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décrirons, aurait montré une glycuronurie toujours positive chez les malades. Le diagnostic porté de cirfhose n'aurait pas eu à être modifié, mais la consta- {ation de l'insuffisance hépatique se serait imposée d'elle-même, indépendamment et en dehors des réactions.
Quant aux cas de réactions positives jugées par Roger et Chiray commé un élément favorable de pronostie confirmé par l’évolution clinique, ils sont pour nous de simples coincidences.
Ces auteurs ont poussé leurs recherches dans bien d’autres états morbides, mais ils se sont tout spécialément occupés des diabétiques, et la glycuronurie est pour eux toujours négative chez ces malades, quelle que soit la variété des aspects cliniques, même chez des sujets dont l'alimentation est riche en viande. Du reste ils sont d'avis que, dans les cirrhoses, c'est à l'insuffisance du foie, et non au régime auquel sont soumis les malades, qu'est due la disparition de la glycuronurie.
Roger et Chiray tirent cette conclusion que le diabétique ne peut faire servir le sucre à sa défense antitoxique.
“Enfin selon eux, l'épreuve du camphre est très utile pour provoquer une réaction positive si le foie est encore capable de « réagir ».
Nous pensons que chez le sujet normal la glvcuronurie étant augmentée par l’ingestion de ‘amphre, il est naturel qu’appliquée aux cas pathologiques la réaction de Roger, tout imparfaite qu'elle soit, donne
un résultat positif si la quantité d’acide glycuronique
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est plus forte. Si cette quantité est moindre, les probabilités joueront en faveur d’une réaction négative. Le foie sécrète toujours de l’acide glycuronique, plus ou moins, mais jamais le débit glycuronique ne fléchit au point de devenir nul ou de disparaitre. C’est là l’idée-fondement des exposés que nous serons amenés à soutenir dans le cours de ce chapitre. Seules done importent, pour juger de la valeur d’une réaction,‘la précision et la sensibilité de la technique employée.
Des recherches ont porté sur d’autres points de la pathologie. Roger et Chiray ont fait des travaux sur lictère par rétention. Selon eux, la glycuronurie y est plus marquée qu’à lPétat normal, qu'il s'agisse d’une obstruction par un calcul ou d’une compression par un cancer de la tête du pancréas, maïs la glycuronurie disparaît vers la fin de la vie.
Pour Chiray et Texier, dans l’ictère catarrhal la glycuronurie est au début normale ou supérieure à la normale, puis elle diminue et peut même disparaître pour réapparaitre avec lenteur à la période post-ietérique.
On a aussi envisagé toute une série d’affections ; c’est ainsi qu'on à étudié la glycuronurie dans la pneumonie; dans l’asystolie qui, réagissant sur le foie, retentirait de telle façon sur lui que la diminution ou la disparition de l'acide glycuronique en serait une conséquence. On s’est occupé du rôle de la grossesse, de lathrepsie. — Enfin, des auteurs déclarent l'acide glycuronique faire défaut dans la plupart des néoplasmes, tandis que d’autres n’ont pas trouvé chez
leurs malades de résultats comparables. — On a ctu-
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dié la glycuronurie chez les tuberculeux et on a voulu lui donner une valeur pronostique.
Pour certains, la recherche de l’acide glycuronique est surtout indiquée chez les sujets éliminant du su- -cre par l'urine ; chez eux, elle permettrait de reconnaître si l’on se trouve en présence de diabétiques ou de glycosuriques.
D'une façon générale, il conviendrait de se méfier des cas où la glycuronurie diminue rapidement, le pronostic serait alors grave.
