nous avons parlé du rôle de la glycuronurie provoquée chez le sujet pathologique. Mais les expérimentateurs eux-mêmes sont en désaccord: c’est ainsi qu’un auteur dont nous avons parlé lors de la description des méthodes de recherche de la glycuronurie, Schmidt, arrive dans ses conclusions à des appréciations tout opposées à celles des autres. Il s’est occupé de la glycuronurie provoquée, où il a remplacé le camphre par le menthol, et ses recherches ont porté sur toute une

série d’affections aussi nombreuses que variées. De

ses travaux, il déclare garder la conviction que la glycuronurie ne présente jamais de différence, même quantitative, entre les individus sains et les malades, et que, chez ces derniers, il y a toujours une élimination abondante. Même quelques heures avant la mort il a observé la présence de l'acide glycuronique dans les urines.

La technique de Brulé est une modification de celle de Roger. Brulé, en présence des résultats déconcertants que nous venons longuement de décrire, a voulu se rendre compte de ce qui se passait avec la méthode de Roger lorsque les recherches portaient sur des urines normales, c’est-à-dire qu'il a entrepris, en quelque sorte, une vérification de cette méthode sur un point où l’unanimité s’est faite : la présence constante de l’acide glycuronique chez les sujets sains. A sa grande surprise, il a constaté que parfois, on obtenait des réactions négatives. Il s’est demandé la raison d’un phénomène aussi étrange et il a démontré que, dans ces cas, si l’éther ne se séparait pas coloré en violet, teinte caractéristique d’une réaction positive, ce n'était pas par suite de l'absence d’acide glvcuronique, mais parce que la naphto-résorcine avait été détruite. Aussi bien une réaction négative cessait-elle de lêtre, et la coloration violette, tout au moins la teinte bleue violacée plus où moins foncée, faisait-elle Son apparition si l’on procédait à ce moment à une nouvelle adjonction de naphto-résorcine, suivie de quelques minutes d’ébullition. Une addition Sitfisante de naphto-résorcine provoquait toujours une belle, coloration violette. <

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Il n’est pas douteux que la présence de certaines substances n’entrave ou ne supprime le caractère positif de la réaction. Une quantité assez forte de glucose ne manque jamais de s'opposer à la formation de la teinte violette, ce qui explique la glycuronurie toujours négative chez les diabétiques; ces malades ‘: fabriquent bien de l’acide glycuronique, mais le glucose dépassant chez eux le taux « limite » influence la réaction et l’empêche de se montrer positive, selon l'opinion exposée par A. Amer dans sa thèse.

L’urotropine est le principal médicament dont l’administration fait disparaître toute trace de glycuronurie. Même chez l'individu bien portant, l’absorption d’urotropine produit ce phénomène.

Enfin, on a signalé des corps à action identique: l’indol et le scatol par exemple auraient une influence sur la naphto-résorcine; ils agiraient de telle manière qu’une destruction fréquente de celle-ci en serait la conséquence.

Mais en réalité, et à ce propos,’ il faut convenir qu’on ne sait rien de précis sur les véritables causes de destruction de la naphto-résorcine. On en a donné plusieurs explications : aucune jusqu’à maintenant n’a encore pu s'imposer à l’attention.

En tout cas, une question s’est posée : il y a-t-il relation entre la destruction de la naphto-résorcine et certaines affections déterminées ? Des expériences pratiquées comme des probabilités qui s’offraient, on n’en a pas retiré lPimpression. Il paraît infiniment probable que non.

Comme autre cause suffisante pour altérer la réac-

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tion de Tollens-Roger, A. Amer signale l'importance considérable que prend le temps de contact entre l'urine acidifiée et la naphto-résorcine : la coloration violette sera d'autant plus nette et plus fréquente que la durée d’ébullition en présence de la naphto-résorcine sera plus courte. — On a ainsi remarqué des réactions négatives avec une ébullition d’une durée prolongée de 30 à 40 minutes qui devenaient positives si seulement 15 minutes étaient consacrées à l’opération. à

En pratique, pour obtenir de bons résultats, il faut donc abréger le temps d’ébullition. C’est la modification apportée par Brulé.

La technique de Brulé est simple et d’exécution commode. Voici en quoi elle consiste. On remarquera que la première partie des manipulations est identique avec celles qui se pratiquent dans la méthode de Roger. C’est seulement à partir de l’addition de Pacide chlorhydrique dans le mélange que la différence du procédé s’affirme.

TECHNIQUE DE BRULÉ. — « Dans le tube d’un centrifugeur, verser 5 cm3 d'urine, 0 cm3 2 d’ammoniaque et 2 em d'extrait de Saturne; remplir le tube avec de l’eau contenant 1 pour 100 d'ammoniaque. Centrifuger. Décanter. Laver le précipité à l'eau ammoniacale en centrifugeant chaque fois. Le précipité ainsi lavé est délayé dans 5 cm3 d’eau distillée. Verser le mélange dans un tube à essai et y ajouter 5 cm3 d’acide chlorhydrique pur.

Après l'addition d'acide chlorhydrique, porter au bain-marie bouillant pendant douze minutes, puis ajouter un demi cm3 de solution alcoolique de naphto-résorcine à 1 pour 100 et maintenir encore trois minutes à l’ébullition ».

Le principe de la technique de Brulé consiste donc essentiellement, pour éviter la destruction soit de la naphto-résorcine, soit du complexe coloré, à ajouter, après l’addition d’acide chlorhydrique, au mélange qui vient d’être porté au bain-marie pendant douze minutes, un demi cm3 de solution de naphto-résorcine à 1 pour 100, puis à maintenir encore trois minutes à ébullition.

Ainsi, Brulé a-t-il pu, recherchant l’acide glycuronique dans l’urine, y déceler la présence constante de ce dérivé du glycose. Et de ses travaux on a conciu qu'il ne fallait pas attacher une grande importance clinique à la glycuronurie.

Des recherches nouvelles ont été poursuivies dans le service de M. le Professeur Savyv, elles ont permis de vérifier entièrement le fait.

Dans ce but, MM. Savy et Velluz ont utilisé la modification de technique proposée par Brulé.

Avant d’en arriver à l’étude des observations réunies et à leur commentaire, nous devons tout d’abord exposer de quelle façon ont été compris et pratiqués les examens.

La recherche de l’acide glycuronique a été effectuée dans Purine récemment émise. Il va sans dire que toutes les causes d'erreurs sur lesquelles nous nous

sommes déjà étendu ont été soigneusement évitées,

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