En somme, c’est à toute la pathologie la plus fréquente que la série des expérimentateurs nommés plus haut s’est intéressée et a appliqué les idées que nous venons succintement de résumer, et jusqu’à un temps récent, il convient de le dire, les opinons à ce sujet n'avaient pas varié, on était très affirmatif : l'absence de l'acide glycuronique dans l'urine a été considérée comme un indice certain d'insuffisance hépatique. De réactions négatives on tirait partie pour formuler des diagnostics et des pronostics. On a même prétendu que la méthode était si particulièrement sensible qu’elle dépistait, par exemple dans certains cas d’ictères infectieux, des insuffisances hépatiques « limitées », ne permettant pas alors de conclure à une insuffisance totale.
Dans cet ordre d'idées on s’appuyait sur des résultats.obtenus avec des techniques défectueuses faussant parfois du tout au tout les interprétations. Si, au cours des affecions du foie, on a envisagé ce qu’on est convenu d'appeler la « glycuronurie spontanée », on
est allé plus loin et on a voulu donner plus de préci-
sion et d'autorité à l'épreuve en étudiant et en déterminant la « glycuronurie provoquée » proposée par Stejskal et Grünwald, Roger, Chiray et Caille.
Les substances susceptibles d’être employées en vue de cette expérience ont été mentionnées dans le précédent chapitre. En pratique, une seule a été utilisée sur une grande échelle et c’est le camphre qui a été choisi par ceux qui se sont occupés de la question, Caille en particulier. |
Les auteurs ont été conduits à conseiller, pour les sujets paraissant avoir une glycuronurie anormale ou douteuse, l’ingestion sous des formes pharmaceutiques diverses, d’une dose variable (de 0,50 cg. à 2 gr.) de camphre, afin de provoquer ainsi chez eux la formation et l'élimination d’acide glycuronique. Par cette méthode on supprimerait une cause d’erreur possible, due par exemple à un jeûne prolongé ou à linanition, à un régime trop pauvre. Si par lépreuve du campbhre, a-t-on dit, on ne décèle pas la présence d’acide dans les urines, c’est que sa prodnction est devenue impossible au foie dont la fonction antitoxique n’est plus capable d’intervenir.
Tandis que chez l'individu normal le débit glycuronique est en général assez régulièrement augmenté par l’épreuve du camphre, il faut reconnaître que chez le sujet pathologique on n’a pas eu des résultats aussi nets; souvent d’ailleurs il y a contradiction, ce qui ne saurait nous surprendre, nous avons déjà dit pourquoi.
C’est ainsi qu’on a observé chez des dysentériques,
chez des malades à la période de décharge biliaire,
donc en pleine réaction hépatique, une élimination constante et régulière d’acide glycuronique; tandis qu’au ébniraire dans des cas d’ictère grave, de gangrène gazeuse avec subictère, de dysenterie bacillaire à syndrome cholériforme, etc, A. Amer, dans sa thèse, signale qu'on n’a pas noté, même longtemps après l'ingestion du camphre, la présence d'acide. Enfin, dans d’autres cas de réaction hépatique, les malades avaient une élimination plus forte que celle des sujets normaux |
De cet ensemble de faits, on n’en a pas moins COnclu qu’une réaction du camphre négative équivalait à une insuffisance du foie.
On se rendra compte qu'avec une pareille disparité il est bien difficile d'envisager et surtout d'interpréter les causes agissant dans le sens d’une augmentation, d’une diminution ou d’une disparition de la glveuronurie chez l'individu pathologique. Comme on le verra, ces apparentes contradictions ne sauraient relever que d’une erreur trop souvent commise, due à l'emploi de techniques imparfaites. |
Par la modification apportée récemment à la technique de Roger, on évite toutes causes d'erreurs. Cette modification a été utilisée dans le service de M. le Professeur Savy pour étudier à nouveau la valeur clinique réelle de la glyeuronurie. Nous allons nous étendre sur ce point dans les prochains paragraphes.
Par l'emploi de la technique de Brulé, avec ou sans camphre, jamais l’acide glycuronique ne manque d’être décelé dans les urines. IL ne saurait donc être
question aujourd’hui d’avoir recours à la glvcuronu-